
La traduction n’est pas seulement un instrument de communication entre langues, mais un véritable vecteur de circulation des idées, des imaginaires et des styles littéraires à travers l’Europe

À l’occasion de la Journée mondiale des écrivains en prison, célébrée le 15 novembre, le P.E.N. Club français – Cercle littéraire international a décerné son Grand Prix à Boualem Sansal, pour l’ensemble de son œuvre et son engagement sans concessions en faveur de la liberté. C’est sa fille Sebaha Sansal qui a reçu au nom de son père le prix des mains d’Arnaud Benedetti, professeur à Paris-Sorbonne de Carole Mesrobian, présidente de ce collectif centenaire qui a fait de la défense de la liberté d’expression son engagement.

Car les représentations que se font les Occidentaux sur l’Europe centrale ne correspondant pas nécessairement à celle vécues par ses écrivaines durant leur jeunesse. « Sans nier la part sombre racontés par les dissidents des années 50, 60 et 70, il y aussi une autre histoire à raconter : « celle de l’égalité salariale et d’accès à l’emploi, celle de l’accès à l’avortement plusieurs décennies avant beaucoup de pays de l’Ouest, celle des mythologies communistes construites sur des figures de occidentaux combattantes, scientifiques, sportives, etc

. Le cinéaste aurait pu se contenter de mettre en scène leurs revendications et la lutte pour leurs droits mais il va beaucoup plus loin en choisissant délibérément la forme tragique pour l’illustrer. Les enjeux sont posés d’emblée et aucun recul n’est possible. Les personnes deviennent alors des symboles qui jouent leur peau au sens propre et figuré.