Le 31 octobre dernier disparaissait un éminent observateur des médias: Armand Mattelart. Voici l’entretien que nous avions réalisé avec lui naguère
Hier encore, la dystopie participait de la littérature d’anticipation, voire du conte philosophique. Aujourd’hui, les romans, les films et les séries qui se réclament de cette catégorie se rapprochent plus que jamais du réalisme fantastique sinon du réalisme tout court tant la réalité décrite dans leurs pages ou sur leurs écrans est le miroir de notre actualité la plus brûlante. Dans ZZZAC Frédéric Castaing pousse le rapprochement un cran plus loin en faisant d’Ystopie, un centre de numérisation qui « numérise à tour de bras » ce qui reste encore du patrimoine mondial de l’humanité.

La liberté d’expression se doit d’être contrebalancée par la liberté de réception, comme nous y invite d’ailleurs l’article quatre de la Déclaration des droits de l’homme. La liberté de réception ne se résume pas seulement dans cela dont doivent faire preuve les institutions académiques ou journalistiques ou encore les instances de la chaîne du livre, mais bien de la capacité du lecteur et de l’auteur à pouvoir discerner en bonne intelligence la valeur de ce qu’il est en train de lire et la valeur de ce qu’il est en train d’écrire. Ne laissons pas au seul marché et aux réseaux, la responsabilité d’en définir la valeur.

À l’occasion de la Journée mondiale des écrivains en prison, célébrée le 15 novembre, le P.E.N. Club français – Cercle littéraire international a décerné son Grand Prix à Boualem Sansal, pour l’ensemble de son œuvre et son engagement sans concessions en faveur de la liberté. C’est sa fille Sebaha Sansal qui a reçu au nom de son père le prix des mains d’Arnaud Benedetti, professeur à Paris-Sorbonne de Carole Mesrobian, présidente de ce collectif centenaire qui a fait de la défense de la liberté d’expression son engagement.