TRUMP/MELONI : LE COUP DE PIED DU BERGER A LA BERGÈRE

 

La rupture de la « romance » entre Giorgia Meloni et Donald Trump a fait pousser la semaine dernière des cris d’orfraie au Landerneau politique de la Péninsule.Comment ce ruffian ose-t-il déclarer avoir été supplié par Giorgia afin d’être dans la photo avec lui ? N’a-t-il pas un atome de galanterie, sans parler de sens politique, pour éconduire aussi vulgairement une précieuse alliée ? Vraie ou fausse, cet épisode burlesque illustre les ambiguïtés de l’extrême droite à tisser des alliances internationales lorsque ce sont des femmes à assumer le pouvoir. On s’entend mieux entre hommes non ? ! Quitte à s’insulter joyeusement puis à se rabibocher à coup de tapes viriles dans le dos. Le véritable pouvoir, on le sait, reste l’apanage du mâle alpha, caste à la limité de l’homosexualité qui, elle, est aussitôt refoulée.
Le plus étonnant dans cette rebuffade diplomatique, c’est la surprise feinte ou réelle de l’intéressée. Voilà que Giorgia Meloni se drape dans le rôle de la femme bafouée attirant au passage les sympathies de son pays vent de bout contre le malotru. Pourtant la Première ministre n’est pas une oie blanche. N’avait-il pas déjà eu « le même à la maison » – un certain Berlusconi- dont elle fut d’ailleurs sa ministre ?

Ce mélodrame ou plutôt cette pantalonnade qu’est devenue la politique internationale en dit long sur la réalité archétypale des rapports de pouvoir surtout lorsqu’elle concerne les genres. C’est leur obscénité qui se voit montrée désormais au grand jour. Et la place qui est assignée à la femme, ce faisant : celle d’être baisée au sens propre et figuré. C’est cette prérogative que l’inconscient débordant du président américain a voulu rappeler à l’impétrante qui prétend jouer d’égal à égal sur les mêmes plates-bandes que lui. Car en matière de pouvoir extrême, c’est lui qui en a, pas elle ! Dans, Le sexe et l’effroi, Pascal Quignard dévoile le mécanisme inconscient de l’insulte, chez les Latins : «  les mots obscènes sont les mots amoureux parce qu’ils sont hostiles à toutes à la détumescence du langage . Gêne et abjections sont leurs limbes. Grossier, lourd, empli de honte – de même que le sexe masculin n’est amoureux que difforme, pesant, empli de vie et de honte- tel doit être le seul mot capable d’atteindre le centre d’une passion ». Et de rappeler l’exhortation fulminante de Fulvie à Auguste : « Ou tu me baises ou c’est la guerre ! ». C’est pour avoir apparemment réclamé « faire partie de la photo » sans se plier au droit de cuissage que son sexe oblige que Giorgia Meloni s’est faite platement rabrouer. La Première ministre se heurte à ses dépens au plafond de verre derrière lequel s’administre tout pouvoir extrême. À bon entendeur, salut !

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