{"id":4898,"date":"2024-10-30T16:33:15","date_gmt":"2024-10-30T14:33:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=4898"},"modified":"2024-10-30T16:33:15","modified_gmt":"2024-10-30T14:33:15","slug":"festival-de-cinema-de-san-sebastien-le-cinema-a-lepreuve-de-son-acculturation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/festival-de-cinema-de-san-sebastien-le-cinema-a-lepreuve-de-son-acculturation\/","title":{"rendered":"Festival  de cin\u00e9ma de  San S\u00e9bastien\u00a0:   Le cin\u00e9ma \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de son acculturation"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4901\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"399\" srcset=\"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre.jpg 800w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre-768x383.jpg 768w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre-361x180.jpg 361w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre-260x130.jpg 260w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Sans-titre-160x80.jpg 160w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>Comme chacun le sait, l\u2019air du temps se refl\u00e8te souvent sur grand \u00e9cran, et le cin\u00e9ma renvoie les humeurs, les modes et les obsessions de l\u2019\u00e9poque. Je voudrais partager ici quelques observations sur les plus r\u00e9cents films de trois grands noms du cin\u00e9ma contemporain pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la 72e\u00a0\u00e9dition du festival de Saint-S\u00e9bastien. Il s\u2019agit de <i>La habitacion al lado<\/i> ou <i>la chambre \u00e0 c\u00f4t\u00e9<\/i> de Pedro Almodovar, du <i> <\/i><i>D<\/i><i>ernier souffle<\/i> de Costa Gavras, et de <i>Megalopolis <\/i>de Francis Ford Coppola.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Globalisation ; acculturation<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u2019un point de vue cin\u00e9matographique, ce sont des films dignes des trois c\u00e9l\u00e8bres r\u00e9alisateurs. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019espagnol et le grec traitent de la mort, et cherchent une fin digne \u00e0 la vie. Costa Gavras raconte l\u2019histoire d\u2019un \u00e9crivain qui, sous la direction d\u2019un m\u00e9decin, explore le monde des soins palliatifs et se confronte \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u2009mort digne\u2009\u00bb. Almodovar explore plut\u00f4t la mani\u00e8re dont on peut s\u2019approcher d\u2019une personne mourante avec affection et solidarit\u00e9. Coppola s\u2019est plut\u00f4t appropri\u00e9 la conspiration de Catilina et l\u2019a adapt\u00e9e au New York d\u2019aujourd\u2019hui.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je ne parlerai pas des films en eux-m\u00eames mais plut\u00f4t ce qui me semble \u00eatre un ph\u00e9nom\u00e8ne typique de la mondialisation ou de la \u00ab\u2009globalisation\u2009\u00bb de notre \u00e9poque. La mondialisation en fait dans l\u2019int\u00e9gration toute puissante du monde produit parfois une acculturation \u00e0 la culture dominante, sans que celle-ci s\u2019en pr\u00e9occupe davantage.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il me semble que dans le cas des derniers films d\u2019Almodovar et de Costa Gavras et de Francis Ford Coppola on assiste \u00e0 deux types d\u2019assimilation. D\u2019une part l\u2019\u00ab\u2009anglobalisation\u2009\u00bb d\u2019Almodovar, et la francisation d\u00e9finitive de Costa Gavras et de l\u2019autre la \u00ab\u2009new-yorkisation\u2009\u00bb plus encore que l\u2019am\u00e9ricanisation d\u2019une histoire romaine, r\u00e9alis\u00e9e par Coppola.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">En fait <i>La habitacion de al lado<\/i> est le premier film tourn\u00e9 en anglais de Pedro Almodovar, avec des actrices fort connues comme Julianne Moore et Tilda Swinton.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le dommage est que dans ce film en anglais, la touche culturelle, pourrait-on dire, du r\u00e9alisateur espagnol dispara\u00eet et le film aurait pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par n\u2019importe quel r\u00e9alisateur de l\u2019anglosph\u00e8re. En d\u2019autres mots, le r\u00e9alisateur entre dans \u00ab\u2009l\u2019anglobalisation\u2009\u00bb mais, au m\u00eame moment, la caract\u00e9ristique d\u2019Almodovar marqu\u00e9e par ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9 la culture espagnole (non anglo-saxonne) de derni\u00e8res d\u00e9cennies se perd.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement bien lorsqu\u2019un r\u00e9alisateur, un \u00e9crivain ou un artiste s\u2019immerge dans une culture diff\u00e9rente. Souvent, un regard avec une distance culturelle diff\u00e9rente nous permet de capturer la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9crite. Je pense par exemple au d\u00e9sormais \u00ab\u2009vieux\u2009\u00bb film <i>Alamo Bay,<\/i> dans lequel le fran\u00e7ais Louis Malle parvient comme peu d\u2019autres \u00e0 capter et comprendre la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019immigration asiatique au c\u0153ur du Texas et le contexte social de l\u2019Am\u00e9rique profonde. A mon avis, c\u2019est l\u2019une des meilleures repr\u00e9sentations de l\u2019Am\u00e9rique profonde, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que Malle avait cette distance culturelle, par rapport \u00e0 l\u2019histoire qu\u2019il racontait dans <em>Alamo Bay<\/em>.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">De m\u00eame pour Costa Gavras qui a r\u00e9alis\u00e9 un film si typiquement fran\u00e7ais que la perception du ma\u00eetre grec s\u2019est perdue. Ici aussi, nous sommes \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 avec le film <i>\u00ab\u2009Betrayed\u2009\u00bb<\/i> (traduit en fran\u00e7ais par La main droite du diable), Costa Gavras dressait un portrait splendide et terrible des milices arm\u00e9es am\u00e9ricaines et il y parvenait pr\u00e9cis\u00e9ment gr\u00e2ce au regard culturellement distant, d\u2019un non-Am\u00e9ricain.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le <i>M<\/i><i>\u00e9<\/i><i>galopolis<\/i> de Coppola c\u2019est le revers de la m\u00eame m\u00e9daille\u00a0: il transforme en histoire new-yorkaise une ancienne histoire romaine. Cic\u00e9ron, Crassus, Catilina r\u00e9invent\u00e9s en des personnalit\u00e9s de la vie politique et \u00e9conomique new-yorkaise sont \u00e0 la limite du ridicule. Alors que,<i> le C\u0153ur de t\u00e9n\u00e8bre<\/i>s de Joseph Conrad transpos\u00e9 dans la jungle du Cambodge en <i>Apocalypse Now<\/i>, \u00e9tait un grand film, M\u00e9galopolis est excessif \u00e0 la limite de la caricature. Le maestro italo-am\u00e9ricain est convaincu que les \u00c9tats-Unis finiront comme l\u2019ancienne Rome, je crois qu\u2019il se trompe, mais il pourrait avoir raison.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, Helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Enfin, soulignons le prix pour l\u2019ensemble de sa carri\u00e8re que le festival a d\u00e9cern\u00e9 cette ann\u00e9e \u00e0 Cate Blanchett. En la remerciant pour le prix, l\u2019actrice australienne a prononc\u00e9 quelques mots qui, \u00e0 mon avis, m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre soulign\u00e9s. Blanchett a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab\u2009quand une culture qui n\u2019est pas la v\u00f4tre appr\u00e9cie votre travail, cela prend une profonde signification et j\u2019en suis extr\u00eamement reconnaissant\u2009\u00bb. Ce qui veut dire que Blanchett est parfaitement consciente de la diff\u00e9rence culturelle entre elle, l\u2019Anglo-Australienne et la direction espagnole du festival qui lui a d\u00e9cern\u00e9 le prix m\u00e9rit\u00e9. Aujourd\u2019hui, alors qu\u2019on parle tant de \u00ab\u2009culture occidentale\u2009\u00bb, au singulier, comme si elle n\u2019en formait qu\u2019une et en contraste subliminal non seulement avec \u00ab\u2009l\u2019Orient\u2009\u00bb, mais maintenant aussi avec le \u00ab\u2009Sud global\u2009\u00bb (comme s\u2019ils \u00e9taient eux aussi deux blocs uniques sans nuances), je ne suis pas du tout convaincu que ceux qui ne sont pas de culture \u00ab\u2009Anglo\u2009\u00bb soient d\u00e9sormais conscients de leur propre diff\u00e9rence. Il me semble au contraire que l\u2019identification \u00e0 la culture pr\u00e9dominante du monde dit \u00ab\u2009anglo-saxon\u2009\u00bb est totale. J\u2019esp\u00e8re me tromper.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mondialisation en fait dans l\u2019int\u00e9gration toute puissante du monde produit parfois une acculturation \u00e0 la culture dominante, sans que celle-ci s\u2019en pr\u00e9occupe davantage.<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/festival-de-cinema-de-san-sebastien-le-cinema-a-lepreuve-de-son-acculturation\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38,36],"tags":[129,80],"class_list":["post-4898","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema-critique","category-critiques","tag-60-e-festival-de-saint-sebastien-oliver-stone","tag-diversite-culturelle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4898"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}