{"id":1464,"date":"2014-05-19T10:57:02","date_gmt":"2014-05-19T08:57:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=1464"},"modified":"2014-05-19T10:57:02","modified_gmt":"2014-05-19T08:57:02","slug":"dopes-pour-travailler-plus-les-travailleurs-esclaves-de-litalie-centrale-par-angelo-mastrandrea","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/dopes-pour-travailler-plus-les-travailleurs-esclaves-de-litalie-centrale-par-angelo-mastrandrea\/","title":{"rendered":"Dop\u00e9s pour travailler plus : les travailleurs-esclaves de l&rsquo;Italie Centrale, par Angelo Mastrandrea"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #222222;\">Article paru sur\u00a0<\/span><a style=\"color: #677284;\" href=\"http:\/\/ilmanifesto.it\/dopati-per-lavorare-di-piu\/\" target=\"_blank\"><em>Il Manifesto<\/em><\/a><span style=\"color: #222222;\">, le 15 mai 2014. Traduit par Olivier Favier et publi\u00e9 sur le site\u00a0<a href=\"http:\/\/dormirajamais.org\/dope\/\" target=\"_blank\"><em>On ne dormira jamais.<\/em><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cet article, publi\u00e9 le 15 mai 2014 sur <a href=\"http:\/\/ilmanifesto.it\/dopati-per-lavorare-di-piu\/\" target=\"_blank\"><em>Il Manifesto<\/em><\/a>, a imm\u00e9diatement provoqu\u00e9 quatre questions parlementaires, trois \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s et une au S\u00e9nat, de la part du Parti d\u00e9mocrate et de SEL -Gauche, \u00c9cologie et Libert\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La situation d\u00e9crite n\u2019est pas celle <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/proche-orient\/article\/2014\/02\/17\/plus-de-400-travailleurs-nepalais-morts-dans-les-chantiers-du-qatar_4367670_3218.html\" target=\"_blank\">des chantiers du Qatar<\/a> pour la coupe du monde de football de 2022. Nous sommes au c\u0153ur de l\u2019Union europ\u00e9enne, dans les anciens Marais pontins, \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres au sud de Rome. L\u00e0-bas, des amph\u00e9tamines et de l\u2019opium sont vendus aux travailleurs-esclaves sikhs pour leur faire supporter fatigue et douleurs. Ce reportage fait suite \u00e0 un dossier accablant paru dans<em><a href=\"http:\/\/www.inmigrazione.it\/it\/dossier\/2014---doparsi-per-lavorare-come-schiavi\" target=\"_blank\"> In migrazione<\/a>.<\/em><\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_1465\" style=\"width: 543px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1465\" class=\"wp-image-1465 size-full\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355.jpg\" alt=\"andrea-sabbadini-sikh--533x355\" width=\"533\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355.jpg 533w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355-260x173.jpg 260w, https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/andrea-sabbadini-sikh-533x355-160x106.jpg 160w\" sizes=\"(max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1465\" class=\"wp-caption-text\">Indiens sikhs au travail dans les champs des Marais pontins \u00a9 Andrea Sabbadini<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pilule qui aide \u00e0 supporter la fatigue co\u00fbte \u00e0 peine dix euros, au march\u00e9 noir de l\u2019esclavagisme pontin. Singh a deux possibilit\u00e9s: faire fondre directement le contenu dans la bouche ou le m\u00e9langer au chai, le th\u00e9 des sikhs. Il choisit la seconde solution parce que \u00absi je la mange \u00e7a fait plus mal, \u00e0 l\u2019estomac et \u00e0 la gorge\u00bb. Ainsi, de bon matin, \u00abla substance\u00bb, comme l\u2019appellent les Indiens de Bellafarnia, efface la fatigue et les douleurs de la veille et pr\u00e9pare la lutte quotidienne de celui qui va commencer \u00ab dop\u00e9 comme un cheval \u00bb, me dit Marco Omizzolo, un jeune sociologue auteur d\u2019un dossier avec l\u2019association <a href=\"http:\/\/www.inmigrazione.it\/\" target=\"_blank\"><em>In migrazione<\/em><\/a>, qui est un <em>J\u2019accuse<\/em> \u00e0 l\u2019encontre des petits patrons et des caporaux(1) du sud du Latium.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Singh n\u2019est pas un pr\u00e9nom: les sikhs religieux portent tous ce m\u00eame nom de famille, qui veut dire \u00ablion\u00bb, tandis que les femmes se font appeler Kaur, \u00abprincesse\u00bb. Quoi qu\u2019il en soit, les nombreux Singh des Marais Pontins travaillent presque tous dans les campagnes des environs, pour les cultures mara\u00eech\u00e8res intensives, sous le soleil ou dans des serres br\u00fblantes qui se transforment en chambres \u00e0 gaz quand on les oblige \u00e0 r\u00e9pandre des agents chimiques sans aucune protection. Soumis aux vexations et aux abus de pouvoir, exploit\u00e9s au-del\u00e0 du vraisemblable, contraints \u00e0 appeler \u00abpatron\u00bb leurs employeurs, sous pay\u00e9s, ils courent le risque de se faire voler leur salaire mis\u00e9rable quand ils rentrent chez eux \u00e0 bicyclette. Comment faire face \u00e0 tout cela? B. Singh raconte dans un italien laborieux: \u00abJe travaille de 12 \u00e0 15 heures par jour \u00e0 la r\u00e9colte des courgettes et des past\u00e8ques ou avec le tracteur pour planter d\u2019autres fruits et l\u00e9gumes. Tous les jours, samedi et dimanche compris. Je ne crois pas que ce soit juste: trop de fatigue et peu d\u2019argent. Pourquoi les Italiens ne travaillent pas de la m\u00eame mani\u00e8re? Au bout de quelques temps j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 avoir mal au dos, aux mains, au cou, aux yeux aussi \u00e0 cause de la terre, de la sueur, des substances chimiques. Je tousse toujours. Le patron est gentil mais il paie peu et il veut que tu travailles tout le temps, m\u00eame le dimanche. Apr\u00e8s six ou sept ans \u00e0 vivre comme \u00e7a, je n\u2019en peux plus. C\u2019est pourquoi je prends une petite substance pour ne pas ressentir la douleur, une ou deux fois pendant les pauses au travail. Je la prends pour ne pas ressentir la fatigue, sinon je ne pourrais pas travailler autant \u00e0 la campagne. Tu comprends? Je travaille trop, trop de douleurs aux mains.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voici, la nouvelle fronti\u00e8re de l\u2019exploitation du travail des migrants: les esclaves des campagnes sont dop\u00e9s pour produire davantage et ne plus ressentir la fatigue. Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, les forces de l\u2019ordre ont confisqu\u00e9 entre Latina, Sabaudia et Terracina une dizaine de kilos de stup\u00e9fiants: des \u00abm\u00e9thamph\u00e9tamines\u00bb, contenues dans des petites pilules sp\u00e9ciales deal\u00e9es surtout par les caporaux. Mais aussi des bulbes s\u00e9ch\u00e9s de pavot \u00e0 opium.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les communaut\u00e9s sikhs de Bellafarnia et de Borgo Hermada on ne parle pas beaucoup de tout cela. Les sikhs, surtout s\u2019ils sont en situation irr\u00e9guli\u00e8re, d\u00e9noncent rarement les injustices dont ils sont les victimes. S\u2019ils se font d\u00e9trousser, ils font contre mauvaise fortune bon c\u0153ur. La m\u00eame chose se produit quand le patron ne leur donne pas leur d\u00fb ou tarde dans les paiements. Les drogues sont interdites par leur religion, et celui qui en fait usage est peu enclin \u00e0 en parler, quand il se d\u00e9cide \u00e0 le faire il ne parvient pas \u00e0 r\u00e9primer un sentiment de faute: \u00abNous sommes exploit\u00e9s et nous ne pouvons pas dire au patron maintenant \u00e7a suffit, parce qu\u2019il nous renvoie. Alors certains d\u2019entre nous paient pour avoir une substance qui enl\u00e8ve la douleur aux bras, aux jambes et au dos. Le patron dit travaille encore, travaille, travaille, allez, allez, mais apr\u00e8s 14 heures pass\u00e9es dans les champs comment peut-on travailler encore? Pour la r\u00e9colte des courgettes nous travaillons courb\u00e9s toute la journ\u00e9e. La substance nous aide \u00e0 vivre et \u00e0 travailler mieux. Mais tout le monde ne le fait pas: seuls quelques Indiens l\u2019utilisent. Mais cela leur sert \u00e0 tenir jusqu\u2019\u00e0 la fin du mois pour amener \u00e0 la maison l\u2019argent pour leur famille\u00bb dit K. Singh. Le probl\u00e8me des drogues est en train de prendre une v\u00e9ritable dimension sociale, dans une communaut\u00e9 soud\u00e9e, organis\u00e9e, \u00abtravailleuse et silencieuse\u00bb, comme la d\u00e9finit Omizzolo, qui m\u2019emm\u00e8ne faire un tour dans les champs et les villages de ce petit bout d\u2019Inde en Italie. Pour le d\u00e9finir, il a forg\u00e9 un n\u00e9ologisme: \u00abPunjitalia\u00bb [Pendjabitalie].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9si\u00addence Bellafarnia mare en est la capitale. \u00c0 quelques m\u00e8tres des dunes de Sabaudia, loin de la vue des villas des VIP, vit une part de la plus nombreuse communaut\u00e9 sikh apr\u00e8s celle de Novellara, en \u00c9milie : 12 mille habitants officiellement recens\u00e9s entre ce village de r\u00e9sidences secondaires sous-lou\u00e9es aux immigr\u00e9s et les logements low cost ann\u00e9es 80 qui tombent d\u00e9j\u00e0 en ruines et accompagnent le rationalisme fasciste de Borgo Hermada, une poign\u00e9e d\u2019habitations dans les campagnes de Terracina. En r\u00e9alit\u00e9, en comptant les personnes en situation irr\u00e9guli\u00e8re, le nombre augmente de mani\u00e8re d\u00e9cisive: 30 mille, peut-\u00eatre m\u00eame plus. Le syndicat Flai Cgil a m\u00eame distribu\u00e9 quelques 40 mille blouses r\u00e9fl\u00e9chissantes aux travailleurs qui se d\u00e9placent en bicyclette, pour essayer de limiter les nombreux accidents de la route dans lesquels ils sont impliqu\u00e9s, surtout l\u2019hiver, sur les routes de campagnes mal \u00e9clair\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Omizzolo a mis des ann\u00e9es pour conqu\u00e9rir la confiance de la communaut\u00e9: il est all\u00e9 avec eux dans les champs et il a accompli le parcours migratoire inverse, de l\u2019Italie au Pendjab, o\u00f9 il a rencontr\u00e9 les familles d\u2019origine et renou\u00e9 les fils de la diaspora. Il a recueilli les histoires d\u2019exploitation et, avec le dossier de l\u2019association In migra\u00adzione, il d\u00e9nonce le fait que \u00abpour survivre aux rythmes ext\u00e9nuants et augmenter la production des patrons italiens\u00bb les travailleurs sikhs \u00absont litt\u00e9ralement oblig\u00e9s de se doper avec des stup\u00e9fiants et des antidouleurs qui inhibent la sensation de fatigue\u00bb. Il s\u2019agit, explique-t-il, d\u2019\u00abune forme de dopage v\u00e9cue dans la honte et pratiqu\u00e9e en cachette parce que contraire \u00e0 leur religion et \u00e0 leur culture, en plus d\u2019\u00eatre s\u00e9v\u00e8rement combattue par la communaut\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00abEt pourtant il s\u2019agit de la seule mani\u00e8re de survivre aux rythmes de travail\u00bb: douze heures par jour \u00e0 semer, d\u00e9fricher, cueillir, r\u00e9pandre des poisons. Pour quatre euros de l\u2019heure, dans le meilleur des cas, souvent oblig\u00e9s de subir les torts, les vexations et brimades des employeurs, parfois non pay\u00e9s pendant des mois comme cela se produit pour un groupe d\u2019une trentaine de travailleurs-esclaves qui r\u00e9clament un salaire qui ne vient pas depuis six mois. Une situation qui ressemble beaucoup \u00e0 celle de Rosarno, de la Capitanata et d\u2019autres lieux d\u2019exploitation de la main d\u2019\u0153uvre agricole. Sauf qu\u2019elle est plus taciturne, peu encline \u00e0 la r\u00e9bellion et moins visible: les sikhs ne vivent pas dans des bidonvilles ou dans des refuges de fortune et ils n\u2019arrivent pas seuls comme beaucoup d\u2019Africains qui d\u00e9barquent \u00e0 Lampedusa. Ils se marient entre eux -m\u00eame si, m\u2019explique Omizzolo, on commence \u00e0 enregistrer les premiers cas de mariage mixte, en g\u00e9n\u00e9ral entre des hommes sikhs et des femmes roumaines rencontr\u00e9es au travail dans les champs -beaucoup sont ici d\u00e9sormais depuis trente ans et leurs enfants sont italiens. Les habitations sont bien tenues, bien que dans quarante m\u00e8tres carr\u00e9s s\u2019entassent parfois jusqu\u2019\u00e0 six personnes, les jardins sont fleuris. Le dimanche dans le Gurdwara Singh Saba, une ancienne baraque agricole transform\u00e9 en b\u00e2timent religieux, c\u2019est un triomphe de couleurs et dans les cuisines communes on fait \u00e0 manger pour tous. Ils ont m\u00eame un journal, le Punjab express, que je vois distribu\u00e9 devant une boutique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de laquelle un vieux portant turban attend paresseusement les rares visiteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dillon Singh est le chef de la communaut\u00e9: il g\u00e8re une \u00e9picerie qui vend aussi du pr\u00eat-\u00e0-porter, sur la place de Bellafarnia. C\u2019est un politicien -en Inde, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s proche d\u2019Indira Gandhi, la premi\u00e8re ministre assassin\u00e9e par deux gardes du corps sikhs en 1984- et ces derniers jours il est inquiet parce que le projet du nouveau centre religieux, par ailleurs affich\u00e9 sur les vitrines du temple, est bloqu\u00e9. Une question de permis et de projets d\u2019urbanisme, mais surtout d\u2019entraves bureaucratiques introduites par la droite qui dirige la municipalit\u00e9. Il est pr\u00e9occup\u00e9 parce qu\u2019il devra rendre compte \u00e0 la communaut\u00e9 de l\u2019utilisation des fonds qu\u2019il a recueillis: \u00abNous avons rassembl\u00e9 l\u2019argent mais nous sommes bloqu\u00e9s. Si \u00e7a continue les gens recommenceront \u00e0 envoyer leur argent au Pendjab au lieu d\u2019investir leurs gains en Italie\u00bb observe-t-il d\u00e9sol\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin f\u00e9vrier, cach\u00e9s parmi les cageots de fruits et l\u00e9gumes transport\u00e9s par deux Indiens, les douaniers de Sabaudia ont trouv\u00e9 6 kilos de bulbes de pavot et 300 grammes d\u2019amph\u00e9tamines. Trois kilos et demi suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 saisis dans le coffre d\u2019une auto on a m\u00eame d\u00e9couvert une petite plantation de pavot \u00e0 opium \u00e0 Terracina. Qui g\u00e8re le busi\u00adness? \u00abLes Italiens donnent la substance aux Indiens, qui \u00e0 leur tour la vendent et donnent l\u2019argent aux Italiens\u00bb explique K. Singh. Cela veut dire qu\u2019au sommet du trafic il y aurait les employeurs qui confieraient le sale boulot aux caporaux, en leur remettant le \u00abmatos\u00bb pour qu\u2019ils le vendent \u00e0 leur tour aux esclaves des campagnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans quelques cas cependant, ce sont \u00ables Italiens\u00bb qui g\u00e8rent directement la vente au d\u00e9tail. C\u2019est ce que soutient H. Singh: \u00abJe connais des gens qui utilisent cette substance. Ils l\u2019ach\u00e8tent aux Italiens et ils l\u2019utilisent quand ils travaillent ou bien ils la donnent \u00e0 leurs amis. Ils la dissolvent dans l\u2019eau chaude puis ils la boivent. On peut aussi la manger mais \u00e7a fait mal \u00e0 l\u2019estomac et \u00e0 la gorge.\u00bb Il arrive m\u00eame que certains travailleurs, ayant flair\u00e9 le profit qu\u2019ils peuvent faire \u00e0 leur tour de ce commerce, revendent les drogues achet\u00e9es. S. Singh raconte: \u00abQuelques Indiens, surtout les jeunes qui travaillent dans les campagnes, les ach\u00e8tent pour ne pas ressentir les douleurs, mais ils en revendent aussi une partie. Comme \u00e7a ils se font un peu d\u2019argent et en m\u00eame temps ils ne se sentent pas fatigu\u00e9s le soir et ils peuvent sortir. D\u2019o\u00f9 viennent ces substances? Certains les font venir d\u2019Inde, d\u2019autres les ach\u00e8tent aux Italiens.\u00bb. Qui de cette fa\u00e7on gagnent deux fois, avec le deal et par l\u2019exploitation du travail.<\/p>\n<p style=\"color: #222222;\"><strong>Pour aller plus loin:<\/strong><\/p>\n<ul style=\"color: #222222;\">\n<li><a style=\"color: #677284;\" href=\"http:\/\/andreasabbadini.photoshelter.com\/gallery\/Sikh-in-Agro-Pontino\/G0000hK59H3.dvgw\/\" target=\"_blank\">Le reportage photo d\u2019Andrea Sabbadini<\/a>.<\/li>\n<li><a style=\"color: #677284;\" href=\"http:\/\/ilmanifesto.it\/cosi-si-combatte-lo-sfruttamento\/\" target=\"_blank\">Un entretien (en italien) avec Jean-Ren\u00e9 Bilongo<\/a>, travailleur camerounais et syndicaliste \u00e0 la Flai-Cgil, paru le 16 mai 2014 sur\u00a0<em>Il Manifesto<\/em>.<\/li>\n<li><a style=\"color: #677284;\" href=\"http:\/\/www.inmigrazione.it\/UserFiles\/File\/Documents\/87_2014%20-%20DOPARSI%20PER%20LAVORARE%20COME%20SCHIAVI.pdf\" target=\"_blank\">Le dossier (en italien) sur le site d\u2019In migrazione<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru sur\u00a0Il Manifesto, le 15 mai 2014. Traduit par Olivier Favier et publi\u00e9 sur le site\u00a0On ne dormira jamais. Cet article, publi\u00e9 le 15 mai 2014 sur Il Manifesto,&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/dopes-pour-travailler-plus-les-travailleurs-esclaves-de-litalie-centrale-par-angelo-mastrandrea\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":1465,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55,35],"tags":[],"class_list":["post-1464","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-debats"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1464","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1464"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1464\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1465"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1464"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1464"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1464"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}