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Biarritz, le Festival d’Amérique latine a 20 ans 2 octobre 2011 Déjà vingt ans que le festival de Biarritz célèbre le cinéma et les cultures d’Amérique latine. Les festivités autour de cet anniversaire ont cependant pâti de l’annulation de l’année du Mexique ainsi que le disait Marc Bonduel, délégué général du Festival : « L’année du Mexique en France devait marquer cette 20ième édition. Nous y avons travaillé pendant un an ! Les conditions de son annulation montrent à quel point un Festival comme le nôtre est important pour mieux se comprendre … ». Nous tenons à souligner que ceux qui vivent et travaillent sur une terre frontalière aux racines culturelles et linguistiques entrelacées et où il se parle au moins trois langues dont deux, le Basque et l’Espagnol, renvoient directement à la souche ibérique, sont mieux à même de favoriser ce trait d’union avec les autres pays de l’Atlantique : ils sont également mieux placés pour comprendre et développer les échanges culturels en direction Sud ouest que les instances bureaucratisées d’un état centralisé. La frontière incarne peut être la fin d’un territoire géographique, mais c’est également le lieu du rencontre culturel avec l’Autre. Entendra qui voudra. Passons au programme et surtout aux films en compétition. Premier constat et signe que les organisateurs du festival ne s’en sont pas laissé imposer : la présence mexicaine reste forte. Des démonstrations de lutte libre par des champions mexicains, un ciné-concert sur le film El Tren Fantasma, le train fantôme de Gabriel Garcia Moreno ont été à la disposition du public comme l’ont été les auteurs Paco Ignacio Taibo et Alberto Ruy Sanchez. D’autre part, l’autre grand pays invité c’est l’Argentine avec un hommage du Festival de Mar del Plata et au réalisateur Daniel Burman. Le jury du festival pour les films en compétition est présidé par l’acteur argentin Ricardo Darín qui est entouré par l’hispano-argentine Natalia Verbeke, le mexicain Alberto Ruy Sanchez, Philippe le Guay, rédacteur de la revue « Cinématographe », Astrid Berges-Frisbey et Laurent Lavolé. Le premier film en compétition et premier objet de notre chronique est Las Acacias, de l’argentin Pablo Giorgelli, l’histoire d’un camionneur qui ramène une femme et son bébé de la frontière du Paraguay à Buenos Aires. Avec en sourdine, le sempiternel bruit du moteur du camion, des arrêts d’autoroute, c’est l’histoire des regards et des silences qui indiquent le début d’une histoire d’amour. « Je voulais raconter l’évolution psychologique du personnage du camionneur » a expliqué Giorgelli lors de la rencontre des cinéastes avec le public, un moment important du Festival de Biarritz puisque cette formule permet le dialogue direct ente cinéastes, cinéphiles et spectateurs sans passer par les intermédiaires des professionnels de la critique des conférences de presse classiques. Las Acacias avait déjà un joli palmarès : le prix de la Caméra d’or à Cannes et le prix du meilleur film latino-américain à Saint-Sébastien, signes que les essais sur la difficulté d’établir des relations est un thématique qui interpelle plus que jamais aujourd’hui . C’est aussi le thème de Transeunte, « le marcheur » du brésilien Eryk Rocha, fils de l’inoubliable cinéaste Glauber Rocha. Tourné en blanc et noir, la caméra d’Eryk Rocha suit les journées de Expedito, un retraité, veuf et sans enfants de Rio de Janeiro. En marchant dans les rues de la plus célèbre ville du Brésil, le personnage trouve petit à petit un nouveau départ. Le jeune Rocha a souligné que « dans le film il y a deux protagonistes, Expedito, le retraité et la ville de Rio », ville des mémoires du réalisateur. La ville et ses habitants, les matchs de foot de l’équipe locale , le flamenco, les karaokés fournissent les scènes du film qui, d’après son réalisateur, « sont la peau du film dans laquelle rentre le personnage ». Autre que la colonne sonore forte belle et qui semble révéler les états d’âme d’Expedito, les images du centre historique de Rio de Janeiro permettent de percevoir la complexité de la réalité en transformation d’une ville en partie ancienne, en partie moderne, en partie pauvre, et en partie bobo. Répondre à cet article
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