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Biarritz : 19e festival du Cinéma latino-américain sous le signe de la Révolution 2 octobre 2010 Le Festival de Cinéma et des cultures d’Amérique latine bat son plain à Biarritz avec cette 19e édition qui marque un tournant de génération. Cette cuvée 2010 traduit les commémorations qui se déroulent cette année en Amérique latine dont l’une des plus importante est le bicentenaire de l’Independence du Mexique et le centenaire de sa révolution. A cette célébration s’ajoute le 50e anniversaire du Festival du Cinéma de Cartagena de Indias, le plus ancien et prestigieux rendez-vous cinéphile du continent. C’est pourquoi le Festival des rivages du Golfe de Biscaye a décidé de rendre hommage à son homologue colombien des Caraïbes en offrant au public biarrot huit films ayant été primés là-bas dont les deux films hors compétition qui ouvrent et concluent le festival et dédiés à la Révolution mexicaine. D’ailleurs c’est ironiquement une série de court-métrages qui inaugure la compétition pour le prix du meilleur long-métrage. Dix réalisateurs ont décliné la révolution mexicaine pour mieux rendre compte de leur pays actuel. Que reste-t-il de la révolution aujourd’hui ? Signalons à cet égard le travail de Rodrigo Garcia, parti à la recherche de la révolution au carrefour de la 7e rue et de l’avenue Alvarado à … Los Angeles ! C’était en effet l’ancien quartier espagnol de la mégalopole américaine. La bande son est dépourvue de voix tandis que la trame visuelle superpose les images d’archives de pistoleros avec celles des Chicanos d’aujourd’hui casquette de baseball sur la tête et filmés au ralenti. Ce qui donne au film un côté irréel et décalé qui émeut le cœur et l’âme du spectateur. Cette année n’est pas seulement mexicaine ou colombienne mais aussi brésilienne puisque c’est aussi l’année où le président Lula passe le relais. Le Festival de Biarritz n’a pas voulu être en reste et a organisé des conférences et rencontres sur « les années Lula ». De ce bilan sociopolitique et culturel du plus grand pays d’Amérique latine, le cinéma n’est pas absent. Le premier d’entre eux s’intitule « Sonhos Roubados », (rêves volés). Il raconte l’histoire de trois filles des favelas qui se prostituent pour pouvoir s’en sortir. « Le film est élaboré à partir du journal tenu par les trois filles’ a expliqué la réalisatrice Sandra Werneck. Malgré la violence et la difficulté et le manque d’horizons, les filles continuent à rêver d’un avenir meilleur. L’autre film brésilien, « 5 X Favela » est un collage de cinq court-métrages mettant à l’écran des histoires se déroulant dans les favelas de Rio de Janeiro. Le film est fait par des jeunes réalisateurs et réalisatrices qui en sont issus. Loin des clichés habituels, mais sans en cacher les vicissitudes, ces films dressent un portrait vivant et pertinent des favelas en soulignant le fragile équilibre entre légalité et illégalité dans un contexte de pauvreté. Comme d’autres ouvres venant des grands pays en voie de développement, on pense à l’indien « Slumdog Millionaire » ces films brésiliens mettent en évidence un trait recurrent : la vitalité de la pauvreté dans les pays du sud. Les pauvres des « favelas » de Rio, comme l’était le jeune Jamal des « slums » de Mumbai se battent, vivent à fond, inventent et mettent en scène une humanité qui nous semble un véritable cadeau aux pays « développés » où l’écart se creuse de plus en plus entre riches et pauvres, où la délocalisation des entreprises a assassiné les espoirs d’une classe moyenne capable de donner de la stabilité à la société, où l’individualisme narcissiste semble destiné au suicide culturel et moral. Cette vitalité humaine toujours chaotique et souvent désespérée est la bouée de sauvetage, que le sud du monde nous lance : nous avons tous les intérêts de nous y accrocher. Rappelons que la jury des films en compétition de cette édition du Festival de Biarritz du cinéma et des cultures d’Amérique latine est présidé par Patrick Chesnais et est composé par l’écrivain chilien Luis Sepulveda, la cinéaste colombienne Martina Garcia et par Marion Vernoux et Miléna Poylo. Répondre à cet article |
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