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Saint-Sébastien, les autres prix

29 septembre 2010

Le jury de la 58ème édition du Festival International du cinéma de Saint-Sébastien, présidé par le cinéaste serbe Goran Paskaljevic, a donné le Prix spécial du Jury au film « Elisa K » réalisé par la catalane Judith Colell.

Une fille de 11 ans est violée par un ami de la famille. Le choc lui fait oublier l’épisode traumatique. 14 ans plus tard, alors que la petite est devenue une jeune femme de 25 ans,elle retrouve la mémoire. Le film en blanc et noir accompagné d’une voix off caméra, reprend des couleurs quand la jeune fille se souvient du viol. Elisa K de Mme Colell s’inspire du livre homonyme de Lolita Bosch et observe les séquelles des viols pendant l’enfance. La morale du film se résume par une phrase rappelée par la réalisatrice en conférence de presse : « L’enfance doit être un espace de sécurité… Nous pensons tous que le temps peut soigner les blessures, mais en fait le temps soigne tout…sauf les blessures ».

Mystères de Lisbonne

La Coquille d’argent du meilleur réalisateur est allée au portugais Raúl Ruiz pour son Mystères de Lisbonne , un film qui plonge le spectateur dans un tourbillon de sentiments : aventures, relations amoureuses et vengeances le long d’un voyage rapsodique à travers le Portugal, l’Italie, la France et le Brésil. Dans une Lisbonne pleine d’intrigues et d’identités cachées, surgissent une série de personnages liés au personnage principal Pedro da Silva, orphelin dans un internat. Le film dure 256 minutes… plus de quatre heures ; un peu long même pour les cinéphiles les plus acharnés.

Le prix de la meilleure photo est allé à Jimmy Gimferrer, l’homme derrière la caméra d’Aita « père » en langue basque. Le film de José Maria raconte l’histoire d’une maison dans le Pays basque espagnol profond. Un film aux dialogues minimalistes entre deux acteurs non professionnels, le curé du village et le gardien de la maison. L’édifice se transforme en témoin du passage du temps. Produit avec un budget modeste, le film a été tourné pendant plusieurs années, ce qui a permis de filmer des scènes pendant des saisons différentes et a permis ainsi de pouvoir admirer la photographie sous des couleurs distincts.

« A Jamaa », la mosquée, est une production franco-marocaine réalisée par Daoud Aoulad Syad, l’auteur du film « Attendant Pasolini ». La mosquée en question est un bâtiment décoratif construit pour tourner le film de M Syad à la recherche du controverse intellectuel italien dans un oasis du désert marocain. Mais les habitants de l’oasis ont adopté la mosquée en la transformant de facto en lieu de culte. Le film raconte comment deux bands se configurent au village, ceux qui veulent maintenir la mosquée en vie et ceux qui veulent la détruire. Le film propose une réflexion sur les lieux de culte.

« Abel », film mexicain de Diego Luna, remporte le prix mérité de la section des Horizons Latino-américains. L’histoire d’un enfant de 9 ans qui refuse de parler, effet d’un traumatisme dû au départ du père. Le petit essaie de prendre la place du père dans sa famille et l’Œdipe s’installe. Mais Abel est beaucoup plus qu’un film touchant l’ancienne thématique du complexe d’Œdipe, l’œuvre est surtout une forte dénonciation de la culture machiste et une histoire qui souligne la difficulté rencontrés par les femmes laissés seules à élever leurs enfants. La caméra filme parfois à hauteur d’enfant donnant une dimension effrayante de la réalité des enfants.

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