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CNHI : Gulliver et les lilliputiens 2 octobre 2010 Comment marier une institution d’envergure nationale avec un réseau constitué d’une myriade d’associations ? C’est l’équation à laquelle ont tenté de répondre une centaine de partenaires du réseau le 27 septembre dernier à l’invitation des animateurs de Cité nationale de l’histoire de l’immigration, trois ans après le 1er forum national. Mercedes Erra et Jacques Toubon, respectivement présidents du Conseil d’administration et d’orientation ont voulu en effet mesurer les écarts entre « les ambitions du musée initial et la mise en pratique dans la réalité ». Épreuve du réel qui s’est déclinée d’abord à travers la parole des politiques et des militants associatifs de la première heure. Les uns comme les autres se sont interrogés sur la manière d’ancrer les projets autour de la mémoire immigrante dans les nouvelles organisations territoriales. Emmanuel Constant, vice-président chargé de la culture au Conseil général de Seine-Saint-Denis, a mis en lumière la coïncidence troublante de cette rencontre alors même que l’Assemblée nationale s’apprêtait à discuter de la nouvelle loi de l’immigration présentée par le ministre Besson qui est l’un des trois ministres de tutelle de la Cité. Le représentant du Conseil général a ensuite souligné l’importance du milieu associatif pour la cohésion sociale notamment pour son département où se côtoient plus de 140 nationalités (avec 30% de la population étrangère). Le Conseil général du 93 signera bientôt à ce propos une convention avec le Cité. Pas de budget pour la diversité Son collègue, Mathien Cahan, adjoint à la politique de la ville de Strasbourg, a été plus incisif en pointant « la frilosité » généralisée des politiques culturelles dont « l’absence de ligne budgétaire dans les DRAC pour la diversité culturelle » n’est que l’illustration. Ce cloisonnement administratif expliquerait selon lui le fait que les initiatives à cet effet sont irréductiblement reléguées dans le secteur socio-culturel niant ainsi aux acteurs qui les portent tout professionnalisme et expertise. Une situation que n’a pas contredit Jean-François Chaintreau, directeur du service de coordination des politiques culturelles du ministère de la Culture qui s’est borné à rappeler d’un côté les grandes lignes de la « culture pour tous » voulue par Frédéric Mitterrand et de l’aute la consultation prochaine des DRAC sur le thème de la diversité culturelle. Cette quête de la reconnaissance a été le fil rouge de cette journée où les militants étaient écartelés entre le désir de continuer à défendre la cause commune de la mémoire de l’immigration tel qu’elle avait été esquissée dans le plan de préfiguration du Musée et leur rôle actuel dans ce dispositif. « Qui anime qui ? » s’est exclamé un militant dans un atelier chargé justement d’examiner la « participation de la société civile à la Cité ». Risque-t-on l’instrumentalisation ? Bien que s’en défendant les animateurs de la journée ont reconnu les limites du genre pour un Musée à l’envergure nationale sinon européenne- la présence de nombreux observateurs étrangers en témoignait- mais dont le poids institutionnel l’apparente davantage à un éléphant dans un magasin de porcelaine ou à Gulliver face à ses lilliputiens. Un déséquilibre qui fragilise encore plus les diverses composantes du réseau dans un contexte d’assèchement budgétaire et de crispation identitaire. La rencontre s’est terminée par une synthèse en plénière où ont témoigné les autres ateliers dédiés au patrimoine, à la mémoire et migration dans les territoires et à la programmation artistique et culturelle au Musée. Répondre à cet article
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