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"Barney’s Version" film transculturel et Prix du public de Saint-Sébastien 28 septembre 2010 Un film hors compétition officielle et quelque peu singulier sera l’objet de ma chronique d’aujourd’hui. Il s’agit de Barney’s Version, un production canadienne dirigée par Richard J. Lewis et librement inspiré par le dernier livre du grand écrivain montréalais Mordecai Richler, mort il y a une dizaine d’années juste après avoir participé à l’écriture de la mise en scène du film. Le film était hors concours à Saint Sébastien, mais a remporté le Prix du Public, pour avoir récolté le plus grand nombre de voix entre tous les films présentés dans l’ensemble des projections. Après le rendez-vous manqué au Festival de Venise, ce succès du public devrait corriger la trajectoire du film pour le propulser inexorablement vers un oscar bien mérité. Le film, comme le livre, raconte le point de vue de Barney Panofsky d’un événement qui a marqué sa vie, mais cet événement n’est autre que la vie de Mordecai Richler/Barney : ses amitiés, son rapport à l’art, à l’amour durant quatre décennies. Le casting d’acteurs a été à la hauteur de l’écrivain juif montréalais d’expression anglaise. Paul Giamatti est à son meilleur dans le rôle de Barney ayant su capturer le verbe directe et sceptique de l’auteur, l’actrice britannique Rosamund Pike qui a admis « avoir appris l’accent américain » pendant les premiers jours du tournage du film à Rome, est splendide dans l’interprétation de Miriam, Barney a le coup de foudre au moment le plus insolite qu’on puisse imaginer. Que dire du grand Dustin Hoffman, remarquable dans le rôle du père de Barney. Policier à la retraite, il évoque avec franchise la mémoire de l’immigration, de la discrimination ethnique et sociale.
Ce film a été tourné en partie à Rome. Dans le livre cependant, c’est Paris, la ville de référence des souvenirs de bohème de Barney Panofsky. Pourquoi ce changement ? Comme l’a expliqué le producteur canadien Robert Lantos, la ville éternelle a remplacé la ville lumière « parce que le livre Barney’s Version a eu en Italie un succès extraordinaire, à tel point que Mordechaï Richler me disait qu’au Canada il n’était qu’un écrivain, mais en Italie il était une rock star ». Mieux ! La langue italienne a fait du nom de l’auteur un néologisme ! « richleriano » est passé dans l’usage commun. Encore plus fort : un quotidien italien -Il Foglio- fait paraître un billet critique hebdomadaire écrit à la manière de Barney Panofsky et signé du son nom. Quand une culture –et une langue– adoptent à ce point un auteur, c’est que cet auteur participe de cette alchimie transculturelle qui fait voyager les œuvres de qualité et dignes de traverser le temps. Shalom Mordecai ! Répondre à cet article
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