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Chale vie, Chalom 9 avril 2009 Cette chronique marque le grand retour de notre chroniqueur nippon préféré. Bienvenue ! La vie parisienne est un enfer. Les gens d’ici se volent et s’escroquent à plaisir, trichent, s’engueulent, se détestent, se frappent parfois, se méprisent toujours. Lorsqu’on est un gynécologue parisien, plus que renommé et à l’aise, les fracas de la vie extérieure parviennent-ils à filtrer par les doubles rideaux de la clinique que l’on possède ? Oui, et ils exigent de notre docte homme une réponse appropriée. Partir recommencer sa vie en Israël, ou faire son alyah, en hébreu dans le texte. En fait, l’enfer d’ici est toujours un prétexte pour un nouveau départ, fut-il définitif. Moshé est titillé depuis des décennies par le virus de l’ailleurs, et pour un juif, il y a peu d’ailleurs aussi lointain, aussi exotique et aussi mythique que cette contrée orientale. Son épouse, Gisèle, israélite convertie, est encore plus enthousiaste. Ne partent-ils pas vers la terre sacrée, aux mille miracles et aux antiques secrets ? Cette trame idyllique est bien entendu vouée à l’échec, car dans toute illusion, l’esprit tôt ou tard découvre la supercherie et établit une mise au point. Celle-ci sera très rapide et d’autant plus douloureuse. Moshé Gaash déconstruit à grands coups de truelles railleuses l’épopée d’un pays bâti avant tout sur les sables et par la force de l’énergie humaine. Son regard est bienveillant, celui d’un homme plongé dans un coma léger, qui assiste somnolent à la ruée de ses héritiers sur ses maigres possessions. Partir, c’est accepter de changer une fois pour toutes de modèle de normalité. Israël n’est pas un endroit où les gens ne se volent pas et ne s’escroquent pas à plaisir, et etc.… On revient toujours à la réalité de l’humain. On l’accepte, parce que c’est la force même de la vie qui s’impose. Dans ce livre léger, idéal pour notre époque de catastrophe, tous les éléments de complexité, et Mon Dieu oy oy qu’il y en a !, de la vie là-bas sont décrits avec un humour constant. Moshé Gaash n’est pas un grand écrivain, mais un homme qui sait conter ses malheurs les plus kafkaïens avec cette éternelle petite lumière dans le cœur. Et en plus, il nous offre un lexique express qui vaut toutes les leçons de géopolitique du monde. Toda. Moshé Gaash, Hello Goodbye. Comment faire son alyah en 20 leçons, Editions du Seuil, octobre 2008, Paris, 5,5 € Répondre à cet article
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