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« Mille ans de bonnes prières » triomphe à Saint-Sébastien 27 septembre 2007 « Il faut mille ans de bonnes prières pour qu’un mariage tienne », affirme un ancien proverbe chinois.
Ce dicton a inspiré Wayne Wang, le réalisateur indépendant chinois émigré aux Etats-Unis et lui a porté chance. Car le titre du film, « A thousand years of good prayers », Mille ans de bonnes prières, est le grand gagnant de la 55ième édition du Festival international du cinéma de Saint-Sébastien. Le triomphe de ce film intimiste et « minimaliste » des dires même de son réalisateur, tourné avec une caméra pratiquement fixe, ne pouvait être plus complet. En effet Henry O, l’acteur principal, a remporté aussi le prix de la meilleure interprétation masculine. L’histoire de ce film raconte la relation entre un père chinois à la retraite qui voyage aux Etats-Unis pour voir sa fille immigrée il y a plus de dix ans. Le père veut être aux côtés de sa fille fraîchement divorcée ... La caméra de Wang souligne la difficulté de communication entre eux : difficultés causées par la différence de génération entre les deux protagonistes et par le fait que l’émigration de la fille l’a transformée culturellement. Le père a vécu la révolution culturelle ; c’est est un ancien Garde rouge, alors que sa fille n’a connu que la Chine de l’ouverture à l’économie de marché, entre c’est un abîme qui se creuse. La différence d’approche de génération est plus important qu’ailleurs dans le monde. A cela s’ajoute la manière de vivre à l’américaine qui a transformé la fille dans les mœurs et la langue, à tel point qu’elle reconnaît être plus à l’aise en anglais qu’en son mandarin maternel, surtout « quand on parle de choses intimes ». A sa façon le père aussi qui semble communiquer mieux avec une femme d’origine iranienne rencontrée dans un parc, une dame d’un certain âge qui a suivi son fils immigré aux Etats-Unis et avec lequel elle ne partage ni langue ni culture. Le « pidgin »qui se développe tout naturellement dans le parc, mélange de persan, mandarin et anglais avec cette inconnue semble fonctionner mieux aux fins de la communication que la langue maternelle que le père partage avec sa fille. « Nous les Chinois nous avons transformé en art le fait de ne pas dire directement les choses que nous pensons » a dit m. Wang, expliquant une autre difficulté culturelle qui empêche les deux protagonistes de communiquer. Mais le moment de l’explication viendra : la fille reconnaîtra être la responsable de son divorce et fera savoir au père qu’elle connaît aussi les secrets de la vie professionnelle en Chine que le père essayait de cacher. Le franc parler n’apportera pas de rupture. On peut parler de rupture par contre entre Wayne Wang et le cinéma indépendant américain dans lequel il a évolué : « Il n’y a plus de réalisateurs indépendants aux Etats-Unis » a regretté le cinéaste sino-américain. « A mon époque, on avait comme références Godard et Bergman », a-t-il souligné, « maintenant la plupart des cinéastes dits « indépendants » pensent seulement faire des films à la manière d’ Hollywood ». Mais la victoire de Wayne Wang à Saint-Sébastien mérite d’être signalé aussi parce que le président du jury n’était nul autre que Paul Auster, un homme avec lequel le réalisateur a admis « d’avoir eu de sérieuses divergences ... ». Mais l’écrivain-cinéaste n’est pas rancunier. Parions que cette victoire mérité les aura réconciliée Le film iranien « Buddha collapsa de honte » (voire notre chronique précédente) a obtenu le prix du jury. Nick Broomfield, réalisateur du film britannique « Bataille de Haditha » (voire chronique précédente) a remporté le prix du meilleur réalisateur et le prix de la meilleure interprétation féminine est allée à Blanca Portillo, protagoniste du film espagnol, « Sept table de billard français » (voire également notre chronique précédente ». Répondre à cet article
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