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Festival du nouveau cinéma italien : la guerre des sentiments 16 novembre 2006 La guerra di Mario est un film de grande actualité, sensible, bien construit. Le savoir-faire et le sens d’observation
Là où le bât blesse, c’est que ce film se contente d’observer la réalité -le scénario est tiré d’une histoire vraie- dont le réalisateur s’est attaché à restituer scrupuleusement le déroulement. Ce parti pris qui est de ne pas en avoir, empêche le metteur en scène d’explorer à fond le nœud du problème : l’absence et les défaillances de l’autorité paternelle. D’où un certain flottement et une longueur du film dont la durée n’excède pourtant pas les 100 minutes habituelles. Or la fonction de l’œuvre d’art et à fortiori du cinéma, n’est-il pas justement de se confronter à ce qui dérange, ce qui n’est pas dit ? En refusant de le faire, Capuano succombe à la fascination et aux manipulations émotives du "politiquement correct" dont notre monde contemporain est si prodigue. Gide disait qu’on ne fait pas de bonne littérature avec des bons sentiments. Cela s’applique aussi au cinéma. Les bonnes intentions de cette belle et brillante professeur de beaux-arts, sont certes légitimes mais elles font écran au sens propre et figuré en nous cachant la révolte qu’elle n’a pas eu le courage d’assumer à l’égard de son propre milieu et qu’elle vit désormais par procuration. Ce non-dit qui affleure néanmoins, est comme un abcès qui n’est pas crevé. Et qui finit par se répercuter sur l’ensemble du film. La guerra de Mario illustre de manière éloquente ce « mammismo soft », très tendance qui règne aujourdhui sur nos sociétés contemporaines et dont le cinéma d’art et d’essai, comme on l’appelait naguère, se fait le relais. La bonne fortune du dernier Almodovar en témoigne aussi à sa manière. Il est vrai que les sociétés latines, et la société italienne en particulier, assommée par quatre années de berlusconisme, sont plus que d’autres enclines à développer la confusion des sentiments : un terreau idéal pour les futurs petits dictateurs. Le mérite principal de ce film, s’il en est, c’est de nous l’avoir montré de manière plus riche et plus pertinente que bon nombre de réalisateurs. Ce qui n’est pas rien. ***Durée : 100’ Scénario : Antonio Capuano Directeur de la Photographie : Luca Bigazzi Photographe de scène : Sergio Varriale Décors : Lino Fiorito Costumes : Daniela Ciancio Musique : Pasquale Catalano Montage : Giorgio Franchini Production : Fandango et Indigo Film Distribution : Medusa Répondre à cet article
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