Editorial

Brèves

Editorial

Agenda

Exocet

Agora

Itinéraires

Poema/Prosa

Nous/We

Hyperliens

Contact

Diversité culturelle

Eurocan

Vidéodc

 

 

 

 

 

 

 

L’homme qui dort, l’éléphant et la Vieille Europe

7 mai 2006

Paris, ville lumière, célèbre en ce joli mois de mai deux événements-symboles : le 70e anniversaire de la victoire électorale du Front Populaire et le 135e anniversaire de la Commune.

La coïncidence de ces deux commémorations, qui balisent la lutte pour l’égalité et la réforme, est propice à ceux ceux qui réfléchissent aux tenants et aboutissants de la transformation sociale et politique aujourd’hui.

C’est également durant le temps des cerises que le Centre d’études canadiennes a choisi de tenir un colloque inédit consacré aux enjeux de la politique étrangère canadienne, ses marges de manœuvre et ses éléments de distinction. Distinction, il va s’en dire, par rapport à son omniprésent et omnipuisssant voisin américain.

Le dormeur et l’éléphant

Pierre Elliot Trudeau qui fut sans doute le plus connu des Premiers ministres canadiens à l’étranger avait trouvé une image forte pour qualifier la position géographique de son pays à l’égard des États-Unis (considérant la taille démographique et la puissance économique et militaire des deux pays). C’est l’homme qui dort aux côtés d’un éléphant. Dès que le pachyderme bouge, il vous écrase. Cette image fit alors florès. Et a recoupé ce mot d’un autre voisin — le Mexique — dont un de ses présidents évoquait le destin en ces mots : « Pauvre Mexique : si loin de Dieu et si proche des États-Unis. » Des décennies après les années-Trudeau, l’image du dormeur et de l’éléphant conserve encore toute sa pertinence. Elle illustre plus que jamais la relative marge de manœuvre dont dipose la politique extérieure canadienne.

Cependant une analyse rapide fait ressortir un tableau plus contrasté des amours et des désamours entre « l’homme qui dort » et « l’éléphant. » S’il fallait l’illustrer par une autre image, on choisirait le pendule. Avec les libéraux Pearson, Trudeau et Chrétien le pendule s’éloigne ; avec les conservateurs Mulroney et Harper le pendule canadien revient dans le giron états-unien. Simplification ? Pas sûr. Regardez les premières années du XXIe siècle : elles ont été fidèles à cette règle. Si le gouvernement Chrétien refuse de s’engager dans la guerre en Irak, le gouvernement Harper par contre renforce l’engagement canadien aux cotés des Américains en Afghanistan.

"La présence alibi"

Mais vue d’Europe, et de France en particulier, où « La Carrière », comme on l’appelle, est, depuis des siècles un art d’équilibre entre géographie, histoire et culture politique, la diplomatie canadienne revèle un autre trait que Jean-Michel Lacroix, coorganisateur du colloque, a résumé par cette formule : « présences alibi ». En quoi consiste-telle ? Il s’agirait d’une présence internationale marquée par des personnalités emblématiques dont les convictions humanistes et les actions peuvent servir justement « d’alibi » pour une politique qui sur le plan domestique demeure de fait largement assujettie à la realpolitik américaine : 85 % des échanges économiques canadiens se font avec les Etats-Unis.

Mais l’Europe, et en particulier la France — pour des raisons historiques et politiques évidentes —, auraient tort de se contenter de « pendules et d’alibis », pour comprendre les ressorts de la politique internationale canadienne. À cet égard, on pourrait identifier deux ressorts inédits qui peuvent traduire une nouvelle ère. L’un est stratégique l’autre tactique.

La stratégie et la tactique

Dans un contexte géopolitique où la Grande Bretagne, pont naturel présumé entre Europe et États-Unis, se retrouve de plus en plus dans l’orbite américaine, il serait intéressant que « la vieille Europe », la France en tête, cherche à trouver, dans le Canada, une alternative viable à la politique britannique en développant un autre type de triangulation. Le Canada, officiellement francophone, pourrait se révéler être un « pont politique » intéressant entre l’Europe et l’ hyper-puissance. Un tel dialogue triangulaire serait mutuellement utile : l’Europe y trouverait une alternative au Royaume-Uni et le Canada un contrepoids politique à l’égard de son puissant voisin.

L’aspect relatif à la tactique touche à la politique d’expatriation. Le Canada pourrait ouvrir une nouvelle étape dans ses relations en reconnaissant ses expatriés du Vieux Continent, comme il le fait depuis trente ans sur le plan domestique avec les immigrants à travers la politique du multiculturalisme. D’autres pays ont commencé à le faire. Alors que les sociétés civiles se globalisent, la prise en compte du rôle politique des expatriés deviendra incontournable dans la nouvelle configuration internationale. Nous reviendrons plus en détail sur ces questions durant ce colloque alors que nous exposerons les grandes lignes de ce paradigme manquant.

Répondre à cet article


Les autres articles de la rubrique Editorial :

 

2 janvier 2006 :

Un magazine eurocanadien, pourquoi faire ?

 

Editorial

Affaires publiques

Culture

Economie, finance & nouvelles technologies

Agenda

 
Qui sommes-nous ?  | Contact  | Les auteurs  |  Hyperliens  |  Publication