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Le Sameting lapon : modèle pour la reconnaissance linguistique et politique autochtone ? 25 mai 2005 De même que les Inuits jadis étaient surnommés « les mangeurs de viande » (Esquimaux), par leurs ennemis indiens, de même les Lapons s’appellent en réalité « Sami » entre eux. Leurs efforts récents pour prendre en charge leur destinée collective a conduit à la création du "Sameting", un Parlement consultatif, considéré comme un premier pas vers la protection de leurs droits. Le Sameting de Norvège est l’aboutissement d’un long processus qui a commencé dans les années 50, moment où les premières associations sámi ont été créées. Trente ans plus tard la montée en puissance du Droit des autochtones dans le monde a trouvé un terrain d’application dans le développement de barrages hydro-électriques sur la rivière Alta-Kautokeino, au le cœur du territoire sámi. Les protestations des Sami ont convaincu le gouvernement norvégien de commencer une nouvelle relation avec cette nation autochtone. La Loi Sami de 1987 du parlement norvégien stipulait que le Pays était constitué de deux peuples : les Norvégiens et les Sami, reconnaissant de la sorte l’antériorité de ce peuple l’intérieur des frontières de la Norvège depuis avant que celui se transforme en État. Cette permanence historique distingue les sámi des autres groupes minoritaires. La Constitution norvégienne a été donc amendée pour établir que « les autorités de l’Etat ont l’obligation de créer les conditions nécessaires pour que les sámi puissent protéger et développer leur langue, leur culture et leur société ». Dans la foulée l’état norvégien a ratifié en 1990 la Convention n° 169 de l’ILO (L’Organisation du Travail International), qui reconnaît les droits des peuples indigènes. Inauguré en 1989, le Sameting est composé de 39 députés. Le Pays sámi est divisé en 13 circonscriptions électorales avec trois représentants pour chaque circonscription. Tout individu en Norvège qui se considère Sami et qui a au moins un de ces grands-parents qui parle le sámi, peut s’inscrire sur les listes électorales et voter. Le Sameting milite en faveur de la langue, de la culture et des activités économiques dans lesquelles cette nation autochtone est engagée. Mais il y a plus. La loi de 1987 instituant des Sami a crée également une Région Administrative, constitué par six municipalités dans lesquelles le Sami est langue co-officielle. Le Parlement s’est aussi occupé de la planification linguistique en établissant par exemple un prix de la langue. Ainsi il a demandé que la société publique des produits laitiers s’ouvre au bilinguisme, et il a requis des projets de coopération linguistique avec les Sami habitant hors des frontières de la Norvège. Le Sameting a également lutté pour que sa langue ait sa place dans des secteurs économiques aussi divers que la technologie, l’administration et l’élevage des rennes. Le Sameting est une institution bilingue : toutes les procédures et documents incluant les actes officiels sont en norvégien et en sámi. Mais cette reconnaissance n’est pas sans créer des nouvelles lignes de clivages notamment en ce qui a trait au Sami du nord, la variété la plus parlé, avec les autres surgeons linguistiques. Selon les estimations 45 000 Sami vivent en Norvège, dont à peu près 30 000 parlent la langue. En Norvège le bassin linguistique du Sami est divisé en trois parties : le noyau central, la côte et la région périphérique. Dans le noyau central, le sámi est parlé couramment et reprend rapidement le terrain perdu. La côte a été traditionnellement sámi-phone mais la langue est en train de perdre du terrain en faveur du norvégien. L’attraction du norvégien menace également la langue en dans les régions périphériques. Ces spécificités sociolinguistiques ne sont pas anodines dans les pays qui ont d’importantes communautés autochtones. Au Canada, et plus particulièrement dans la province de Québec, le nombre des locuteurs autochtones augmente à mesure qu’on remonte vers le nord. Le Sameting a joué et joue un rôle capital dans cette réappropriation linguistique et culturelle des Sami. Sa faiblesse, s’il en est, réside dans son autonomie partielle. En effet le Sameting demeure tributaire des négociations avec le gouvernement norvégien et de la coopération avec des autorités départementales et communales. C’est Oslo qui finance les projets linguistiques et politiques sámi. Certains analystes vont jusqu’à affirmer que le Sameting serait davantage un symbole de la nouvelle identité sami plutôt qu’un réel instrument de pouvoir politique. L’affirmation des droits Sami ressemble beaucoup à ce qui s’est passé récemment dans les communautés amérindiennes du Canada et du Québec avec l’avènement du Nanavut et le Nunavik récemment. Il est peut être temps que le Québec propose aux autochtones de la province un Parlement qui s’inspire du Sameting norvégien même si le dernier mot sur les questions autochtones appartient au niveau fédéral. Pourrait-on envisager un « Sameting québécois » ? La question reste ouverte. Répondre à cet article
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