{"id":982,"date":"2013-10-01T00:17:26","date_gmt":"2013-09-30T22:17:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=982"},"modified":"2014-05-05T14:30:55","modified_gmt":"2014-05-05T12:30:55","slug":"coquille-dor-de-saint-sebastien-pour-les-cheveux-rebelles-des-favelas-de-caracas","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/coquille-dor-de-saint-sebastien-pour-les-cheveux-rebelles-des-favelas-de-caracas\/","title":{"rendered":"Coquille d\u2019or de Saint-S\u00e9bastien pour les \u00ab cheveux rebelles \u00bb des favelas de Caracas"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<div id=\"attachment_998\" style=\"width: 1930px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-998\" class=\"size-full wp-image-998\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo.jpg\" alt=\"Michaela Cajahauringa , m\u00e8re de l'enfant aux cheveux rebelles\" width=\"1920\" height=\"1080\" srcset=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo.jpg 1920w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo-300x168.jpg 300w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo-560x315.jpg 560w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo-260x146.jpg 260w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/pelo-malo-160x90.jpg 160w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-998\" class=\"wp-caption-text\">Michaela Cajahauringa , m\u00e8re de l&rsquo;enfant aux cheveux rebelles<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La 61\u00e8me \u00e9dition du Festival International du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien qui vient de se terminer le dernier samedi de septembre a couronn\u00e9 avec la prestigieuse \u00ab coquille d\u2019or \u00bb le film Pelo Malo (Bad Hair ou cheveux rebelles) de la r\u00e9alisatrice v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne Mariana Rond\u00f3n. \u00ab Le Venezuela est un matriarcat marqu\u00e9 par des femmes marchant sur un chemin solitaire pour \u00e9lever des enfants, des petits enfants et des neveux dans la duret\u00e9 des banlieues \u00bb a expliqu\u00e9 la r\u00e9alisatrice ravie de la premi\u00e8re pour le cin\u00e9ma v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien que succ\u00e8s de Saint-S\u00e9bastien repr\u00e9sente.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le film raconte l\u2019histoire d\u2019un enfant de 9 ans dans un quartier pauvre de Caracas qui voudrait se lisser les cheveux noirs et boucl\u00e9s pour appara\u00eetre comme un chanteur \u00e0 la mode dans la photo n\u00e9cessaire pour l\u2019enregistrement \u00e0 l\u2019\u00e9cole. La m\u00e8re, veuve du p\u00e8re succomb\u00e9 \u00e0 la violence des gangs n\u2019appr\u00e9cie pas et craint que son fils soit homosexuel. Fort int\u00e9ressant le r\u00f4le de la grand-m\u00e8re paternelle du petit, qui, elle voudrait bien que son petit fils soit gay parce qu\u2019elle sait ou elle esp\u00e8re qu\u2019il sera ainsi moins perm\u00e9able \u00e0 la culture de violence machiste qui a fini par tuer son fils, le p\u00e8re du petit. Mais le film de Mariana Rond\u00f3n est beaucoup plus qu\u2019une transposition sur le grand \u00e9cran d\u2019une difficile relation entre m\u00e8re et fils, dans un contexte de pauvret\u00e9 urbaine et de pr\u00e9jug\u00e9s sociaux et d\u2019une confrontation entre une m\u00e8re et sa belle m\u00e8re o\u00f9 les deux femmes veulent parvenir \u00e0 sauver le gar\u00e7on par des moyens antith\u00e9tiques. Cette histoire intime d\u2019une famille dirig\u00e9e par une femme \u00e0 la d\u00e9rive qui essaye de s\u2019en sortir fonctionne comme une excuse narrative pour se confronter avec la th\u00e9matique \u00ab tr\u00e8s politique de l\u2019intol\u00e9rance \u00bb. La cam\u00e9ra de la r\u00e9alisatrice ouvre la porte sur la vie des gens d\u2019une banlieue o\u00f9 survivent une s\u00e9rie de personnages bless\u00e9s par une pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique clairement soulign\u00e9, et une violence qui s\u2019exprime, fait original ces temps ci, non pas par des coups et des images, mais par des silences et des mots blessants. Tourn\u00e9 pendant l\u2019agonie d\u2019Hugo Chavez, un moment dans l\u2019histoire du pays o\u00f9 la politique semble avoir pris des dimensions de vrai messianisme religieux, le film permet au spectateur de vivre \u00e0 fond la r\u00e9alit\u00e9 urbaine de ce grand pays en transformation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La victoire de Pelo Malo \u00e0 Saint-S\u00e9bastien est une bonne nouvelle parce qu\u2019elle rend hommage \u00e0 la d\u00e9mocratie participative. Non seulement \u00e0 une cin\u00e9matographie qui vit un moment de d\u00e9mocratisation, car \u00ab le nombre de gens qui vont au cin\u00e9ma ne cesse pas d\u2019augmenter \u00bb comme l\u2019a dit Rond\u00f3n \u00ab ce qu\u2019implique que le public du pays va \u00eatre de plus en plus exigeant avec nous les gens du m\u00e9tier \u00bb, mais aussi sous une antre angle : elle constitue une reconnaissance des diff\u00e9rences \u00ab il est important que nous parlons des diff\u00e9rences, parce c\u2019est dans ce d\u00e9bat l\u00e0 que nous arriverons \u00e0 partager les diff\u00e9rences \u00bb. Il est en fait impossible de remarquer, d\u2019une part que c&rsquo;est en partie gr\u00e2ce aux reformes sociales et \u00e9conomiques d\u2019Hugo Chavez que la participation populaires s\u2019est\u00a0 accrue dans la cit\u00e9, et d\u2019autre part que le chemin pour une soci\u00e9t\u00e9 ouverte et plurielle est long et tortueux comme le chemin de Damas.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Double succ\u00e8s pour La Herida (la blessure), film espagnol du r\u00e9alisateur Fernando Franco qui a remport\u00e9 le Prix du jury et la Coquille d\u2019argent pour la meilleure interpr\u00e9tation f\u00e9minine. Il s\u2019agit de l\u2019histoire d\u2019une jeune femme souffrant d\u2019impulsions d\u2019autodestruction (Borderline Personality Disorder). La blessure de Franco est une fiction tourn\u00e9e avec la rigueur d\u2019un documentaire et le visage de l\u2019actrice Marian Alvarez occupe l\u2019\u00e9cran une bonne partie du film et se nourrit de l\u2019h\u00e9ritage du \u00ab cin\u00e9ma v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. Le r\u00e9alisateur a expliqu\u00e9 que \u00abfaire un documentaire sur cette question lui aurait apport\u00e9 un probl\u00e8me \u00e9thique \u00ab suivre quelqu\u2019un souffrant de ce trouble aurait augment\u00e9 son \u00e9tat de malaise en se sentant objet de notre int\u00e9r\u00eat \u00bb. En partie tourn\u00e9 \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, ce film a interpell\u00e9 le jury dirig\u00e9 par le cin\u00e9aste Todd Haynes \u00ab pour avoir mis en avant la solitude d\u2019une personne souffrant des troubles psychologiques dans un contexte o\u00f9 soci\u00e9t\u00e9 et famille n\u2019aident pas parce qu\u2019elles ne savent pas ou ne veulent pas savoir \u00bb. En acceptant son prix, Marian Alvarez a voulu rendre hommage aux acteurs espagnols souffrant par une crise \u00e9conomique nationale qui ne les \u00e9pargne pas.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La Coquille d\u2019argent pour la meilleure interpr\u00e9tation masculine est all\u00e9e \u00e0 l\u2019acteur britannique Jim Broadbent, protagoniste de Le Week-End r\u00e9alis\u00e9 par Roger Michell dans un style qui peut rappeler Godard et \u00e9crit par l\u2019auteur anglo- pakistanais Hanif Kureishi : l\u2019histoire d\u2019une couple de gauchistes anglais qui repartent \u00e0 Paris pour\u00a0 leur lune de miel, apr\u00e8s 30 ann\u00e9es de mariage. Objectif d\u00e9clar\u00e9, relancer un peu de vitalit\u00e9 dans leur relation de couple. Le r\u00e9sultat est une com\u00e9die divertissante\u00a0 \u00e0 l\u2019humour tr\u00e8s british ponctu\u00e9 de\u00a0 vacheries\u00a0 et de moments touchants qui comme d\u2019habitude rendent uniques dans le meilleur comme dans le pire les enfants d\u2019Albion. \u00ab J\u2019ai voulu porter sur l\u2019\u00e9cran des caract\u00e8res m\u00fbrs d\u2019un certaine \u00e2ge, qui peuvent mettre de l\u2019avant des sentiments intenses \u00e0 partir d\u2019une longue exp\u00e9rience de vie de couple et montrer que l\u2019amour n\u2019est pas seulement un affaire des jeunes \u00bb a dit le r\u00e9alisateur. M Kureshi, le sc\u00e9nariste a dit avoir voulu toucher \u00ab la question du mariage, fait fondamental dans la civilisation occidentale \u00bb o\u00f9 les divorces sont l\u00e9gion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Sans le vouloir peut \u00eatre, les r\u00e9alisateurs nous sugg\u00e8rent l\u2019id\u00e9e du mariage aussi comme une m\u00e9taphore pour parler d\u2019un engagement id\u00e9aliste. Tiraill\u00e9 par le doute, cette fin de semaine anglaise \u00e0 Paris nous permet en fait de mesurer l\u2019amertume d\u2019une gauche surgi dans les ann\u00e9es 60. Malgr\u00e9 tout le couple tient bon, surtout dans les mots et les gestes du protagoniste masculin dont l\u2018amour et le d\u00e9sir pour sa femme est accompagn\u00e9 par la loyaut\u00e9 de fond aux id\u00e9aux de sa jeunesse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Peut \u00eatre sans le vouloir le jury de Saint-S\u00e9bastien a couronn\u00e9 l\u2019image d\u2019un homme incarnant la loyaut\u00e9 sur tous les fronts.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Prochaines chroniques \u00e0 suivre<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 61\u00e8me \u00e9dition du Festival International du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien qui vient de se terminer le dernier samedi de septembre a couronn\u00e9 avec la prestigieuse \u00ab coquille d\u2019or \u00bb le&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/coquille-dor-de-saint-sebastien-pour-les-cheveux-rebelles-des-favelas-de-caracas\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":998,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[339,28,154],"class_list":["post-982","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema-critique","tag-61e-edition","tag-cinema-2","tag-festival-de-saint-sebastien"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=982"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/998"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}