{"id":4971,"date":"2025-10-19T05:46:59","date_gmt":"2025-10-19T03:46:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=4971"},"modified":"2026-01-25T20:28:22","modified_gmt":"2026-01-25T18:28:22","slug":"festival-saint-sebastien-los-domingos-prime","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/festival-saint-sebastien-los-domingos-prime\/","title":{"rendered":"Festival Saint-S\u00e9bastien :  \u00ab\u00a0Los Domingos\u00a0\u00bb prim\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_4972\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4972\" class=\"size-medium wp-image-4972\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-300x260.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"260\" srcset=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-300x260.jpg 300w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-1024x888.jpg 1024w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-768x666.jpg 768w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-208x180.jpg 208w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-173x150.jpg 173w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668-138x120.jpg 138w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/SS-Gagnate-rotated-e1760845192668.jpg 1455w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-4972\" class=\"wp-caption-text\">Alauda Ruiz de Azua r\u00e9alisatrice<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">C<em>ette deuxi\u00e8me chronique pr\u00e9sente trois films r\u00e9compens\u00e9s par trois prix diff\u00e9rents.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">La Coquille d&rsquo;Or, grand prix du 73e Festival de Saint-S\u00e9bastien, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\"><i>Los Domingos<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">, de la r\u00e9alisatrice Alauda Ruiz de Azua. Ce film raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une jeune fille qui souhaite entrer dans un couvent et se heurte \u00e0 la r\u00e9sistance de sa famille face \u00e0 un choix de vie totalement contraire \u00e0 l&rsquo;esprit du temps. L&rsquo;histoire se d\u00e9roule dans un contexte familial, mais son message va bien au-del\u00e0 du simple choc des g\u00e9n\u00e9rations au sein d&rsquo;une famille que le sociologue fran\u00e7ais Emmanuel Todd qualifierait de \u00ab culture catholique zombie \u00bb. Autrement dit, la famille est encore, dans les formes, de la culture catholique, comme le prouve l&rsquo;inscription de la jeune fille dans une \u00e9cole religieuse priv\u00e9e, mais manque de profondeur et d&rsquo;\u00e2me pour soutenir le choix radical d&rsquo;engagement total envers son \u00c9glise et sa foi que la jeune fille souhaite accomplir. Prenant le risque de caricaturer pour s&rsquo;assurer de transmettre un message important, il me semble que le film d\u00e9montre comment, \u00e0 notre \u00e9poque postmoderne, voire transhumaine, la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine sous nos latitudes (et longitudes) \u00ab\u00a0occidentales\u00a0\u00bb, semble plus ouverte \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un changement de sexe pour une jeune personne qu&rsquo;\u00e0 lui permettre d&rsquo;entrer au couvent. C&rsquo;est un sujet qui m\u00e9rite r\u00e9flexion, car cette soci\u00e9t\u00e9 est plus encline \u00e0 cautionner des interventions chirurgicales radicales sur le corps humain que des choix spirituels radicaux et transcendants.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Il est donc tr\u00e8s positif que l&rsquo;histoire d&rsquo;une jeune femme qui parvient \u00e0 entrer au couvent, malgr\u00e9 tous les opposants, ait remport\u00e9 le premier prix de ce festival. Esp\u00e9rons que la visibilit\u00e9 offerte par la Coquille d&rsquo;Or suscitera une profonde r\u00e9flexion sociale.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">De la religieuse basque \u00e0 la m\u00e8re chinoise meurtri\u00e8re. Ou plut\u00f4t, de la r\u00e9alisatrice r\u00e9compens\u00e9e par la Coqulle d&rsquo;or, \u00e0 l&rsquo;actrice r\u00e9compens\u00e9e par la Coquille d&rsquo;argent du meilleur premier r\u00f4le (ex-aequo avec Jos\u00e9 Ramon Soroiz de Maspalomas, voir la critique pr\u00e9c\u00e9dente). Zhao Xioaohong, la protagoniste du film <em>Her Heart Beats in Its Cage<\/em>, n&rsquo;est pas une actrice professionnelle, mais a v\u00e9cu l&rsquo;histoire qu&rsquo;elle incarne au cin\u00e9ma. Autrement dit, le film de Qin Xiaoyu relate, sous forme de docu-fiction, le v\u00e9cu de la protagoniste. Dans la p\u00e9riph\u00e9rie de la Chine, une femme, maltrait\u00e9e par son mari, d\u00e9cide un jour de se d\u00e9fendre et, \u00ab avec un couteau \u00e9mouss\u00e9 qui n&rsquo;avait jamais rien coup\u00e9 auparavant \u00bb, poignarde son mari \u00e0 mort. Apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es de prison, la femme retrouve sa libert\u00e9 et doit reconstruire sa relation avec son fils, qui vit chez sa belle-m\u00e8re, la grand-m\u00e8re paternelle de l&rsquo;enfant. Deux \u00e9l\u00e9ments m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9s dans ce magnifique film chinois : la relation personnelle entre la femme et sa belle-m\u00e8re, et le point de vue unique sur les prisons chinoises.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, aucune haine envers la belle-fille qui a assassin\u00e9 son fils ne transpara\u00eet dans les propos de la belle-m\u00e8re. La vieille Chinoise pleure la mort de son fils, mais, comme par p\u00e9nitence, elle se porte volontaire pour \u00e9lever son petit-fils et semble comprendre le d\u00e9sespoir de la belle-fille meurtri<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">\u00e8<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">re.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le protagoniste silencieux du film est la prison chinoise. Le r\u00e9alisateur Qin Xiaoyu a d\u00e9clar\u00e9 avoir pass\u00e9 des mois dans la prison o\u00f9 la femme \u00e9tait d\u00e9tenue. Ce qui est extraordinaire, c&rsquo;est que cette prison chinoise a une certaine familiarit\u00e9, je pense, pour nous tous qui avons fait notre service militaire obligatoire dans des unit\u00e9s op\u00e9rationnelles de premi\u00e8re ligne. En effet, le syst\u00e8me carc\u00e9ral chinois fonctionne comme une caserne militaire stricte, les d\u00e9tenus subissant des exercices militaires comme des soldats. La discipline s\u00e9v\u00e8re, la propret\u00e9 exag\u00e9r\u00e9e, les exercices sous des ordres hurl\u00e9s\u00a0: tout semble indiquer que, plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre con\u00e7ues pour punir les crimes, les prisons chinoises visent \u00e0 pr\u00e9parer les d\u00e9tenus \u00e0 leur r\u00e9insertion sociale\u00a0; tout comme, en th\u00e9orie, le service militaire obligatoire servait \u00e0 pr\u00e9parer les conscrits \u00e0 la guerre. Par piti\u00e9 pour le pauvre interpr\u00e8te, je n&rsquo;ai pas pu insister davantage sur ce point en conf\u00e9rence de presse, et je dois donc admettre qu&rsquo;il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 impossible d&rsquo;approfondir le sujet directement avec le r\u00e9alisateur chinois. L&rsquo;impression demeure cependant que ces prisons chinoises ressemblent davantage, par exemple, \u00e0 nos casernes de parachutistes qu&rsquo;\u00e0 nos prisons.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Calibri, sans-serif;\">Pour conclure cette deuxi\u00e8me chronique, retour sur le film laur\u00e9at de la meilleure photographie. Il s&rsquo;agit de <em>\u00a0Los Tigr<\/em>es, un thriller sous-marin du r\u00e9alisateur espagnol Alberto Rodriguez, ponctu\u00e9 de superbes interpr\u00e9tations par Antonio de la Torre et Barbara Lennie, qui a valu le prix au directeur de la photographie sous-marine Pau Esteve.<br \/>\nL&rsquo;histoire d&rsquo;un fr\u00e8re et d&rsquo;une s\u0153ur, enfants d&rsquo;un plongeur, qui reprennent tous deux le travail de leur p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Ce magnifique thriller m\u00eale le dur labeur des \u00ab\u00a0mineurs d&rsquo;eau\u00a0\u00bb, comme on les appelle, des prol\u00e9taires qui travaillent sous l&rsquo;eau plut\u00f4t que sous terre. C&rsquo;est une histoire o\u00f9 la r\u00e9paration navale et le trafic de drogue se m\u00ealent, autour du p\u00f4le p\u00e9trochimique de Huelva, sur la c\u00f4te atlantique de l&rsquo;Andalousie. La pr\u00e9carit\u00e9 de l&#8217;emploi, signe de notre \u00e9poque, et le pi\u00e8ge de l&rsquo;argent facile du trafic de drogue marquent le r\u00e9cit. L&rsquo;originalit\u00e9 du film r\u00e9side, par contre, dans le fait qu&rsquo;il raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;amour, de solidarit\u00e9 et de soutien entre un fr\u00e8re et une s\u0153ur, envelopp\u00e9s dans l&rsquo;univers mythologique de leur p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Et contrairement \u00e0 l\u2019amour entre amoureux, qui se projette dans l\u2019avenir comme s\u2019il dans de projets de vie partag\u00e9s, l\u2019amour fraternel, au contraire, implique une projection dans le pass\u00e9, remplie de nostalgie et parfois de ressentiment. <\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Coquille d&rsquo;Or, grand prix du 73e Festival de Saint-S\u00e9bastien, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 Los Domingos, de la r\u00e9alisatrice Alauda Ruiz de Azua<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/festival-saint-sebastien-los-domingos-prime\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4972,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[28,154],"class_list":["post-4971","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema-critique","tag-cinema-2","tag-festival-de-saint-sebastien"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4971"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5123,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4971\/revisions\/5123"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4972"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4971"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4971"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4971"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}