{"id":485,"date":"2012-05-15T11:09:14","date_gmt":"2012-05-15T09:09:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=485"},"modified":"2012-07-04T00:30:57","modified_gmt":"2012-07-03T22:30:57","slug":"la-litterature-haitienne-en-diaspora","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/la-litterature-haitienne-en-diaspora\/","title":{"rendered":"La litt\u00e9rature ha\u00eftienne en diaspora"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/Robert-oriol.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-488\" title=\"Robert oriol\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/Robert-oriol.jpg\" alt=\"\" width=\"196\" height=\"258\" \/><\/a>U<em>n t\u00e9moignage \u00a0 tr\u00e8s personnel du po\u00e8te et linguiste\u00a0Robert Berrou\u00ebt-Oriol<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Il est des temps de haute-lisse qui se tissent et s\u2019engravent rive gauche de la m\u00e9moire&#8230; Mon dernier s\u00e9jour en Europe, \u00e0 l\u2019aune d\u2019une hospitalit\u00e9 de tous les instants, a \u00e9t\u00e9 de cette cuv\u00e9e &#8211;et je me r\u00e9jouis que les Lettres ha\u00eftiennes en fussent le fa\u00eetage.<\/p>\n<p>Avec bonheur, j\u2019ai encore une fois arpent\u00e9 les venelles du Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, du 16 au 19 mars 2012. Auteur invit\u00e9 par la R\u00e9gion Bretagne \u00e0 la version 2012 de ce Salon, j\u2019y \u00e9tais, au stand de cette R\u00e9gion, en d\u00e9dicace pour le livre \u00ab <strong>Po\u00e8me du d\u00e9cours<\/strong> \u00bb (\u00c9ditions Triptyque et Prix du livre insulaire 2010 \u00e0 Ouessant, France), ainsi que pour la r\u00e9\u00e9dition de \u00ab <strong>L\u2019am\u00e9nagement linguistique en Haiti<\/strong> : <strong>enjeux, d\u00e9fis et<\/strong> <strong>propositions<\/strong> \u00bb (\u00c9ditions du Cidihca et \u00c9ditions de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat d\u2019Haiti).<\/p>\n<p>D\u2019aucuns posent que le Salon du livre de Paris est l\u2019un des deux plus importants \u00e9v\u00e9nements mondiaux de ce champ\u2026 \u00a0Alors faut-il parler chiffres ? En bref, ce Salon &#8211;qui s\u2019honore de l\u2019hospitalit\u00e9 offerte \u00e0 une quarantaine de pays cette ann\u00e9e&#8211;, regroupe environ 2\u00a0000 auteurs, toutes cat\u00e9gories confondues, camp\u00e9s pour 4\u00a0000 s\u00e9ances de d\u00e9dicaces et plus de 400 conf\u00e9rences, rencontres, animations et d\u00e9bats. Pour sa 32e \u00e9dition, les organisateurs du Salon attendaient plus de 200 000 visiteurs ainsi que 30 000 professionnels\u00a0 des m\u00e9tiers du livre (libraires, etc.) et 1 200 \u00e9diteurs.<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature japonaise \u00e9tait l\u2019invit\u00e9e d\u2019honneur du Salon du livre de Paris cette ann\u00e9e. Notamment \u00e0 travers la venue d\u2019\u00e9crivains-phare et largement repr\u00e9sentatifs de ce qui s\u2019est \u00e9crit hier et de ce qui s\u2019\u00e9crit aujourd\u2019hui au pays du Soleil levant\u00a0: Moto HAGIO,<strong> <\/strong>Kaori EKUNI,<strong> <\/strong>Madoka MAYUZUMI et Kenzabur\u00f4 O\u00c9, Prix Nobel de litt\u00e9rature en 1994. Nul hasard en l\u2019esp\u00e8ce. Les s\u00e9ismes qui endeuillent les nations sont aussi des failles m\u00e9morielles traversant les art\u00e8res et les veines de la litt\u00e9rature. Celle du Japon comme celle d\u2019Ha\u00efti.<\/p>\n<p><strong>Honneur \u00e0 la litt\u00e9rature haitienne<\/strong><\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e encore nos \u00e9crivains ont fait honneur au pays de Jacques-St\u00e9phen Alexis. Et parce que la litt\u00e9rature haitienne est depuis des d\u00e9cennies polyphonique et hautement transnationale, plus pr\u00e9cis\u00e9ment <em>\u00ab <strong>m\u00e9tasporique<\/strong><\/em> \u00bb \u2013j\u2019emprunte ce concept \u00e0 mon ami le po\u00e8te et essayiste Jo\u00ebl Des Rosiers&#8211;, nos \u00e9crivains \u00e9taient \u00e0 l\u2019honneur chez leurs \u00e9diteurs et sur plusieurs stands amis. Parmi eux, on aura not\u00e9 Anthony Phelps chez son \u00e9diteur parisien Bruno Doucey et \u00e0 la Librairie du Sud pour sa tr\u00e8s r\u00e9cente et magistrale anthologie personnelle \u00ab <strong>Nomade je fus de tr\u00e8s vieille m\u00e9moire<\/strong> \u00bb; Jean-Robert L\u00e9onidas chez Riveneuve Continents pour \u00ab <strong>Rythmique incandescente <\/strong>\u00bb; Jo\u00ebl Des Rosiers, Prix Athanase-David 2011 au Qu\u00e9bec, \u00e0 Paris pour son somptueux \u00ab <strong>Ga\u00efac <\/strong>\u00bb et en signature chez Jasor, Qu\u00e9bec \u00c9ditions et \u00e0 la Librairie du Sud; Gary Victor \u00e0 la Librairie du Sud pour \u00ab<strong> Saison de porcs <\/strong>\u00bb; Dany Laferri\u00e8re Chez Grasset et Fasquelle ainsi que chez VLB pour \u00ab<strong> Chronique de la d\u00e9rive douce<\/strong> \u00bb; enfin Lionel Trouillot chez Actes Sud pour \u00ab<strong> La belle amour humaine <\/strong>\u00bb.<\/p>\n<p>Aux portiques de ce Salon du livre, et par l\u2019aimable entremise de mon ami le po\u00e8te Jean Durosier Desrivi\u00e8res \u2013auteur de \u00ab <strong>Lang nou souse nan sous<\/strong> \u2013 <strong>Notre langue se<\/strong> <strong>ressource aux sources<\/strong> \u00bb (\u00c9ditions Caract\u00e8res 2011)&#8211;, j\u2019ai eu la joie de rencontrer Mme Francesca Palli, gestionnaire et animatrice du fameux portail \u00ab <strong>Potomitan <\/strong>\u00bb (<a href=\"http:\/\/www.potomitan.info\/\">www.potomitan.info<\/a>), qui offre depuis quelques ann\u00e9es une exceptionnelle fen\u00eatre cathodique aux diff\u00e9rentes vari\u00e9t\u00e9s de cr\u00e9oles et aux cultures cr\u00e9oles. (En 2011, je le pr\u00e9cise, 15\u00a0133 internautes, depuis Ha\u00efti, avaient consult\u00e9 \u00ab <strong>Potomitan<\/strong> \u00bb.) Cette rencontre s\u2019est agr\u00e9ablement prolong\u00e9e lors de la table-ronde tenue au th\u00e9\u00e2tre <a href=\"http:\/\/www.lechangeur.org\/spip.php?article155\">de l&rsquo;\u00c9changeur \u00e0 Bagnolet<\/a>, en banlieue parisienne, rencontre \u00e0 laquelle le po\u00e8te Jean Durosier Desrivi\u00e8res avait convi\u00e9 Gary Victor, \u00ab l\u2019\u00e9crivain le plus populaire et le plus lu en Haiti \u00bb, selon mes sources, ainsi que Guy Regis Jr, sur le registre de la traduction fran\u00e7ais-cr\u00e9ole. Gary Victor est un romancier-phare de la litt\u00e9rature haitienne contemporaine\u00a0: son roman \u00ab<strong> \u00c0 l\u2019angle des rues parall\u00e8les<\/strong> \u00bb a obtenu en 2003 le prix de fiction du Livre insulaire \u00e0 Ouessant, tandis que le Prix RFO 2004 lui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9<strong> <\/strong>pour son titre \u00ab <strong>Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin<\/strong><em> <\/em>\u00bb. Animateur d&rsquo;ateliers d&rsquo;\u00e9criture, traducteur, connu notamment pour sa traduction en cr\u00e9ole de \u00ab <strong>Le<\/strong> <strong>Petit prince<\/strong> \u00bb d&rsquo;Antoine de Saint-Exup\u00e9ry, Gary Victor a aussi obtenu le Prix Casa de las Americas 2012 dans la cat\u00e9gorie litt\u00e9rature carib\u00e9enne en langue fran\u00e7aise pour son roman \u00ab <strong>Le sang et la mer<\/strong> \u00bb publi\u00e9 \u00e0 l\u2019automne 2010 aux \u00c9ditions Vents d\u2019ailleurs. Pour sa part,<em> <\/em> Guy R\u00e9gis, auteur, com\u00e9dien, po\u00e8te, traducteur, metteur en sc\u00e8ne et vid\u00e9aste, est actuellement en r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture au th\u00e9\u00e2tre <a href=\"http:\/\/www.lechangeur.org\/spip.php?article155\">de l&rsquo;\u00c9changeur <\/a>&#8211;r\u00e9sidence soutenue par le Conseil r\u00e9gional d\u2019\u00cele de France. T\u00e9m\u00e9raire et innovant traducteur en cr\u00e9ole de Maeterlinck, Camus et\u00a0 Kolt\u00e8s, il poursuit, en cette r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture, son ambitieuse traduction en cr\u00e9ole de l\u2019\u0153uvre de Marcel Proust \u00ab <strong>\u00c0<em> la recherche du temps<\/em><\/strong><em> <strong>perdu<\/strong><\/em><em> <\/em>\u00bb.<em> <\/em>Laur\u00e9at du Prix Jean Brierre en 2000, et Prix international de po\u00e9sie (Port-au-Prince et Dakar), pour son long po\u00e8me \u00ab <em><strong>Le Temps des carnassiers<\/strong><\/em><em> \u00bb<\/em>, Guy Junior R\u00e9gis Jr a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 deux courts m\u00e9trages exp\u00e9rimentaux, \u00ab\u00a0<em><strong>Blackout<\/strong><\/em> \u00bb et \u00ab\u00a0<em><strong>Pays sauve qui peut<\/strong><\/em><em> <\/em><em>\u00bb<\/em> (2002). Il est \u00e9galement l&rsquo;auteur d&rsquo;une traduction en cr\u00e9ole du roman d&rsquo;Albert Camus \u00ab <em><strong>L\u2019\u00c9tranger<\/strong><\/em><em> \u00bb<\/em> paru aux Presses nationales d&rsquo;Ha\u00efti en 2008.<\/p>\n<p><strong>OBSERVATION MAJEURE<\/strong> : je retiens de cette \u00e9dition du Salon du livre de Paris que l\u2019Institut fran\u00e7ais et son incontournable et tr\u00e8s achaland\u00e9 stand, \u00ab <strong>Cultures Sud<\/strong> \u00bb, \u00a0a \u00e9t\u00e9 cette ann\u00e9e encore l\u2019un des plus importants carrefours de diffusion des litt\u00e9ratures non hexagonales produites ou traduites en fran\u00e7ais. Comme l\u2019an dernier, \u00ab <strong>Cultures Sud<\/strong> \u00bb a accueilli et soutenu les \u00e9crivains haitiens avec cette festive hospitalit\u00e9 dont seuls sont capables les vrais lecteurs et passeurs de litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Embrasser Rome et (re)na\u00eetre<\/strong><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p>Seconde g\u00e9sine, j\u2019ai s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Rome et \u00e0 Naples, du 21 au 24 mars 2012, \u00e0 l\u2019invitation conjointe de la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale du Qu\u00e9bec \u00e0 Rome et de l\u2019Ambassade d\u2019Haiti en Italie, de concert avec les missions diplomatiques francophones accr\u00e9dit\u00e9es \u00e0 Rome. Ces deux repr\u00e9sentations diplomatiques (celle de ma terre native et celle de ma terre d\u2019enracinement) m\u2019avaient en effet convi\u00e9, \u00e0 titre de Po\u00e8te et de linguiste, \u00e0 participer aux tables-rondes des fameuses \u00ab <strong><em>Journ\u00e9es romaines de la Francophonie<\/em><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>Contexte\u00a0: le 20 mars de chaque ann\u00e9e la <strong>Journ\u00e9e internationale de la Francophonie<\/strong> est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te. Elle vise \u00e0 sensibiliser le public international \u00e0 la diversit\u00e9 et \u00e0 la richesse culturelle des pays francophones ou ayant le fran\u00e7ais en partage. \u00c1 l\u2019occasion de cette c\u00e9l\u00e9bration le Groupe des chefs des missions francophones \u00e0 Rome organise les \u00ab <strong><em>Journ\u00e9es romaines de la Francophonie<\/em><\/strong> \u00bb, du 16 au 23 mars 2012, et ces journ\u00e9es aux multiples activit\u00e9s sont assorties d\u2019une table-ronde.<\/p>\n<p>Ainsi, le 21 mars 2012 j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 la table ronde \u00ab\u00a0 <em><strong>Le langage des jeunes francophones, c koi ?<\/strong><\/em> \u00bb \u00e0 laquelle a pris part avec brio et clart\u00e9 le Commissaire g\u00e9n\u00e9ral du<strong> Forum mondial de la langue fran\u00e7aise 2012<\/strong>,<strong> <\/strong>le Qu\u00e9b\u00e9cois<strong> <\/strong>Michel Audet, ainsi que des linguistes et sp\u00e9cialistes de diff\u00e9rents pays. Il s\u2019agissait d\u2019\u00e9changer, de dialoguer sur <em>\u00ab l\u2019\u00e9volution de la langue fran\u00e7aise et ses vari\u00e9t\u00e9s d\u2019utilisation chez les jeunes g\u00e9n\u00e9rations<\/em> \u00bb. Cette table ronde s\u2019est aussi tenue le lendemain, avec plusieurs intervenants de la pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 \u00ab L\u2019Orientale \u00bb de Naples.<\/p>\n<p>Pour bien cibler mon propos aux tables-rondes de Rome et de Naples &#8211;qui, ensemble, ont r\u00e9uni environ 200 participants&#8211;, j\u2019ai caract\u00e9ris\u00e9 la situation linguistique haitienne sur quatre axes\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>un patrimoine linguistique national historiquement constitu\u00e9 en partage in\u00e9gal, adoss\u00e9 \u00e0 l\u2019institution de l\u2019<em>usage dominant <\/em>du fran\u00e7ais et \u00e0 la <em>minorisation institutionnelle <\/em>du cr\u00e9ole \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale;<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2. une exemplaire insuffisance de provisions constitutionnelles au regard de l\u2019am\u00e9nagement linguistique, insuffisance en phase avec le d\u00e9ni des droits linguistiques de l\u2019ensemble des locuteurs ha\u00eftiens;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3. l\u2019inexistence \u2013cons\u00e9quence du d\u00e9ficit de vision et de <em>leadership <\/em>de l\u2019\u00c9tat&#8211;, d\u2019une politique linguistique publiquement \u00e9nonc\u00e9e et promue, pr\u00e9alable \u00e0 la mise en oeuvre d\u2019un plan national d\u2019am\u00e9nagement des deux langues ha\u00eftiennes;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>4. la perduration d\u2019une \u00c9cole ha\u00eftienne \u00e0 deux vitesses qui engendre l\u2019exclusion sociale, qui pratique la discrimination linguistique en contexte d\u2019\u00e9chec quasi-total des trois r\u00e9formes du syst\u00e8me \u00e9ducatif ha\u00eftien \u00e0 80% gouvern\u00e9 et financ\u00e9 par le secteur priv\u00e9 national et international.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est donc dans ce cadre conceptuel que j\u2019ai situ\u00e9 <em>\u00ab l\u2019\u00e9volution de la langue fran\u00e7aise et ses vari\u00e9t\u00e9s d\u2019utilisation chez les jeunes g\u00e9n\u00e9rations<\/em> \u2018\u2019\u00a0: j\u2019ai mis en \u00e9vidence le fait que, dans la \u00ab\u00a0<strong><em>Francocr\u00e9olophonie haitienne<\/em><\/strong> \u00bb, l\u2019on ne saurait valablement r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une quelconque <em>\u00ab \u00e9volution de la langue fran\u00e7aise\u00a0\u00bb<\/em> chez les jeunes Ha\u00eftiens en dehors d\u2019un diagnostic scientifique (et nullement id\u00e9ologique) \u00e0 l\u2019oeuvre \u00e0 travers une pragmatique efficiente de l\u2019am\u00e9nagement de nos deux langues officielles. Et j\u2019ai formul\u00e9 le v\u0153u que la Francophonie institutionnelle puisse \u00eatre solidaire de mani\u00e8re innovante de la \u00ab\u00a0<strong><em>Francocr\u00e9olophonie haitienne<\/em><\/strong> \u00bb, en particulier dans la perspective de la refondation du syst\u00e8me \u00e9ducatif haitien et quant aux d\u00e9fis programmatiques et didactiques qui nous attendent en ce qui a trait \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019utilisation du cr\u00e9ole, dans la totalit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif national, aux c\u00f4t\u00e9s du fran\u00e7ais et \u00e0 parit\u00e9 statutaire avec le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ma participation aux \u00ab <strong><em>Journ\u00e9es romaines de la Francophonie<\/em><\/strong> \u00bb s\u2019est achev\u00e9e lors du cocktail donn\u00e9 le 23 mars 2012 par l\u2019ambassade d\u2019Haiti \u00e0 Rome. J\u2019en garde un souvenir pr\u00e9cieux tant le raffinement, l\u2019\u00e9l\u00e9gance, l\u2019hospitalit\u00e9, le savoir-faire et l\u2019efficacit\u00e9 professionnelle du personnel de nos deux ambassades (pr\u00e8s le Saint-Si\u00e8ge et pr\u00e8s l\u2019Italie) se sont av\u00e9r\u00e9s tout naturellement \u00e0 la hauteur de ces \u00ab\u00a0<strong><em>Journ\u00e9es romaines de la Francophonie<\/em><\/strong><em> <\/em>\u00bb. Et il m\u2019est agr\u00e9able de noter que ces savoir-faire, hospitalit\u00e9 et efficacit\u00e9 sont aussi le fait av\u00e9r\u00e9 de Mme Johanne Larivi\u00e8re-Tieri,<strong> <\/strong> Attach\u00e9e aux affaires culturelles et \u00e9ducatives \u00e0 la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale du Qu\u00e9bec en Italie que dirige une amie d\u2019Haiti, Mme Amalia Daniela Renosto. Le temps d\u2019une r\u00e9flexion ouverte, je me suis mis \u00e0 r\u00eaver que nos repr\u00e9sentations diplomatiques outre-mer puissent enfin, un jour prochain, \u00eatre dot\u00e9es d\u2019un personnel aussi comp\u00e9tent, hautement professionnel et efficace que celui en poste en Italie\u2026 Cadrage\u00a0: le cocktail offert par l\u2019ambassade d\u2019Haiti \u00e0 Rome, bellement festif, et auquel participaient nombre de diplomates accr\u00e9dit\u00e9s en Italie, avait le panache\u00a0des grandes c\u00e9l\u00e9brations pr\u00e9par\u00e9es avec soin et soucieuses de donner une image positive d\u2019Haiti : exposition de sculptures, de fer forg\u00e9, de peintures et d\u2019objet d\u2019artisanat; d\u00e9gustation de plats traditionnels haitiens; exposition de livres et de revues haitiennes; exposition des r\u00e9centes cr\u00e9ations vestimentaires de la <em>designe<\/em>r italo-haitienne Stella Maria Novarino, belle comme un po\u00e8me d\u2019eau fra\u00eeche\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La s\u00e9quence litt\u00e9raire de ce cocktail \u2013pr\u00e9sid\u00e9 avec l\u2019intelligence du coeur par l\u2019ambassadeur Karl-Henry Guiteau, auquel a r\u00e9pondu sym\u00e9triquement en introduction de bienvenue le repr\u00e9sentant <em>ad interim<\/em> d\u2019Haiti en Italie, Carl Benny Raymond, les deux admirablement second\u00e9s par Laurence Durand, une professionnelle de haut niveau&#8211;, a \u00e9t\u00e9 brillamment introduite par l\u2019Haitienne Marie Hel\u00e8ne Laforest, professeure de lettres caraib\u00e9ennes \u00e0 L\u2019Universit\u00e0 degli Studi di Napoli \u00ab L\u2019Orientale \u00bb. Elle a su circonscrire, avec rigueur et hauteur de propos, la po\u00e9tique de Robert Berrou\u00ebt-Oriol ainsi que le projet esth\u00e9tique de Dany Laferri\u00e8re. L\u2019un des temps forts de cette soir\u00e9e\u00a0? La r\u00e9citation d\u2019extraits de mes livres\u00a0\u00ab\u00a0<strong>En haute<\/strong> <strong>rumeur des si\u00e8cles<\/strong> \u00bb et \u00ab\u00a0<strong>Po\u00e8mes du d\u00e9cours<\/strong> \u00bb aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019ami Dany Laferri\u00e8re lisant des extraits de \u00ab\u00a0<strong>L\u2019\u00e9nigme du retour<\/strong> \u00bb (\u00c9ditions du Bor\u00e9al et \u00c9ditions Grasset, Prix M\u00e9dicis 2009). Plusieurs personnes de l\u2019assistance, Italiens, Haitiens et Fran\u00e7ais, m\u2019ont confi\u00e9 en avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9mues\u2026<\/p>\n<p>Mon s\u00e9jour en Italie s\u2019est \u00e9teint le 24 mars 2012\u00a0par une visite guid\u00e9e de la Cit\u00e9 du Vatican, de ses jardins et de ses mus\u00e9es. Mais comment dire le torrentiel \u00e9blouissement esth\u00e9tique que l\u2019on ressent \u00e0 la Chapelle Sixtine ou devant cette \u0153uvre immortelle de Michel-Ange, \u00ab\u00a0<strong>La Creazione dell\u2019uomo<\/strong> \u00bb ? Comment donc verbaliser l\u2019\u00e9motion d\u2019une \u00e2me pa\u00efenne, la mienne, \u00e0 chaque carrefour de Rome, ville-mus\u00e9e offrant \u00e0 chacun de mes pas et avec volupt\u00e9 la diversit\u00e9 de son architecture et de ses cuisines r\u00e9gionales et ville pourtant branch\u00e9e sur la modernit\u00e9 du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ?<\/p>\n<p>D\u2019\u00e9vidence, il faut (re)embrasser Rome, ses ruines, ses palais, ses d\u00e9dales de sous-sols aux relents arch\u00e9ologiques, le grouillement ruche de ses venelles, ses innombrables\u00a0 mus\u00e9es au participe pass\u00e9 comme au subjonctif pr\u00e9sent et (re)na\u00eetre pour en dire l\u2019extraordinaire incipit\u2026<strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>[ <\/strong><em>NDLR <\/em>: <strong>Robert Berrou\u00ebt Oriol<\/strong>, linguiste-terminologue, po\u00e8te et critique litt\u00e9raire, est coauteur de la premi\u00e8re \u00e9tude th\u00e9orique portant sur \u00ab <strong><em>Les \u00e9critures migrantes et m\u00e9tisses au Qu\u00e9bec <\/em><\/strong>\u00bb (Quebec Studies, Ohio, 1992). Sa derni\u00e8re oeuvre litt\u00e9raire, \u00ab <strong>Po\u00e8me du d\u00e9cours <\/strong>\u00bb (\u00c9ditions Triptyque, Montr\u00e9al 2010), a obtenu en France le Prix de po\u00e9sie du Livre insulaire Ouessant 2010. Ancien enseignant \u00e0 la Facult\u00e9 de linguistique d\u2019Ha\u00efti, il est \u00e9galement coordonnateur et coauteur du livre de r\u00e9f\u00e9rence \u00ab <strong>L\u2019am\u00e9nagement linguistique en Ha\u00efti <\/strong>: <strong>enjeux, d\u00e9fis et propositions <\/strong>\u00bb &#8212; \u00c9ditions du Cidihca, Montr\u00e9al, f\u00e9vrier 2011, \u00c9ditions de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat d\u2019Ha\u00efti, Port-au-Prince, juin 2011.<strong>]<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un t\u00e9moignage \u00a0 tr\u00e8s personnel du po\u00e8te et linguiste\u00a0Robert Berrou\u00ebt-Oriol * Il est des temps de haute-lisse qui se tissent et s\u2019engravent rive gauche de la m\u00e9moire&#8230; Mon dernier s\u00e9jour&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/la-litterature-haitienne-en-diaspora\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[96,95,98,97,99],"class_list":["post-485","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","tag-diaspora","tag-litterature-haitienne","tag-paris","tag-rome","tag-salon-du-livre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/485","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=485"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/485\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=485"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=485"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=485"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}