{"id":441,"date":"2012-02-07T16:52:28","date_gmt":"2012-02-07T14:52:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=441"},"modified":"2014-05-05T14:43:49","modified_gmt":"2014-05-05T12:43:49","slug":"fipa-un-melting-pot-au-feminin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/fipa-un-melting-pot-au-feminin\/","title":{"rendered":"FIPA : un \u00ab\u00a0melting pot\u00a0\u00bb au f\u00e9minin"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_443\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/Nymphes-Hindu-Kush.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-443\" class=\"size-medium wp-image-443\" title=\"Nymphes Hindu-Kush\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/Nymphes-Hindu-Kush-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-443\" class=\"wp-caption-text\">Nymphes Hindu-Kush<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des montagnes du Pakistan aux c\u00f4tes du S\u00e9n\u00e9gal, en passant par les m\u00e9moires de l\u2019Angola, les th\u00e9matiques f\u00e9minines n\u2019ont pas \u00a0manqu\u00e9 lors de la derni\u00e8re \u00e9dition\u00a0 du FIPA \u00e0 Biarritz \u00a0le mois dernier. Nous y consacrons la pr\u00e9sente chronique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Les Nymphes de l\u2019Hindou Kusch\u00a0\u00bb est un reportage sur les Kalasha, une communaut\u00e9 animiste de quelques 4\u00a0000 \u00e2mes \u00a0perdue dans les montagnes du Pakistan qui, selon la l\u00e9gende, serait issue des descendants d\u2019Alexandre le Grand. Deux histoires se chevauchent dans cette magistrale coproduction grecque et pakistanaise\u00a0: d\u2019une part l\u2019histoire d\u2019Athanassious Lerounis, enseignant grec et \u00a0fondateur de la premi\u00e8re \u00e9cole de langue kalasha, s\u00e9questr\u00e9 par les talibans et lib\u00e9r\u00e9 gr\u00e2ce, entre autres \u00e0 la mobilisation massive de la communaut\u00e9\u00a0kalasha ; d\u2019autre part, la voix du documentaire est au f\u00e9minin et raconte l\u2019histoire de l\u2019\u00e9mancipation des jeunes femmes de ce \u00a0village des montagnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u0153uvre r\u00e9alis\u00e9 par Anneta Papathanassiou parvient \u00a0\u00e0 pr\u00e9senter les traits g\u00e9n\u00e9raux de cette communaut\u00e9 en lutte pour sa survie culturelle\u00a0 tout autant que l\u2019\u00e9mancipation des jeunes filles. Mais le documentaire a aussi le m\u00e9rite de ne pas tomber dans la condamnation de la majorit\u00e9 musulmane du Pakistan, r\u00e9action qui aurait pu \u00eatre d\u2019autant plus facile \u00e0 cause du rapt\u00a0 de \u00a0Lerounis. Au contraire, le mode de vie de la majorit\u00e9 pakistanaise n\u2019entrave pas la d\u00e9marche d\u2019\u00e9mancipation des jeunes femmes <em>kalasha<\/em>. En effet, l\u2019une des protagonistes \u00a0de ces hautes montagnes de l\u2019Hindou Kusch, parle avec respect voire affection d\u2019Islamabad, capitale officielle des \u00ab\u00a0pays des purs\u00a0\u00bb, \u2013 tel \u00e9tant la signification du mot Pakistan en langue urdu, \u00e2me linguistique des musulmans du subcontinent indien\u00a0\u2013 Or \u00a0une ville o\u00f9 les filles des montagnes\u00a0 apprennent l\u2019informatique \u00e0 voyager seules en transport\u00a0 en commun et aussi ne peut pas \u00eatre aussi\u00a0 traditionaliste qu\u2019on peut le croire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le Nymphes de l\u2019Hindou Kusch\u00a0\u00bb est non seulement une autre preuve de la vitalit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s que trop souvent on regarde avec complaisance depuis nos latitudes septentrionales, mais ce documentaire donne de l\u2019espoir \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la coexistence pacifique entre cultures. Venant du Pakistan, pays qu\u2019on a tendance \u00e0 r\u00e9duire qu\u2019au fondamentalisme, le message du film peut briser les discours acquis\u00a0; c\u2019est pourquoi il est donc doublement bienvenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Taxi Sisters\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9 par Teresa Traore Dahlberg, su\u00e9doise de souche africaine, est un documentaire qui nous introduit dans le monde des femmes chauffeurs de taxi de la capitale du S\u00e9n\u00e9gal. Elles sont une quinzaine qui ont bris\u00e9 le tabou d\u2019une profession surtout masculine, non seulement en Afrique, mais dans le monde entier. Devant la camera de Traore Dahlberg, entre les couleurs et le chaos de Dakar, les femmes racontent leur combat pour la parit\u00e9 sur le travail, la lutte contre les pr\u00e9jug\u00e9s, leurs r\u00eaves de bonheur et leurs probl\u00e8mes personnels. Dans l\u2019effort de ces s\u0153urs du taxi africaines on per\u00e7oit non seulement une bataille pour l\u2019\u00e9mancipation contre une structure patriarcale machiste, mais aussi un embryon de syndicalisme bas\u00e9 sur la solidarit\u00e9 entre femmes. L\u2019\u0153uvre de Traore Dahlberg laisse esp\u00e9rer que les filles et les fils de l\u2019immigration dans les pays d\u2019Europe, mettent leur culture m\u00e9tiss\u00e9e \u00e0 la recherche d\u2019histoires et d\u2019images.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Cartas da Angola\u00a0\u00bb ou <em>Lettres d\u2019Angola <\/em> de la portugaise Dulce Fernandes, part \u00a0sur la traces des soldats cubains \u00a0partis faire la guerre \u00a0en Angola. Nous avons choisi de l\u2019ajouter \u00e0 cette chronique parce que\u00a0 le regard\u00a0 qui nous est propos\u00e9 \u00a0sur l\u2019un \u00a0des m\u00e9tiers les plus\u00a0 masculins \u00a0qui soient \u2013les m\u00e9tiers de la guerre\u2013 \u00a0est irr\u00e9vocablement f\u00e9minin. En effet la r\u00e9alisatrice arrive \u00e0 \u00a0travers ces lettres de soldats\u00a0 et leur t\u00e9moignage, \u00e0 ne presque jamais parler des combats . Un tour de\u00a0 force surtout lorsqu\u2019on conna\u00eet \u00a0la cruaut\u00e9 et l\u2019ampleur des victimes de cette guerre\u00a0: quatre millions de r\u00e9fugi\u00e9s et un demi million de morts. \u00a0En lieu et place, Fernandes nous entretient\u00a0 d\u2019une exp\u00e9rience diff\u00e9rente, celle par exemple de la d\u00e9couverte par les soldats de Fidel Castro des traditions musicales communes entre les cubains de souche africaine et les africains d\u2019Angola. La po\u00e9sie et l\u2019amour de ces lettres, donnent aux combattants internationalistes de Fidel un ton profond\u00e9ment humain, tr\u00e8s loin des mercenaires rouges, image ch\u00e8re \u00e0 la propagande de la guerre froide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Cartas da Angola\u00a0\u00bb est aussi une r\u00e9flexion int\u00e9ressante sur la revisitation de ce lien fort que nombre de cultures europ\u00e9ennes ont maintenues avec l\u2019Afrique, ce contient\u00a0 des origines. En effet, Dulce Fernandes est l\u2019une de ces milliers des \u00ab\u00a0retournados\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0revenus\u00a0\u00bb, ces colons portugais n\u00e9s ou \u00e9tablis en Afrique et retourn\u00e9s au Portugal apr\u00e8s la r\u00e9volution des \u0153illets de 1974 qui a mis fin \u00e0 l\u2019\u00e9poque salazariste et par cons\u00e9quent a impliqu\u00e9 l\u2019effondrement du dernier grand empire colonial europ\u00e9en. Si ce film cachait aussi la recherche d\u2019une preuve d\u2019amour commune pour l\u2019Afrique chez des combattants internationalistes par une femme issu des colonialistes europ\u00e9ens ce serait rat\u00e9 parce que la \u00a0nostalgie du paradis colonial perdu ne rime pas avec ces m\u00e9moires marqu\u00e9s par la guerre. Romantique Dulce Fernandes\u00a0? Peut \u00eatre, un peu \u00a0mais pas au point d\u2019oblit\u00e9rer sa recherche de la v\u00e9rit\u00e9 \u00a0qui \u00a0est sinc\u00e8re et \u00a0\u2026 douce, comme son pr\u00e9nom portugais le dit si bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des montagnes du Pakistan aux c\u00f4tes du S\u00e9n\u00e9gal, en passant par les m\u00e9moires de l\u2019Angola, les th\u00e9matiques f\u00e9minines n\u2019ont pas \u00a0manqu\u00e9 lors de la derni\u00e8re \u00e9dition\u00a0 du FIPA \u00e0 Biarritz&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/fipa-un-melting-pot-au-feminin\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[28,80,78,77,79],"class_list":["post-441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema-critique","tag-cinema-2","tag-diversite-culturelle","tag-femmes","tag-fipa","tag-realisatrices"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=441"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/441\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}