{"id":4390,"date":"2022-10-05T10:44:56","date_gmt":"2022-10-05T08:44:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=4390"},"modified":"2022-10-05T10:44:59","modified_gmt":"2022-10-05T08:44:59","slug":"los-reyes-del-mundo-remporte-la-coquille-dor-du-70e-festival-de-san-sebastian","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/los-reyes-del-mundo-remporte-la-coquille-dor-du-70e-festival-de-san-sebastian\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Los reyes del mundo\u00a0\u00bb remporte la Coquille d\u2019Or du 70e\u00a0Festival de San Sebastian"},"content":{"rendered":"\n<p>Le film de Laura Mora \u00a0<em>Los reyes del mundo,<\/em> a remport\u00e9 la Coquille d\u2019Or lors du 70e\u00a0Festival de San Sebastian. C\u2019est du film une premi\u00e8re constatation. Cette\u00a0co-production qui regroupe cinq pays participants : la colombie, le Luxembourg, la France, le Mexique et la Norv\u00e8ge a permis \u00e0 une femme r\u00e9alisatrice de remporter pour la 3e ann\u00e9e cons\u00e9cutive le premier prix de la S\u00e9lection officielle. Laura Mora succ\u00e8de ainsi \u00e0 Dea Kulumbegashvili, (Beginning 2020) et Alina Grigore (Crai nou\/Blue Moon 2021). C\u2019est aussi pour la premi\u00e8re fois en sept d\u00e9cennies que la Coquille d\u2019Or est remport\u00e9e par un film colombien. Il s\u2019agit du second long m\u00e9trage de sa r\u00e9alisatrice, Laura Mora, d\u00e9j\u00e0 connue \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, ayant gagn\u00e9 en 2017 le prix des nouveaux directeurs avec son \u0153uvre premi\u00e8re <em>Matar a Jesus<\/em> (Tuer J\u00e9sus) une tragique r\u00e9flexion sur la mort de son propre p\u00e8re, avocat assassin\u00e9 en Colombie, \u201cemport\u00e9 par la violence\u201d, comme elle l\u2019a voulu rappeler depuis le pi\u00e9destal du triomphe de cette ann\u00e9e en conf\u00e9rence de presse. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les rois du monde<\/em> sont des jeunes ados, sans royaume et sans famille, fils de la violence, enfants de la rue de la ville de Medell\u00edn qui partent \u00e0 la recherche d\u2019une terre promise toute particuli\u00e8re\u00a0: une parcelle de terre appartenant \u00e0 la grand-m\u00e8re de l\u2019un des enfants de la rue dans le c\u0153ur de la Colombie rurale. En fait, l\u2019histoire s\u2019inspire \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019actualit\u00e9 colombienne issue des accords de paix\u00a0: les efforts du gouvernement colombien de rendre aux paysans les terres envahies par les paramilitaires \u00e0 l\u2019\u00e9poque la plus sombre de la guerre civile et la violence. Cette \u0153uvre est \u201cune histoire \u00e9pique aux tonalit\u00e9s punk, o\u00f9 de jeunes gens cherchent leur propre place au monde\u201d, de l\u2019expliquer par sa r\u00e9alisatrice. En effet l\u2019histoire  d\u00e9cline la th\u00e9matique ancienne du retour au pays, ch\u00e8res \u00e0 l\u2019Odyss\u00e9e et la Bible -avec un esprit rebelle, violent et nihiliste, en y ajoutant une profonde humanit\u00e9 marqu\u00e9e par un  d\u00e9sespoir joyeux, si typique des jeunes gens qui ne sont que des victimes. Laura Mora, souhaite que son film aille contribuer \u00e0 donner de l\u2019espoir \u00e0 un pays qui contre vents et mar\u00e9es veut croire que les accords de paix puissent tenir. Venant d\u2019une jeune femme qui a d\u00fb vivre et survivre l\u2019assassinat de son propre p\u00e8re, ce souhait est on ne peut plus respectable et courageux.\u00a0 \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le jury officiel a voulu distinguer Genki Kawamura de la Coquille d\u2019argent de la meilleure r\u00e9alisation pour Hyakka\/A Hundred Flowers (Japon), tandis que le Prix du meilleur sc\u00e9nario est all\u00e9 \u00e0 Dong Yun Zhou et Wang Chao pour leur travail sur le film de ce dernier, Kong Xiu\/Une femme (Chine).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Venons donc \u00e0 ces deux \u0153uvres arriv\u00e9es d\u2019Extr\u00eame-Orient, qui mettent sur la sc\u00e8ne deux femmes, l\u2019une Japonaise, qui est prise dans le tourbillon provoqu\u00e9 par la maladie d\u2019Alzheimer, et l\u2019autre, Chinoise prise par les al\u00e9as de l\u2019histoire de son pays de la r\u00e9volution culturelle mao\u00efste jusqu\u2019aux r\u00e9formes de Deng Xiaoping. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le prix de la r\u00e9alisation d\u00e9montre que Genki Kawamura, producteur de titres fondamentaux de l\u2019animation japonaise contemporaine n\u2019a donc pas rat\u00e9 son passage au cin\u00e9ma, en chair et en os, en s\u2019inspirant \u00e0 l\u2019histoire de sa propre grand-m\u00e8re qui sombre dans la d\u00e9mence. Mieko Harada, prestigieuse actrice japonaise, ayant jadis tourn\u00e9 avec le l\u00e9gendaire Kurosawa, joue merveilleusement la grand-m\u00e8re du r\u00e9alisateur, une femme complexe et de fort caract\u00e8re qui d\u2019ailleurs avait abandonn\u00e9 la famille s\u2019\u00e9chappant avec un amant pendant une longue p\u00e9riode \u201csans jamais se repentir\u201d. Il serait banal de souligner que le film touche \u00e0 vif toute personne ayant connu les effets de l\u2019Alzheimer, \u201cce voleur de souvenirs\u201d comme l\u2019a d\u00e9crit Kawamura, sur des personnes proches et aim\u00e9es. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">D\u2019autre part, le film <em>Une femme<\/em> du r\u00e9alisateur chinois Wang Chao raconte l\u2019histoire d\u2019une fille d\u2019un cadre des chemins de fer, rel\u00e9gu\u00e9 par les ukases de la r\u00e9volution culturelle des ann\u00e9es\u00a060 en Chine \u00e0 une simple travailleuse dans une usine dans le fin fond de la province. La femme r\u00e9siste dans sa vie de m\u00e8re et d\u2019ouvri\u00e8re contre plusieurs abus machistes et souffre d\u2019autoritarisme au travail, pour apr\u00e8s trouver sa place au soleil de la soci\u00e9t\u00e9 chinoise comme \u00e9crivaine. En conf\u00e9rence de presse, le r\u00e9alisateur Wang Chao a admis que le film voulait saluer les r\u00e9formes de Deng Xiaoping qui ont permis la naissance de la Chine contemporaine. Mais ce personnage f\u00e9minin arrive au succ\u00e8s personnel comme l\u2019aurait fait une v\u00e9ritable h\u00e9ro\u00efne populaire issue de l\u2019id\u00e9al communiste de h\u00e9ros, sto\u00efques et stakhanovistes. Dans ce sens \u201cla femme\u201d de Wang Chao semble bien \u00eatre le symbole du grand pays asiatique, v\u00e9ritable Empire du milieu qui arrive \u00e0 g\u00e9rer succ\u00e8s capitaliste et mythologie mao\u00efste.\u00a0 \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actrice Carla Qu\u00edlez et Paul Kircher ont obtenu la Coquille d\u2019Argent ex aequo du meilleur r\u00f4le principal pour La Maternal (Espagne), de Pilar Palomero, et&nbsp;\u00bb Le lyc\u00e9en\/Winter Boy\u2019 (France), de Christophe Honor\u00e9, respectivement, tandis que Renata Lerman a remport\u00e9 la section&nbsp;\u00bb meilleur second r\u00f4le&nbsp;\u00bb pour El suplente (Argentine-Espagne-Italie-Mexique-France), de Diego Lerman. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une seconde constatation s\u2019impose&nbsp;: apr\u00e8s les femmes, c\u2019est les jeunes qui gagnent \u00e0 Saint-S\u00e9bastien. En fait, ce qui saut aux yeux est le jeune \u00e2ge des gagnants&nbsp;: 20&nbsp;ans le fran\u00e7ais Kircher et encore plus jeune l\u2019Espagnole Quilez. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Venons aux films&nbsp;: La Maternal est un regard courageux et sans complexes dans le monde des jeunes filles-m\u00e8res. Palomero, la r\u00e9alisatrice a soulign\u00e9 qu\u2019elle voulait rompre les tabous par rapport aux filles adolescentes tomb\u00e9es enceintes qui veulent devenir m\u00e8res malgr\u00e9 le jeune \u00e2ge. Le pari a r\u00e9ussi, le jury ayant prim\u00e9 dans la personne le Carla Quilez, la plus jeune gagnante d\u2019un prix dans les 70&nbsp;ann\u00e9es d\u2019histoire du festival. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le lyc\u00e9en de Christophe Honor\u00e9 est l\u2019histoire d\u2019un ado qui doit se confronter avec la mort de son p\u00e8re en un accident de voiture. Signalons tout de suite que le film Le lyc\u00e9en aussi met en sc\u00e8ne aussi Juliette Binoche dans le r\u00f4le de la m\u00e8re et la veuve, puisqu\u2019elle a gagn\u00e9 cette ann\u00e9e du Prix Donostia\/San Sebastian \u00e0 la carri\u00e8re artistique dont on parlera dans une prochaine chronique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le prix sp\u00e9cial du jury est all\u00e9 \u00e0 Runner, du nouveau venu Marian Mathias (\u00c9tats-Unis \u2014 Allemagne-France), \u00ab&nbsp;pour l\u2019ambition de son engagement narratif, pour son originalit\u00e9 et pour l\u2019intensit\u00e9 qui se d\u00e9gage de ce premier ouvrage&nbsp;\u00bb. Runner est un inspir\u00e9 au genre \u00ab&nbsp;road movie&nbsp;\u00bb o\u00f9 deux inconnus se rencontrent dans les grands espaces des \u00c9tats-Unis. Cette d\u00e9cision confirme que pour le meilleur et pour le pire le \u00ab&nbsp;big sky&nbsp;\u00bb country continue \u00e0 ensorceler les Europ\u00e9ens. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Argentin Manuel Abramovich, r\u00e9alisateur de Pornomelancol\u00eda (Argentine-France-Br\u00e9sil-Mexique), a remport\u00e9 le prix de la meilleure photographie pour son travail sur ce film. Pornom\u00e9lancolie\u2026 le film dont le titre est tout un programme raconte l\u2019histoire de Lalo, un \u00ab&nbsp;sex-influencer&nbsp;\u00bb\u2026 (sic), un acteur porno homosexuel mexicain. Qu\u2019un tel film ait pu gagner un prix pour la meilleure&#8230;. photographie interpelle et pour cela on reparlera de ce film de fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique dans une prochaine chronique. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons que le jury officiel qui a d\u00e9cern\u00e9 ces prix a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sid\u00e9 par le producteur Mat\u00edas Mosteir\u00edn et compl\u00e9t\u00e9 par Antoinette Boulat, Tea Lindeburg, Rosa Montero, Lemohang Jeremiah Mosese et Hlynur P\u00e1lmason.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le film de Laura Mora \u00a0Los reyes del mundo, a remport\u00e9 la Coquille d\u2019Or lors du 70e\u00a0Festival de San Sebastian. C\u2019est du film une premi\u00e8re constatation. 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