{"id":4166,"date":"2019-10-01T08:19:45","date_gmt":"2019-10-01T06:19:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=4166"},"modified":"2024-03-23T13:05:56","modified_gmt":"2024-03-23T11:05:56","slug":"festival-saint-sebastien-les-femmes-et-les-favelas-a-lhonneur","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/festival-saint-sebastien-les-femmes-et-les-favelas-a-lhonneur\/","title":{"rendered":"Festival Saint-S\u00e9bastien : les femmes  et les favelas \u00e0 l\u2019honneur"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-1024x768.jpg\" alt=\"\" data-id=\"4167\" data-link=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?attachment_id=4167\" class=\"wp-image-4167\" srcset=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-768x576.jpg 768w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-560x420.jpg 560w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-260x195.jpg 260w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/20190928_222803-160x120.jpg 160w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Par <strong>Robert Scarcia<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le film br\u00e9silien<em> Pacificado<\/em> a \u00a0remport\u00e9 \u00a0la Coquille d&rsquo;or du meilleur film de la 67e \u00a0\u00e9dition du Festival International du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien. L&rsquo;histoire raconte l&rsquo;amiti\u00e9 entre un adolescent et un trafiquant, tout juste sorti de prison. <em>Pacificado<\/em> est la seconde oeuvre de Paxton Winters, r\u00e9alisateur am\u00e9ricain r\u00e9sidant au Br\u00e9sil et le film est un hommage au <em>Morro du Prazeres<\/em>, une favela de Rio de Janeiro et aux personnes qui l&rsquo;habitent. Le film\u00a0 rafle \u00e9galement le prix de la meilleure cin\u00e9matographie et du meilleur r\u00f4le masculin, obtenu par Bukassa Kabengele. Le message d&rsquo;espoir dans un monde de violence et d\u00e9sespoir est clair et parle \u00e0 tous les latino-am\u00e9ricains r\u00e9unis dans la ville basque. Impossible de critiquer les bonnes intentions et le courage de l&rsquo;\u00e9quipe si l&rsquo;on tient en compte le contexte et la difficult\u00e9 du tournage qui s&rsquo;est trouv\u00e9 d&rsquo;ailleurs parfois entre le tir crois\u00e9 des bandes criminelles r\u00e9gnant dans le quartier. <\/p>\n\n\n\n<p>Le prix sp\u00e9cial du jury est all\u00e9 \u00e0 <em>Proxima<\/em>, une \u0153uvre franco-allemande r\u00e9alis\u00e9 par la fran\u00e7aise Alice Winocour  qui porte un  regard in\u00e9dit sur le monde des astronautes au f\u00e9minin. Une femme astronaute tiraill\u00e9e entre sa passion du travail et ses responsabilit\u00e9s de m\u00e8re. Tourn\u00e9 dans plusieurs &nbsp;pays, allant de la Russie &nbsp;au Kazakhstan, Winocour a voulu que son film soit un hommage \u00e0 la recherche spatiale europ\u00e9enne et aux femmes qui se battent pour leur juste place dans des professions encore majoritairement masculines. <\/p>\n\n\n\n<p>Le prix pour le meilleur r\u00e9alisateur et la meilleure mise en sc\u00e8ne sont all\u00e9s \u00e0 un film \u00ab\u00a0basco-andalou\u00a0\u00bb, <em>La Trinchera infinita<\/em>, (La Tranch\u00e9e infinie), r\u00e9alis\u00e9 par l&rsquo;\u00e9quipe basque de Aitor Arregi, Jon Garano et Jose Mari Goenaga. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;histoire d&rsquo;un \u00ab\u00a0topo\u00a0\u00bb, une taupe, mot qui en langue espagnole se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ceux qui se cachaient pendant et apr\u00e8s la guerre civile. Dans un village sans v\u00e9ritable identit\u00e9, une esp\u00e8ce de <em>Macondo <\/em>(comme dirait Gabriel Garcia Marquez) d&rsquo;Andalousie, le protagoniste, interpr\u00e9t\u00e9 par le populaire acteur espagnol Antonio De La Torre se cache en 1936 et sort de sa planque apr\u00e8s 33 ann\u00e9es de vie cach\u00e9e. les r\u00e9alisateurs &nbsp;d\u00e9dient ce film \u00e0 toute les personnes qui pour raisons diff\u00e9rents ont peur dans une \u00e9poque comme la n\u00f4tre\u00a0\u00bb et pleine d&rsquo;incertitude. <\/p>\n\n\n\n<p>Le prix de la meilleure interpr\u00e9tation f\u00e9minine est all\u00e9 ex-aequo \u00e0 l&rsquo;espagnole Greta Fernandez, la protagoniste de La fille du voleur (voire chronique pr\u00e9c\u00e9dente) et \u00e0 la norv\u00e9gienne Nina Hoss, l&rsquo;interpr\u00e8te de la prof de violon du film <em>The Audition<\/em>, (l&rsquo;audition). Le film r\u00e9alis\u00e9 par la berlinoise Ina Weisse raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme obs\u00e9d\u00e9e par le talent de l&rsquo;un de ses \u00e9l\u00e8ves et termine par se concentrer sur ce dernier plus que sur sa propre famille. <\/p>\n\n\n\n<p>Une constatation s&rsquo;impose: le cin\u00e9ma tourne au f\u00e9minin. Si nous consid\u00e9rons les th\u00e9matiques des films prim\u00e9s, la astronaute de <em>Proxima<\/em> de la fran\u00e7aise Winocour, la violoniste de \u00ab\u00a0L&rsquo;audition\u00a0\u00bb de l&rsquo;allemande Weisse, la jeune femme de m\u00e9nage de \u00ab\u00a0La fille du voleur\u00a0\u00bb de l&rsquo;espagnole Bel\u00e9n Funes et le r\u00f4le fondamentale de la femme de l&rsquo;homme cach\u00e9 en Espagne pendant 33 ans, interpr\u00e9t\u00e9 par Bel\u00e9n Cuesta, on voit que le seul fil en commun entre ces caract\u00e8res est d&rsquo;\u00eatre des femmes, au-del\u00e0 de la langue, la culture, la classe sociale et l&rsquo;espace o\u00f9 elles \u0153uvrent qui diff\u00e8re radicalement. Il ne s&rsquo;agit pas ici de donner un jugement de valeur, mais de souligner que le cin\u00e9ma nous donne un portrait d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les femmes prennent une place de plus en plus important. <\/p>\n\n\n\n<p>Reste \u00e0 comprendre ce qui\nrestera des hommes&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Suivant le fil de cette question, un film russe qui n&rsquo;\u00e9tait pas en comp\u00e9tition, mais qui avait d\u00e9j\u00e0 fait ses \u00e9preuves au Festival de Cannes en gagnant le prix du meilleur r\u00e9alisateur dans la section \u00ab\u00a0un certain regard\u00a0\u00bb, nous donne une indication inqui\u00e9tante. Il s&rsquo;agit de <em>Beanpole<\/em> (une femme de tr\u00e8s grande taille) d&rsquo;un jeune r\u00e9alisateur homme et russe, Kantemir Balagov. Sans d\u00e9voiler l&rsquo;histoire pleine de m\u00e9taphores \u00e9loquentes et qui se joue dans la d\u00e9vastation de la ville de Leningrad du premier automne apr\u00e8s la guerre, nous nous limitons \u00e0 remarquer le r\u00f4le des trois personnages masculins de ce film, dont on le souligne, le r\u00e9alisateur est un homme: un h\u00e9ros de guerre bless\u00e9 qui veut mourir et obtiendra son euthanasie, le colonel m\u00e9decin, chef de l&rsquo;h\u00f4pital de camp qu&rsquo;on pourrait d\u00e9finir un \u00ab\u00a0donneur de sperme\u00a0\u00bb, puisque on lui exige qu&rsquo;il fasse sa part physiologiquement n\u00e9cessaire pour mettre au monde un enfant, et le jeune fils de la haute bureaucratie du Parti, qui ne pense qu&rsquo;a baiser&#8230;. Tout est dit: pas de place pour l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme masculin, reste de de la place pour la n\u00e9cessaire fonction de reproducteur de l&rsquo;esp\u00e8ce ou pour faire le pitre en courant les jupons.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;On est mal barr\u00e9s&#8230; les gars&nbsp;! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Robert Scarcia Le film br\u00e9silien Pacificado a \u00a0remport\u00e9 \u00a0la Coquille d&rsquo;or du meilleur film de la 67e \u00a0\u00e9dition du Festival International du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien. 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