{"id":272,"date":"2005-05-25T18:23:18","date_gmt":"2005-05-25T16:23:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=272"},"modified":"2024-03-23T13:16:05","modified_gmt":"2024-03-23T11:16:05","slug":"bernard-hreglich-1943-1996-singulier-et-flamboyant","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/bernard-hreglich-1943-1996-singulier-et-flamboyant\/","title":{"rendered":"Bernard Hreglich ( 1943-1996 ) : singulier et flamboyant"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/spip.php?auteur42\">Max Alhau<\/a><\/p>\n<div>\n<p>Bernard Hreglich fut un po\u00e8te singulier qui, malgr\u00e9 la souffrance, la maladie, sut faire triompher les pouvoirs de l\u2019\u00e9criture, de la po\u00e9sie. Il fut surtout un po\u00e8te discret qui ne chercha jamais \u00e0 publier tr\u00e8s t\u00f4t.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>C\u2019est en 1977, alors qu\u2019il a trente-quatre ans, que para\u00eet\u00a0<em>Droit d\u2019absence<\/em> qui vaut \u00e0 son auteur le prix<em> Max Jacob<\/em>. En 1986, il obtient le prix\u00a0<em>Jean Malrieu<\/em> avec\u00a0<em>Ma\u00eetre visage<\/em>. D\u00e9j\u00e0 sa sant\u00e9 s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e et la scl\u00e9rose en plaques dont il est atteint l\u2019immobilise peu \u00e0 peu. Toutefois l\u2019\u00e9criture constitue pour lui son seul recours, son unique moyen de survie. Exigeant, Bernard Hreglich ne cesse de corriger ses po\u00e8mes qu\u2019il ne tient pas \u00e0 livrer \u00e0 la publication. Il est gravement malade lorsqu\u2019il adresse \u00e0 Gallimard un manuscrit\u00a0:\u00a0<em>Un ciel \u00e9l\u00e9mentaire<\/em>, qui sera publi\u00e9 en 1994 et obtiendra le prix Mallarm\u00e9.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la souffrance, il se d\u00e9cide \u00e0 pr\u00e9parer un autre livre, ce sera Autant dire jamais qui sortira chez le m\u00eame \u00e9diteur sans que son auteur ait eu la joie de le voir. Bernard Hreglich dispara\u00eet en ao\u00fbt 1996. Gr\u00e2ce aux soins de son ami Fran\u00e7ois de Boisseuil, les derniers textes \u00e9crits en juin 1996, alors qu\u2019il est hospitalis\u00e9, seront publi\u00e9s chez un \u00e9diteur-imprimeur \u00e0 l\u2019enseigne des presses du sergent Fulbert \u00e0 Cl\u00e9ry pr\u00e8s d\u2019Orl\u00e9ans. Plus rien d\u2019autre n\u2019a vu le jour depuis. D\u00e8s\u00a0<em>Droit d\u2019absence<\/em> s\u2019affirme la ma\u00eetrise d\u2019une \u00e9criture particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9cart des courants \u00e0 la mode. En partie compos\u00e9 de po\u00e8mes de jeunesse (il avait une vingtaine d\u2019ann\u00e9es), ce recueil met en place les premiers fondements de la qu\u00eate intellectuelle et po\u00e9tique de Bernard Hreglich. Certes, cette po\u00e9sie peut d\u00e9concerter\u00a0: l\u2019\u00e9criture concr\u00e8te, \u00e9l\u00e9gante s\u2019affirme par le go\u00fbt pour les alliances insolites, pour les m\u00e9taphores parfois \u00e9nigmatiques. Dans ce livre, Bernard Hreglich parle discr\u00e8tement de lui et du monde, de notre monde sur lequel il n\u2019entretient nulle illusion mais qu\u2019il approuve sans retenue parce qu\u2019il le sait source de po\u00e9sie, lieu d\u2019enracinement \u00e0 partir duquel il s\u2019interroge. Ce qu\u2019il souligne, c\u2019est sa volont\u00e9 de prendre ses distances avec son pass\u00e9 parce que l\u2019instant lui permet de transformer la r\u00e9alit\u00e9, de l\u2019adapter au gr\u00e9 de son regard qui se m\u00e9tamorphose par le biais des mots\u00a0: \u00ab\u00a0au fil des ans je ne prends plus la peine de revoir ce vieux film cribl\u00e9 de taches d\u2019encre qui est mon histoire\u00a0: toujours la m\u00eame histoire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce que contemple Bernard Hreglich lui permet de dresser un tableau dans lequel il souligne la cruaut\u00e9 d\u2019un univers fait par l\u2019homme et dress\u00e9 contre lui. Aussi est-ce comme un d\u00e9sir de fuite qu\u2019il exprime parfois, comme si dans l\u2019\u00e9loignement il \u00e9chappait \u00e0 l\u2019inhumanit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dont il est toutefois un des spectateurs curieux\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai un r\u00e9el besoin de fuite. Toutes ces bouches qui me rongent et ces visages dont la couleur se fige \u00e0 la premi\u00e8re insulte du ciel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De m\u00eame si l\u2019\u00e9criture demeure sa seule pr\u00e9occupation parce qu\u2019elle seule lui permet de conqu\u00e9rir la r\u00e9alit\u00e9, de se l\u2019approprier sous une forme diff\u00e9rente, il confesse parfois son d\u00e9sir de s\u2019en remettre au silence\u00a0: \u00ab\u00a0Je dis qu\u2019il faut atteindre le silence comme une halte n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de toute r\u00e9volte.\u00a0\u00bb Mais ce livre singulier, comme le seront les suivants, affirme avant tout le plaisir que porte Bernard Hreglich au monde, \u00e0 la po\u00e9sie dont il devine qu\u2019elle constitue son unique moyen d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent parmi les hommes, de faire voisiner r\u00e9alit\u00e9 et imaginaire, de les confondre en un m\u00eame mouvement.<\/p>\n<p>Avec\u00a0<em>Ma\u00eetre visage<\/em> est confirm\u00e9e une po\u00e9sie tout aussi foisonnante, peut-\u00eatre aussi d\u00e9concertante, qui s\u2019appuie sur la r\u00e9alit\u00e9 mais ne s\u2019en tient pas l\u00e0 et s\u2019ouvre sur l\u2019irr\u00e9el, presque visionnaire, faisant alterner go\u00fbt pour la pr\u00e9cision concr\u00e8te et puissance de l\u2019imagination. Dans cette alternative on note l\u2019attirance de Bernard Hreglich pour les paysages terrestres dont il souligne la beaut\u00e9 accentu\u00e9e par les mots, par une \u00e9criture fluide qui ne cesse de charmer. Pourtant l\u00e0 n\u2019est pas la seule pr\u00e9occupation du po\u00e8te qui, dans une seconde partie, c\u00e9l\u00e8bre la femme, lumineuse et s\u2019int\u00e9grant dans son paysage mental et physique\u00a0:\u00a0<em>Troublante avec ta masse a\u00e9rienne de larmes comme une m\u00e9moire dont tu d\u00e9chires tous les tissus pour mieux dire aujourd\u2019hui des mots qui sont mes f\u00eates. Je n\u2019ai jamais trouv\u00e9 en toi que bonne terre.<\/em><\/p>\n<p>On ne saurait toutefois terminer cette br\u00e8ve analyse de Ma\u00eetre visage sans remarquer une unit\u00e9 fondamentale, propre \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre\u00a0: celle d\u2019une solitude contrainte, \u00e0 peine exprim\u00e9e, en correspondance avec le monde dont Bernard Hreglich ne se s\u00e9pare jamais et qui constitue la mati\u00e8re de sa po\u00e9sie.<\/p>\n<p>Dans\u00a0<em>Un ciel \u00e9l\u00e9mentaire<\/em>, Bernard Hreglich livre sans doute ce qu\u2019il a de meilleur et qui sera suivi par\u00a0<em>Autant dire jamais<\/em>. L\u2019\u00e9criture se fait plus dense, plus flamboyante dans son lyrisme, le vers ample permet \u00e0 la pens\u00e9e, aux images de se dilater, d\u2019affluer \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un cours d\u2019eau grossi par les pluies d\u2019orage. L\u2019aspect baroque de la po\u00e9sie de Bernard Hreglich prend toute sa force d\u00e9routante et ce qui transparaissait dans ses pr\u00e9c\u00e9dents recueils s\u2019affirme ici plus nettement. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, le regard port\u00e9 sur le monde se pose sur la Serbie, la Croatie, alors en guerre, et les \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulent sont transform\u00e9s par les mots, par une po\u00e9sie qui conjugue fiction et r\u00e9alit\u00e9\u00a0:\u00a0<em>Complice d\u00e9sormais d\u2019une \u0153uvre ironique, tu frissonnes S\u2019il est question du ma\u00eetre Serbe et du valet Croate Isol\u00e9s dans leur monologue Et des larmes de Sarajevo.<\/em><\/p>\n<p>La vision d\u2019un monde cruel qui \u00e9tait soulign\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment est confirm\u00e9e ici d\u2019une fa\u00e7on plus forte. La critique de notre \u00e9poque, les sarcasmes qui lui sont adress\u00e9s ne cessent d\u2019abonder\u00a0: la propension \u00e0 la rapine, \u00e0 la violence sont d\u00e9nonc\u00e9es avec vigueur sans que l\u2019\u00e9criture ne perde de son \u00e9l\u00e9gance, de sa hauteur. Elle est l\u2019instrument qui permet au po\u00e8te de se livrer \u00e0 ce travail de d\u00e9nonciation\u00a0:\u00a0<em>Trop de ladres scindent le monde qui surveillent les graphiques<\/em><\/p>\n<p>D\u2019un si\u00e8cle aux \u00e9pisodes carnassiers dont nous savons Qu\u2019il d\u00e9sappointe les bergers, les Bochimans, les Tsiganes Avant de donner le sein aux corporations triviales. N\u00e9anmoins cette appr\u00e9hension du monde n\u2019emp\u00eache pas Bernard Hreglich de faire allusion \u00e0 son destin personnel, d\u2019affirmer pudiquement ses souffrances \u00e0 peine voil\u00e9es par une expression privil\u00e9giant l\u2019inattendu, la singularit\u00e9. La lassitude, la solitude transparaissent au hasard des po\u00e8mes qui sont comme autant d\u2019histoires confi\u00e9es au lecteur. D\u00e8s lors abondent de nombreux tableaux qui mettent en sc\u00e8ne la femme sur laquelle le regard de Bernard Hreglich se pose, lucide et cruel. Il d\u00e9nonce cette fois son insensibilit\u00e9, sa perfidie\u00a0: autant qu\u2019il d\u00e9clare son amour pour elle. Ces revendications, ces constantes reviennent r\u00e9guli\u00e8rement, constituant un th\u00e8me obs\u00e9dant. Cependant ce qui l\u2019emporte dans ces po\u00e8mes c\u2019est la foi entretenue dans l\u2019\u00e9criture, puissance supr\u00eame, alors que le po\u00e8te se m\u00e9fie d\u2019elle et souligne de nouveau la tentation que lui offre le silence<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On laisse dans l\u2019\u00e9criture venir fleuves et chim\u00e8res Et bient\u00f4t des formes oblongues ne se nommant pas\u00a0; On per\u00e7oit dans la parole des sonorit\u00e9s arbitraires qui pers\u00e9cutent\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le sens, qui durcissent le r\u00e9gime d\u2019une langue inaccessible A l\u2019esp\u00e8ce la plus commune qui trouble les desseins Par corruption des cadences et glissements s\u00e9mantiques Jusqu\u2019au jour o\u00f9 le plus simple est de parler avec ses mains.<\/p>\n<p>Avec ce livre, Bernard Hreglich s\u2019efforce, dans une tentative irr\u00e9alisable, de saigner \u00e0 blanc la r\u00e9alit\u00e9 pour lui en substituer une autre, au moyens des mots pass\u00e9s au crible, sans cesse malax\u00e9s comme il en serait de couleurs broy\u00e9es sur la palette. D\u2019Un ciel \u00e9l\u00e9mentaire, Charles Dobzynski a dit dans\u00a0<em>Europe<\/em> : \u00a0\u00bb Toute l\u2019ambition, tout le bonheur d\u2019\u00e9criture de Bernard Hreglich tiennent peut-\u00eatre \u00e0 cela\u00a0: le choix, contre l\u2019usage, d\u2019une langue rebelle qu\u2019il porte jusqu\u2019au bout de son dessin, de sa combustion. \u00a0\u00bb C\u2019est bien par la po\u00e9sie que br\u00fblait Bernard Hreglich et elle l\u2019a port\u00e9 jusqu\u2019au terme de son existence, une po\u00e9sie qui s\u2019est poursuivie avec\u00a0<em>Autant dire jamais<\/em> et d\u2019autres textes in\u00e9dits, t\u00e9moignages d\u2019une vie d\u00e9vast\u00e9e par la\u00a0souffrance et sublim\u00e9e par le regard qu\u2019il portait sur un monde dont il ne s\u2019\u00e9tait jamais retranch\u00e9.\u00a0<em>Autant dire jamais<\/em> prolonge le recueil pr\u00e9c\u00e9dent en ce sens que l\u2019on remarque la m\u00eame \u00e9l\u00e9gance de style, un foisonnement semblable, mais le ton se fait plus poignant, la souffrance est masqu\u00e9e, m\u00eame si l\u2019on per\u00e7oit au travers des mots poindre la douleur. Le m\u00eame regard ironique et critique est port\u00e9 sur notre soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle le po\u00e8te ne fait pas gr\u00e2ce et qui avive son d\u00e9sir de fuite, son souhait de retrouver un pass\u00e9 baroque\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Face \u00e0 tant de prosa\u00efsme je voudrais me r\u00e9fugier Dans un plafond id\u00e9al, peupl\u00e9 de charmes, de d\u00e9esses Selon les go\u00fbts du si\u00e8cle seize.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs cette \u00e9poque si ti\u00e8de n\u2019en est pas moins cruelle et Bernard Hreglich rappelle plus fortement la pr\u00e9sence de la guerre en Bosnie, se souvenant que ses anc\u00eatres \u00e9taient originaires de cette partie de l\u2019Europe\u00a0: \u00ab\u00a0Mes anciens furent des aventuriers, des naufrageurs, des re\u00eetres, D\u2019imp\u00e9nitents rapaces. Des Slaves ayant franchi les Colonnes D\u2019Hercule sans grands soucis. Ce que chacun ignore.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais les rappels d\u2019une origine \u00e9trang\u00e8re ne permettent pas de ne pas pr\u00eater attention au po\u00e8te, \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9voque de lui-m\u00eame. L\u2019\u00e9criture exub\u00e9rante n\u2019occulte pas les fragments de son existence qu\u2019il livre au lecteur, transform\u00e9s par les mots, par le regard qu\u2019il prom\u00e8ne sur lui et tout autour de lui\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Douleur qui vient, sombres secrets, \u0153uvres de pierres\u00a0; Avant le deuil il y avait mille collines et des enfants Pour chasser ce vieux chagrin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est alors que survient la tentation de regarder pr\u00e9cis\u00e9ment autour de soi, de s\u2019int\u00e9resser au monde de l\u2019enfance qui, comme celui de la po\u00e9sie, est source d\u2019espoir. Car m\u00eame si la solitude, la souffrance sont le lot quotidien de Bernard Hreglich, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il ne manifestera pas la moindre amertume envers ce monde. Aussi l\u2019\u00e9merveillement chasse-t-il la douleur, au m\u00eame titre que la po\u00e9sie exaltant la flamme qui l\u2019anime avec une vigueur sans pareille. On constate ainsi dans cette \u0153uvre un perp\u00e9tuel balancement entre les forces mal\u00e9fiques que v\u00e9hicule notre soci\u00e9t\u00e9 et les autres, plus stimulantes, celles de l\u2019enfance, de l\u2019espoir, de la tendresse, du langage exalt\u00e9 par un po\u00e8te au verbe somptueux.<\/p>\n<p>Dans\u00a0<em>Proses, recueil posthume<\/em>, pour la premi\u00e8re fois Bernard Hreglich recourt au po\u00e8me en prose avec la m\u00eame expression \u00e9l\u00e9gante dans sa perfection. La manifestation de la souffrance, l\u2019approche de la mort sont traduites dans ces textes alors qu\u2019il se fond dans l\u2019\u00e9criture devenue pour lui un autre corps. Il n\u2019\u00e9lude plus l\u2019absence proche et trouve pour l\u2019exprimer des formules lapidaires percutantes\u00a0: \u00a0\u00bb Je n\u2019ai pas d\u00e9sign\u00e9 celle qui vient, porteuse de cendre et de poudre. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aussi l\u2019avenir repr\u00e9sente-t-il pour lui ce point invisible vers lequel il se dirige, conduit par une main inconnue. Il semble alors se d\u00e9tacher du monde, tout en affirmant avec force son insoumission et en clamant sa confiance dans le livre, t\u00e9moin des civilisations pass\u00e9es\u00a0: \u00a0\u00bb Je n\u2019ai dans ma sauvagerie rien perdu de ces mani\u00e8res frivoles qui circulent de si\u00e8cles en si\u00e8cles entre les feuilles d\u2019un volume d\u00e9chir\u00e9. \u00a0\u00bb Jusqu\u2019au bout Bernard Hreglich se maintiendra \u00e0 la hauteur de la po\u00e9sie dont on peut affirmer qu\u2019elle aura \u00e9t\u00e9 pour lui un instrument essentiel pour interroger le monde, le d\u00e9couvrir dans sa beaut\u00e9 magnifi\u00e9e par le regard et le d\u00e9sir toujours en \u00e9veil d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler les infinies possibilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette \u0153uvre, si mince soit-elle, aura marqu\u00e9 fortement la po\u00e9sie fran\u00e7aise de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. La critique, les lecteurs l\u2019ont reconnu \u00e0 juste titre. Il serait bon qu\u2019on en prenne de nouveau connaissance avec un esprit de curiosit\u00e9, celui qu\u2019eut toujours Bernard Hreglich envers les autres. On d\u00e9couvrira, par le biais d\u2019une \u00e9criture exigeante qui fut toujours la sienne, une po\u00e9sie lyrique d\u2019une richesse infinie. Comme tout po\u00e8te authentique Bernard Hreglich eut pour projet d\u2019appr\u00e9hender le monde, de le transcrire pour lui accorder toute sa singularit\u00e9. Ce po\u00e8te souffrant dans son corps nous donne une le\u00e7on d\u2019humanit\u00e9, de courage, d\u00e9livre un message d\u2019espoir par le biais d\u2019un regard toujours en attente de surprises. Ses d\u00e9couvertes exprim\u00e9es au long de ses livres sont aussi les n\u00f4tres.<\/p>\n<p><em>Ce texte \u00e0 \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 dans la revue \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui Po\u00e8me\u00a0\u00bb en juin 2004.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Max Alhau Bernard Hreglich fut un po\u00e8te singulier qui, malgr\u00e9 la souffrance, la maladie, sut faire triompher les pouvoirs de l\u2019\u00e9criture, de la po\u00e9sie. 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