{"id":250,"date":"2007-09-26T17:37:49","date_gmt":"2007-09-26T15:37:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=250"},"modified":"2014-05-05T15:09:13","modified_gmt":"2014-05-05T13:09:13","slug":"quand-la-guerre-dirak-devient-un-genre-cinematographique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/quand-la-guerre-dirak-devient-un-genre-cinematographique\/","title":{"rendered":"Quand la guerre d&rsquo;Irak devient un genre cin\u00e9matographique"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_251\" style=\"width: 135px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/La-bataille-d_Irak.jpg\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-251\" class=\"size-full wp-image-251\" title=\"La-bataille-d_Irak\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/La-bataille-d_Irak.jpg\" alt=\"\" width=\"125\" height=\"98\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-251\" class=\"wp-caption-text\">La bataille d&rsquo;Irak<\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p>On dit souvent que la culture populaire am\u00e9ricaine est fascin\u00e9e par la guerre.\u00a0Les Westerns et les films sur le Vietnam sembleraient confirmer ce qui est devenu un genre cin\u00e9matographique en soi. Le Festival International du Cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette r\u00e8gle nouvelle mais cette fois c\u2019est la guerre d\u2019Irak qui est le protagoniste ou toile de fond de ce genre de film. Les deux films que nous pr\u00e9sentons ont comme d\u00e9nominateur commun les d\u00e9g\u00e2ts faits par la violence de la guerre sur les personnes et les soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p>L\u2019un et l\u2019autre s\u2019appuient sur des faits r\u00e9els. Le premier est \u00ab\u00a0<em>la bataille de Haditha\u00a0\u00bb<\/em> du britannique Nick Broomfield. Il est tourn\u00e9 comme un documentaire. Le 19 de novembre de 2005, assoiff\u00e9s de vengeance pour la perte d`un des leurs, un peloton de Marines se venge assassinant 24 personnes dans la ville de Haditha. Les soldats, tous tr\u00e8s jeunes, apparaissent comme un m\u00e9lange de barbares violents et sanguinaires et des victimes de l`incomp\u00e9tence de leurs sup\u00e9rieurs civils et militaires qui les ont envoy\u00e9s dans un tel enfer. Broomfield a r\u00e9alis\u00e9 ce documentaire-fiction apr\u00e8s avoir interview\u00e9 des Marines qui ont effectivement particip\u00e9 au massacre qui a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 \u00ab\u00a0le My Lai\u00a0\u00bb iraquien. Le film r\u00e9ussit \u00e0 atteindre un double objectif\u00a0: d`une part la d\u00e9nonciation de la guerre et de l\u2019autre l\u2019explication politique du fiasco am\u00e9ricain en Irak. Le message politique de Broomfield est clair\u00a0: \u00e0 cause de leur incomp\u00e9tence et de leur manque de pr\u00e9paration culturelle, les Am\u00e9ricains ont permis aux insurg\u00e9s de rallier la population iraquienne de leur cot\u00e9. Le vieux sch\u00e9ma de la gu\u00e9rilla\u00a0: attaquer pour provoquer des r\u00e9actions de violence d\u00e9mesur\u00e9e a abouti avec une funeste efficacit\u00e9 \u00e0 Haditha. Cette ville est une m\u00e9taphore pour l\u2019Irak entier. Les images sont crues et r\u00e9alistes, typiques d\u2019un m\u00e9lange d\u2019une docu-fiction sur la guerre et le documentaire.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dans la vall\u00e9e d`Elah\u00a0\u00bb,<\/em> un film hors comp\u00e9tition, d\u00e9coule aussi de faits r\u00e9els. Dirig\u00e9 par Paul Haggis, ce film d\u00e9ploie les talents d\u2019acteurs chevronn\u00e9s tels Tommy Lee Jones et Susan Sarandon. Derri\u00e8re l`histoire d`un p\u00e8re, interpr\u00e9t\u00e9 par Lee Jones, ancien militaire qui cherche les raisons de l`assassinat de son fils au retour d`Irak, il y a une forte critique de la culture et de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine qui est en train de devenir le contraire de ce qu\u2019elle pr\u00e9tend \u00eatre. \u00ab\u00a0On ne tue pas un homme avec qui tu as partag\u00e9 le combat contre l`ennemi\u00a0\u00bb disait le p\u00e8re v\u00e9t\u00e9ran du Vietnam lorsqu\u2019il cherchait les raisons et les coupables du crime contre son fils. Il se trompait. On d\u00e9couvrira, partageant le m\u00eame horreur du p\u00e8re, que les assassins du jeune militaire sont ses m\u00eames compagnons d`armes&#8230; Quelque chose de profond a chang\u00e9 dans la \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb de ses soldats, quelque chose qui devrait faire penser l\u2019Am\u00e9rique. Jusqu\u2019\u00e0 la fin le message du film reste ouvert \u00e0 des interpr\u00e9tations mais tout bascule dans les ultimes minutes du film. La sc\u00e8ne finale est \u00e9loquente dans le silence des gestes le protagoniste hisse le drapeau \u00e9toil\u00e9e \u00e0 l`envers&#8230;un symbole qui veut dire le d\u00e9sastre, \u00e0 savoir que tout est \u00e0 l\u2019envers de ce que justice et morale exigent. Il est impossible de ne pas y voir un clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019 American Indian Mouvement, mouvement d\u2019\u00e9mancipation des Indiens des r\u00e9serves des ann\u00e9es 70, et f\u00e9rocement r\u00e9prim\u00e9. Ce mouvement avait lanc\u00e9 le drapeau am\u00e9ricain \u00e0 l`envers pour d\u00e9noncer la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence sociale et morale du pays \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs communaut\u00e9s. Dans la description du marasme violent et hypocrite du documentaire de Broomfield, les Etats-Unis perdent et la politique en plus de la bataille morale, dans le film de Haggis, ils perdent leur \u00e2me.<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On dit souvent que la culture populaire am\u00e9ricaine est fascin\u00e9e par la guerre.\u00a0Les Westerns et les films sur le Vietnam sembleraient confirmer ce qui est devenu un genre cin\u00e9matographique en&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/quand-la-guerre-dirak-devient-un-genre-cinematographique\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[59],"class_list":["post-250","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema-critique","tag-festival-de-saint-sebastien-cinema-americian"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/250","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=250"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/250\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}