{"id":244,"date":"2008-10-07T17:25:02","date_gmt":"2008-10-07T15:25:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=244"},"modified":"2014-05-05T15:03:55","modified_gmt":"2014-05-05T13:03:55","slug":"les-%c2%ab-dieux-%c2%bb-du-perou-et-le-pouvoir-metis-de-la-gastronomie-couronnes-au-festival-de-biarritz","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/les-%c2%ab-dieux-%c2%bb-du-perou-et-le-pouvoir-metis-de-la-gastronomie-couronnes-au-festival-de-biarritz\/","title":{"rendered":"Les \u00ab Dieux \u00bb du P\u00e9rou et le pouvoir m\u00e9tis de la gastronomie, couronn\u00e9s au festival de Biarritz"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<div id=\"attachment_248\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/ZP_Lemon_Tree.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-248\" class=\"size-medium wp-image-248\" title=\"ZP_Lemon_Tree\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/ZP_Lemon_Tree-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-248\" class=\"wp-caption-text\">Le citronnier<\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p>La 17e \u00e9dition du Festival de Biarritz du cin\u00e9ma et des cultures d\u2019Am\u00e9rique latine distingue \u00ab\u00a0Les dieux\u00a0\u00bb du p\u00e9ruvien Josu\u00e9 M\u00e9ndez.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p>Le jury, pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019actrice Elsa Zylberstein et compos\u00e9 par l\u2019\u00e9crivain Antonio Sk\u00e1rmeta, de Safy Nebbou, Guillaume Laurant, Jean-Claude Lamy et No\u00eblle Deschamps a d\u00e9cern\u00e9 le prix du meilleur long-m\u00e9trage \u00e0\u00a0<em>\u00ab\u00a0Dioses<\/em> \u00bb, r\u00e9alis\u00e9 par Josu\u00e9 M\u00e9ndez. \u00a0Les \u00ab\u00a0Dieux\u00a0\u00bb, protagonistes du film de M\u00e9ndez, sont les familles de la classe dominante du P\u00e9rou. Le film raconte une histoire sordide o\u00f9 se m\u00ealent inceste, hypocrisie et pouvoir. Le r\u00e9alisateur conna\u00eet son sujet par c\u0153ur puisqu\u2019il a \u00e9tudi\u00e9 dans un coll\u00e8ge de Lima avec les fils de cette haute bourgeoisie qui repr\u00e9sentent 0,01% de la population de son pays. \u00ab\u00a0En les c\u00f4toyant, dit-il, j\u2019ai souvent ressenti de l\u2019\u00e9coeurement pour la prison dor\u00e9 dans laquelle ils s\u2019\u00e9taient enferm\u00e9s afin de d\u00e9fendre la p\u00e9rennit\u00e9 de leur caste et pour que rien ne change au P\u00e9rou\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9coeurement dont parle le r\u00e9alisateur est perceptible \u00e0 l\u2019\u00e9cran \u00e0 travers une autre langue que l\u2019espagnol, c\u2019est la langue des bonnes, des domestiques qui s\u2019expriment en langue quechua, la langue des anciens Incas et du P\u00e9rou traditionnel et profond. Josu\u00e9 M\u00e9ndez nous sugg\u00e8re ainsi que la conscience du P\u00e9rou, l\u2019espoir de changement, se trouvent d\u00e9sormais de ce c\u00f4t\u00e9 -l\u00e0 du pays r\u00e9el et non plus dans le monde herm\u00e9tique et hypocrite des h\u00e9ritiers blancs de la puissance coloniale.<\/p>\n<p>Le Prix sp\u00e9cial du Jury, la \u00ab\u00a0m\u00e9daille d\u2019argent\u00a0\u00bb de la comp\u00e9tition est all\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0<em>Est\u00f4mago<\/em> \u00bb (Estomac), film co-produit par le Br\u00e9sil et l\u2019Italie et \u0153uvre du br\u00e9silien Marcos Jorge. Le r\u00e9alisateur a fait un choix original\u00a0: la cuisine comme m\u00e9taphore des rapports de force et de pouvoir entre les hommes. Le film raconte l\u2019histoire d\u2019un pauvre br\u00e9silien dot\u00e9 d\u2019un don inn\u00e9 pour la cuisine et qui apprend le m\u00e9tier chez le propri\u00e9taire d\u2019un restaurant italien hupp\u00e9. Suite \u00e0 un crime passionnel, le protagoniste se retrouve en prison o\u00f9 il reprend du service aupr\u00e8s d\u2019un ca\u00efd. Le rapprochement de la cuisine et de la prison pour \u00e9voquer le pouvoir est original. Selon Marcos Jorge ces univers sont comparables car ils d\u00e9voilent le fonctionnement des relations humaines. Dans ces espaces confin\u00e9s et ferm\u00e9s, les conflits humains sont vite exacerb\u00e9s. \u00ab\u00a0Il y a ceux qui mangent et ceux qui se font manger\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 le r\u00e9alisateur. \u00ab\u00a0La cuisine est n\u00e9e lorsque les hommes ont ma\u00eetris\u00e9 le feu et l\u2019homme est devenu l\u2019unique animal qui cuisine\u00a0\u00bb, a dit le r\u00e9alisateur \u00ab\u00a0Par la cuisine, des relations de pouvoir se sont instaur\u00e9s car le fait de savoir pr\u00e9parer les aliments donne un certain pouvoir sur ceux qui les mangent\u00a0\u00bb. En effet le protagoniste du film, jadis perdant, qui \u00ab\u00a0se faisait manger\u00a0\u00bb dans la vie, se transforme, gr\u00e2ce \u00e0 son talent de cuisinier, en gagnant \u00ab\u00a0qui mange les autres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais \u00ab\u00a0l\u2019estomac\u00a0\u00bb de Marcos Jorge n\u2019est pas seulement une histoire originale d\u2019un homme qui n\u2019a pas froid aux yeux et de \u00ab\u00a0self made man\u00a0\u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 son talent. L\u2019\u0153uvre de Jorge parvient \u00e0 d\u00e9cliner un discours sur la diversit\u00e9 culturelle de fa\u00e7on moderne et singuli\u00e8re. La cuisine, entendue comme lieu de croisement des aliments, devient une m\u00e9taphore du m\u00e9tissage culturel, un m\u00e9tissage qui est clairement cr\u00e9atif et gagnant. Il n\u2019est peut \u00eatre pas anodin qu\u2019un tel message nous soit servi par un r\u00e9alisateur br\u00e9silien justement dont le m\u00e9tissage du pays est proverbial.<\/p>\n<p>Le Jury de cette 17e \u00e9dition du Festival de Biarritz ne cache pas sa sympathie pour \u00ab\u00a0La buena vida\u00a0\u00bb du chilien Andr\u00e9s Wood. Les prix des meilleures interpr\u00e9tations masculines et f\u00e9minines sont all\u00e9s \u00e0 Aline Kuppenheim, Manuela Oyarz\u00fan et Roberto Farias, tous protagonistes de \u00ab\u00a0La buena vida\u00a0\u00bb . Ce film raconte l\u2019histoire de quelques citadins de Santiago aux prises avec les difficult\u00e9s quotidiennes de la vie. Tous aspirent \u00e0 quelque chose \u00e0 port\u00e9e de la main, mais qui leur \u00e9chappe . Ces \u00ab\u00a0quatre histoires urbaines\u00a0\u00bb a plu au Jury qui a voulu ainsi couronner leurs interpr\u00e8tes. Leur jeu en effet demeure profond\u00e9ment humain. En effet \u00ab\u00a0La buena vida\u00a0\u00bb, la bonne vie aurait pu s\u2019appeler \u00ab\u00a0la buena gente\u00a0\u00bb les bonnes gens, mettent en sc\u00e8ne des personnes qui font ce qu\u2019elles peuvent pour s\u2019en sortir sans faire du mal \u00e0 personne.<\/p>\n<p>Le Prix du meilleur court-m\u00e9trage est all\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0El deseo\u00a0\u00bb, le d\u00e9sir, film mexicain de Marie Benito, r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise r\u00e9sidant au Mexique. Ce court m\u00e9trage raconte la vie d\u2019une femme d\u00e9prim\u00e9e qui cherche par une aventure sexuelle \u00e0 se retrouver apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par son mari. Le prix de l\u2019Union latine, institution internationale n\u00e9e pour appuyer les initiatives culturelles des pays de langue latine, a decern\u00e9 le prix du meilleur documentaire \u00e0 \u00ab\u00a0La sombra de Don Roberto\u00a0\u00bb. L\u2019ombre de Don Roberto est une \u0153uvre du chilien Juan Diego Spoerer qui suit, cam\u00e9ra \u00e0 l\u2019\u00e9paule, un gar\u00e7on qui part visiter une mine de salp\u00eatre dans un village en plein d\u00e9sert d\u2019Atacama. Le temps passe et le vieil homme qu\u2019il est devenu, d\u00e9cide de repartir vivre dans ce m\u00eame village.<\/p>\n<p>Enfin le Prix du Public, le prix d\u00e9cern\u00e9 par les spectateurs, revient \u00e0 \u00ab\u00a0Cosas insignificantes\u00a0\u00bb les Choses insignifiants de la mexicaine Andrea Martinez (voire chronique pr\u00e9c\u00e9dente)<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 17e \u00e9dition du Festival de Biarritz du cin\u00e9ma et des cultures d\u2019Am\u00e9rique latine distingue \u00ab\u00a0Les dieux\u00a0\u00bb du p\u00e9ruvien Josu\u00e9 M\u00e9ndez. 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