{"id":2192,"date":"2016-11-21T17:28:36","date_gmt":"2016-11-21T15:28:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=2192"},"modified":"2016-11-21T17:28:36","modified_gmt":"2016-11-21T15:28:36","slug":"jeunes-de-grece-et-de-palestine-et-le-coup-de-trafalgar-du-vieux-daniel-blake","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/jeunes-de-grece-et-de-palestine-et-le-coup-de-trafalgar-du-vieux-daniel-blake\/","title":{"rendered":"Jeunes de Gr\u00e8ce et de Palestine et le coup de Trafalgar du vieux Daniel Blake"},"content":{"rendered":"<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2193\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-300x126.jpg\" alt=\"sn-seb-3\" width=\"300\" height=\"126\" srcset=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-300x126.jpg 300w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-768x323.jpg 768w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-560x235.jpg 560w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-260x109.jpg 260w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3-160x67.jpg 160w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/sn-seb-3.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Commen\u00e7ons cette chronique d\u00e9di\u00e9 aux principaux gagnants de la 64e \u00e9dition du Festival international du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien avec le Prix du public, \u00e0 savoir le film, toute cat\u00e9gories confondues, \u00e9lu par les spectateurs. Le public a vot\u00e9 pour<em> I, Daniel Blake,<\/em> l\u2019\u0153uvre du <span style=\"color: #000000;\">v\u00e9t\u00e9ran <\/span>Ken Loach. Un autre laurier bien\u00a0 m\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;ajoute donc au palmar\u00e8s de ce film d\u00e9j\u00e0 couronn\u00e9 \u00e0 Cannes. Inutile de rappeler l&rsquo;histoire des <span style=\"color: #000000;\">m\u00e9saventures<\/span> kafka\u00efennes d&rsquo;un charpentier anglais de <em>Newcastle<\/em> pour b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une aide de l\u2019\u00c9tat apr\u00e8s une crise cardiaque et le d\u00e9sespoir d&rsquo;une m\u00e8re c\u00e9libataire qui sombre dans la prostitution pour pouvoir nourrir ces deux enfants. \u00ab\u00a0Nous sommes en train de revenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque victorienne\u00a0\u00bb \u00e0 regrett\u00e9 Paul Laverty, collaborateur de longue date de Loach et responsable de la mise en sc\u00e8ne du film. A Saint-S\u00e9bastien, Laverty a \u00e9galement critiqu\u00e9 les m\u00e9dias qui collent l&rsquo;\u00e9tiquette de \u00ab\u00a0cin\u00e9ma social\u00a0\u00bb sur les \u0153uvres de Loach soulignant qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une ruse pour condamner le film \u00e0 la clandestinit\u00e9. Le public de Saint-S\u00e9bastien\u00a0 en a heureusement d\u00e9cid\u00e9 autrement. <\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\">Du nord au sud, de Newcastle \u00e0 Ath\u00e8nes. <em>Park<\/em>, film grec de Sofia Exarchou se d\u00e9roule dans l&rsquo;ancien village olympique de la capitale hell\u00e9nique, tomb\u00e9 litt\u00e9ralement en ruines.\u00a0 Celles-ci\u00a0 inspirent un drame social collectif ayant comme protagonistes les jeunes des quartiers avoisinants,\u00a0 frapp\u00e9s par l&rsquo;interminable crise qui\u00a0 affecte la Gr\u00e8ce.\u00a0 En\u00a0 athl\u00e8tes fictifs, les jeunes font semblant de jouer \u00e0 des disciplines absurdes afin de lib\u00e9rer\u00a0 leurs \u00e9nergies\u00a0 tout ene vandalisant une peu plus ce qui reste du\u00a0 village olympique.\u00a0 <em>Park<\/em> est un portrait sans piti\u00e9 d&rsquo;une jeunesse perdue. Lucide sans ambigu\u00eft\u00e9, le film d&rsquo; Exarchou met\u00a0 \u00e9galement <span style=\"color: #000000;\">en lumi\u00e8re<\/span> un autre aspect de la crise grecque. Il s&rsquo;agit des touristes d&rsquo;Europe du nord qui d\u00e9ferlent dans des \u00e9tablissements baln\u00e9aires d\u00e9class\u00e9s pour profiter des prix cass\u00e9s. Ces vieux touristes ne se portent pas mieux que les jeunes grecs, en passant par\u00a0 l&rsquo;ivresse \u00e0 des comportements absurdes \u00e0 leur tour.\u00a0 C&rsquo;est l&rsquo;absurdit\u00e9\u00a0 et les d\u00e9r\u00e8glement d&rsquo;un syst\u00e8me qui vas \u00e0 vaut l&rsquo;eau\u00a0 que soulignent l&rsquo;un et l&rsquo;autre le \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb Ken Loach et\u00a0 la jeune Sofia Exarchou.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\">\n<p lang=\"fr-FR\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Prix de la Jeunesse<\/span><\/strong><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\">Venons au film gagnant du Prix de la Jeunesse, sign\u00e9 par la r\u00e9alisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud, et produit par le prestigieux r\u00e9alisateur isra\u00e9lien Shlomi Elkabez. <span style=\"color: #000000;\">Maysaloun Hamoud<\/span>, a \u00e9t\u00e9 traduit librement comme \u00ab\u00a0In between\u00a0\u00bb ou\u00a0 \u00ab\u00a0entre deux\u00a0\u00bb. Titre appropri\u00e9 parce qu&rsquo;il raconte l&rsquo;histoire de trois palestiniennes qui\u00a0 vivent <span style=\"color: #000000;\">\u00e0 Tel Aviv <\/span>pour diverses raisons. Chacune cherche \u00e0 s&rsquo;y tailler une place\u00a0 coinc\u00e9es entre le marteau des exigences politiques, et l&rsquo;enclume de la m\u00e9fiance sociale; entre la mer et le fleuve, entre la M\u00e9diterran\u00e9e et le Jourdain. L&rsquo;une est\u00a0 avocate, l&rsquo;autre &lsquo;barista&rsquo; lesbienne et la troisi\u00e8me enfin est\u00a0 \u00e9tudiante et fervente croyante musulmane;\u00a0 les trois femmes partagent un appartement dans la ville symbole de l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu et vivent \u00e0 fond leurs vies. <\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\">Le film aurait pu verser dans la diabolisation pr\u00e9visible des Isra\u00e9liens envahisseurs sionistes ou encore dans le conservatisme religieux et social arabe, mais il en est rien, heureusement. Le film de Maysaloun Hamoud pr\u00e9sente une jeunesse palestinienne qui \u00e9chappe aux radars des m\u00e9dias. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant \u00e0 cet \u00e9gard que\u00a0 la\u00a0 la consommation des drogues l\u00e9g\u00e8res soit r\u00e9currente dans le film. Ceci n&rsquo;est pas\u00a0 seulement li\u00e9 au fait\u00a0 que nous sommes \u00e0 Tel Aviv, ville c\u00e9l\u00e8bre\u00a0 pour son h\u00e9donisme et son go\u00fbt de la f\u00eate, mais aussi peut \u00eatre pour indiquer la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver dans un \u00e9tat second un oasis de paix int\u00e9rieur. <\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\">Ce beau film de la palestinienne Hamoud porte clairement la marque du producteur Elkabez et confirme une tendance que nous r\u00e9affirmons\u00a0: ces films marqu\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou de l&rsquo;autre par l&rsquo;\u00e9toile de David sont humainement profonds et artistiquement irr\u00e9futables. Il a \u00e9t\u00e9 impossible de demander\u00a0 au producteur si tous ces films et excellents documentaires\u00a0 qui viennent de son pays sont une forme sublime d&rsquo;expiation collective du p\u00each\u00e9 de la \u00ab\u00a0nakhba\u00a0\u00bb, ou l&rsquo;exorcisme d&rsquo;une politique cruelle, ou encore, suivant l&rsquo;exemple hollywoodien, de&#8230; danser avec les loups alors qu&rsquo;il n &lsquo;y a plus de loups dans le paysage. <\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\"><span style=\"color: #000000;\">La r\u00e9ponse \u00e0 ces questions est venue inattendue d&rsquo;un talentueux r\u00e9alisateur isra\u00e9lo-panam\u00e9en appel\u00e9 Abner Benaim, dont on parlera dans une autre chronique \u00e0 propos d&rsquo;un autre festival\u00a0: \u00ab\u00a0Non\u00a0\u00bb a affirm\u00e9 Benaim \u00ab il s&rsquo;agit de films faits par les m\u00eames gens qui vont les voir&#8230;\u00a0\u00bb Dommage. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Commen\u00e7ons cette chronique d\u00e9di\u00e9 aux principaux gagnants de la 64e \u00e9dition du Festival international du cin\u00e9ma de Saint-S\u00e9bastien avec le Prix du public, \u00e0 savoir le film, toute cat\u00e9gories confondues,&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/jeunes-de-grece-et-de-palestine-et-le-coup-de-trafalgar-du-vieux-daniel-blake\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[76,38,36],"tags":[634,636,635,637,641,638,640,633,639],"class_list":["post-2192","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-cinema-critique","category-critiques","tag-64e-edition-du-festival-international-du-cinema-de-saint-sebastien","tag-daniel-blake","tag-i","tag-ken-loach","tag-maysaloun-hamoud","tag-park","tag-prix-de-la-jeunesse","tag-prix-du-public","tag-sofia-exarchou"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2192","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2192"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2192\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2192"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2192"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2192"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}