{"id":2135,"date":"2016-11-15T11:45:45","date_gmt":"2016-11-15T09:45:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=2135"},"modified":"2016-11-21T17:50:51","modified_gmt":"2016-11-21T15:50:51","slug":"biarritz-et-amerique-latine-un-quart-de-siecle-de-passions-latino-americaines","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/biarritz-et-amerique-latine-un-quart-de-siecle-de-passions-latino-americaines\/","title":{"rendered":"Biarritz et l&rsquo;Am\u00e9rique latine,  25 ans de passion"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2195\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/index.jpeg\" alt=\"index\" width=\"322\" height=\"156\" srcset=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/index.jpeg 322w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/index-300x145.jpeg 300w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/index-260x126.jpeg 260w, http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/index-160x78.jpeg 160w\" sizes=\"(max-width: 322px) 100vw, 322px\" \/><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">La 25e \u00e9dition du Festival latino-am\u00e9ricain des cin\u00e9mas et des cultures a fait un choix int\u00e9ressant et courageux cette ann\u00e9e avec un programme focalis\u00e9 sur une cin\u00e9matographie peu connue dans l&rsquo;univers latino-am\u00e9ricain, \u00e0 savoir la production d&rsquo;Am\u00e9rique centrale. Comme l&rsquo;a affirm\u00e9 Abner Benaim, r\u00e9alisateur panam\u00e9en \u00ab\u00a0dans notre \u00e9poque si marqu\u00e9e par le langage des images, un pays sans cin\u00e9ma est un pays invisible\u00a0\u00bb et il faut souligner que gr\u00e2ce au Festival de Biarritz, pour la premi\u00e8re fois peut \u00eatre, un public francophone a pu visualiser ce qui se fait le long de ce pont terrestre entre deux grands pays comme le Mexique et la Colombie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Voyons ce qui se passe dans cette \u00ab\u00a0p\u00e9riph\u00e9rie de la p\u00e9riph\u00e9rie\u00a0\u00bb, comme a d\u00e9fini l&rsquo;Am\u00e9rique centrale Maria Lourdes Cort\u00e9s Pacheco, directrice de l&rsquo;\u00e9cole de cin\u00e9ma de l&rsquo;Universit\u00e9 Veritas au Costa Rica et du Fond pour l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;audiovisuel d&rsquo;Am\u00e9rique centrale et de Cuba (CINERGIA). Premier constat\u00a0: \u00ab\u00a0la production s&rsquo;est multipli\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9 du num\u00e9rique qui rend le tournage d&rsquo;un film beaucoup moins cher \u00bb de dire Pacheco qui a rappel\u00e9 \u00ab\u00a0que dans l&rsquo;enti\u00e8re d\u00e9cennie des ann\u00e9es 90, un seul film a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 en Am\u00e9rique centrale\u00a0\u00bb. D&rsquo;autre part, insiste le directrice de CINERGIA, \u00ab\u00a0les gouvernements n&rsquo;ont pas pris conscience que le cin\u00e9ma est un produit culturel important pour les petits pays\u00a0\u00bb\u00a0; o\u00f9 pour le dire brutalement, dans les mots du panam\u00e9en Abner Benaim \u00ab\u00a0pourquoi former des astronautes si il n y a pas de programma spatial\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Venons-en\u00a0 justement \u00e0 deux documentaires de ce cin\u00e9aste original form\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de cin\u00e9ma de Tel Aviv, \u00ab\u00a0Zachrisson\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Invasion\u00a0\u00bb. Le premier est un touchant portrait de Julio Zachrisson, le peintre panam\u00e9en, vivant \u00e0 Madrid et devenu aveugle. L\u2019\u0153uvre est une essai po\u00e9tique sur la peinture et la c\u00e9cit\u00e9 et peut \u00eatre la parole. Magistral hommage \u00e0 la force myst\u00e9rieuse de l&rsquo;artiste de voir sur l&rsquo;\u00e9cran le vieux peintre raconter au cin\u00e9aste les peintures qu&rsquo;il ne peut plus voir, de faire la description minutieuse\u00a0 des couleurs qui composent les peintures\u00a0; bref le peintre refait ses peintures en les racontant. Tout est dit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Avec \u00ab\u00a0Invasion\u00a0\u00bb, Abner change radicalement de registre pour raconter l\u00e0\u00a0 ses compatriotes l&rsquo;invasion am\u00e9ricaine de Panama de 1989. Cet \u00e9pisode plus ou moins oubli\u00e9 d ela m\u00e9moire collective raconte comment Bush p\u00e8re\u00a0 fera\u00a0 tomber Noriega, l&rsquo;ancien alli\u00e9 compromis avec les narcotrafiquants et engag\u00e9 dans le financement de la guerre sale contre les Sandinistes du Nicaragua. \u00ab\u00a0Invasion\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas seulement un essai sur la m\u00e9moire d&rsquo;un peuple mais aussi un essai pour comprendre comment les souvenirs se transforment pour forger la narration du pr\u00e9sent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Nous avons dit qu&rsquo;Abner Benaim est isra\u00e9lien et panam\u00e9en, nous avons aussi clairement indiqu\u00e9 qu&rsquo;il a un remarquable versatilit\u00e9. Ces deux raisons expliquent peut \u00eatre pourquoi, fair-play oblige, nous n&rsquo;avons pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la tentation de lui demander comment vit-on dans son cas la double identit\u00e9 d&rsquo;envahi en tant que panam\u00e9en et d&rsquo;envahisseur en tant qu&rsquo;isra\u00e9lien&#8230; Abner Benaim a r\u00e9pondu \u00ab\u00a0qu&rsquo;en tant qu&rsquo;activiste pour la paix, il ne sent pas du c\u00f4te des envahisseurs\u00a0\u00bb et a dress\u00e9 un\u00a0 portrait courageux et inqui\u00e9tant de l\u2019\u00c9tat H\u00e9breu. Dommage qu&rsquo;il n&rsquo;a rien remport\u00e9 cette ann\u00e9e \u00e0 Biarritz.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">\u00ab\u00a0Te prometo anarquia\u00a0\u00bb ou je te promets l&rsquo;anarchie est un film guat\u00e9malt\u00e8que de Julio Hernandez Cordon, mais il a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 au Mexique. Cette contradiction apparente, \u00e0 propose du cin\u00e9ma centre-am\u00e9ricain, est en fait l&rsquo;un des probl\u00e8mes de la jeune cin\u00e9matographie d&rsquo;Am\u00e9rique centrale\u00a0: \u00ab\u00a0nous n&rsquo;avons pas pu trouver des acteurs pr\u00eats \u00e0 jouer une couple d&rsquo;amis et amants homosexuels\u00a0\u00bb a expliqu\u00e9 son r\u00e9alisateur.\u00a0 Au Guatemala l&rsquo;homophobie\u00a0 est objet de d\u00e9rision comme\u00a0 l&rsquo;usage des langues indig\u00e8nes sur l&rsquo;\u00e9cran . Signe que le chemin\u00a0 est encore long pour pouvoir arriver \u00e0 une cin\u00e9matographie sans complexes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Si on regarde le palmar\u00e8s des \u0153uvres gagnantes d&rsquo;autre part, on remarque une claire victoire des films br\u00e9siliens. \u00ab\u00a0L&rsquo;abrazo\u00a0\u00bb, l&rsquo;accolade, le prix principal pour le meilleur film est all\u00e9 en fait \u00e0 \u00ab\u00a0A cidade onde envelhe\u00e7o\u00a0\u00bb, ou &lsquo;la ville o\u00f9 je vieilli&rsquo; r\u00e9alis\u00e9 par Marilia Rocha. \u00ab\u00a0Aquarius\u00a0\u00bb r\u00e9alisateur br\u00e9silien Kleber Mondon\u00e7a a obtenu le Prix du jury et sa protagoniste, l&rsquo;actrice Sonia Braga celui de la meilleure interpr\u00e9tation f\u00e9minine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le film de Marilia Rocha raconte l&rsquo;histoire de deux amies portugaises au Br\u00e9sil tiraill\u00e9es par l&rsquo;envie de changer de cap et faire leur vie au nouveau monde, et le besoin de se sentir enracin\u00e9s dans un pays, une ville o\u00f9 elles comptent vieillir. Il est difficile de ne pas voir dans ces deux filles portugaises le r\u00e9flexe de la jeunesse d&rsquo;Europe du sud, saign\u00e9e par la crise \u00e9conomique et qui a repris la voie de l&rsquo;\u00e9migration. A la diff\u00e9rence des\u00a0g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes ,nostalgique de leur pays d&rsquo;origine fig\u00e9 dans le temps du d\u00e9part ,\u00a0 ces jeunes migrants d&rsquo; aujourd&rsquo;hui, Internet aidant, peuvent suivre \u00e0 distance les transformations ayant lieu dans l&rsquo;ancien pays. La nostalgie et les racines sont devenues donc des mots qui se d\u00e9clinent de fa\u00e7on diff\u00e9rente.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">\u00ab\u00a0Aquarius\u00a0\u00bb est l&rsquo;histoire de la r\u00e9sistance d&rsquo;une femme d&rsquo;une soixantaine d&rsquo;ann\u00e9es (Sonia Braga) qui se bat contre des promoteurs immobiliers qui veuillent acheter son appartement dans un b\u00e2timent historique. Sans vouloir enlever rien aux remarquables talents d&rsquo;actrice de Braga, qui m\u00e9rite son prix de la meilleure actrice de la comp\u00e9tition, on pense que la th\u00e9matique tr\u00e8s globale du film est tr\u00e8s facile \u00e0 comprendre pour tous les publics du monde ce qui a permis de peser dans la d\u00e9cision de lui octroyer le prix du jury.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le dramaturge chilien Alejandro Sieveking, reconverti en acteur protagoniste du film argentin \u00ab\u00a0Invierno\u00a0\u00bb, L&rsquo;hiver, (voire chronique pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 propos du Festival de Saint-S\u00e9bastien) d&rsquo;Emiliano Torres a remport\u00e9 le prix de la meilleure interpr\u00e9tation masculine. Prix m\u00e9rit\u00e9 pour cet artiste qui a su porter \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran cet univers masculin et solitaire qu&rsquo;est la Patagonie des \u00e9leveurs de brebis, le portrait d&rsquo;un monde qui dispara\u00eet\u00a0 au moment o\u00f9 les propri\u00e9taires veulent reconvertir l&rsquo;\u00e9levage en exploitation touristique.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 25e \u00e9dition du Festival latino-am\u00e9ricain des cin\u00e9mas et des cultures a fait un choix int\u00e9ressant et courageux cette ann\u00e9e avec un programme focalis\u00e9 sur une cin\u00e9matographie peu connue dans&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/biarritz-et-amerique-latine-un-quart-de-siecle-de-passions-latino-americaines\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44,38,36],"tags":[615,614,617,370,80,613,616,619,618],"class_list":["post-2135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-billet","category-cinema-critique","category-critiques","tag-aquarius","tag-abner-benaim","tag-alejandro-siveking","tag-biarritz","tag-diversite-culturelle","tag-festivla-de-cinema-latino-americain","tag-invierno","tag-julian-hernandez-cordon","tag-marilia-rocha"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2135"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2135\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}