{"id":1600,"date":"2014-09-29T22:31:05","date_gmt":"2014-09-29T20:31:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/?p=1600"},"modified":"2024-03-23T13:15:11","modified_gmt":"2024-03-23T11:15:11","slug":"diversite-de-la-litterature-italienne-contemporaine-a-sete","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/diversite-de-la-litterature-italienne-contemporaine-a-sete\/","title":{"rendered":"Diversit\u00e9 de la litt\u00e9rature italienne contemporaine \u00e0 S\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000;\"><em>\u00a0Automn&rsquo;Halles, le 5e festival litt\u00e9raire et gourmand de S\u00e8te s&rsquo;est conclu les 27 et 28 septembre dernier. Parrain\u00e9\u00a0par l&rsquo;\u00e9crivain Jean-No\u00ebl Schifano, cette \u00e9dition consacr\u00e9e \u00e0 la litt\u00e9rature italienne\u00a0r\u00e9unissait une soixantaine d&rsquo;\u00e9crivains parmi lesquels Giorgio Pressburger, Luciana Castellina, Serge Quadruppani, Alberto Toscano, Giancarlo de\u00a0Cataldo, Gioacchino Criaco, Andrea Genovese, Giuseppe Schillaci, Davide Longo, Claudio Pozzani&#8230;. La cuisine italienne \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e, quant \u00e0 elle, par deux femmes : Mia Mangolini, auteur d&rsquo;une <\/em>Encyclop\u00e9die de la gastronomie italienne<em> ( Flammarion) et Laura Zavan qui revisite les <\/em>recettes cultes<em> de Venise (Marabout).Plus de \u00a02000 personnes sont venus entendre les auteurs du Bel Paese.<\/em><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_1602\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/photo-2-e1412021235185.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1602\" class=\"wp-image-1602 size-full\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/photo-2-e1412021235185.jpg\" alt=\"photo 2\" width=\"500\" height=\"375\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1602\" class=\"wp-caption-text\">de gauche \u00e0 droite : Emmanuele Trevi, Marguerite Pozzoli, Giorgio Pressburger et Marie-Ang\u00e8le Hoffman<\/p><\/div>\n<p><strong><span style=\"color: #000000;\">\u00a0Pourquoi l&rsquo;Italie?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pourquoi l&rsquo;Italie \u00e0 S\u00e8te ? Tout simplement parce qu&rsquo;un bon tiers de s\u00e9tois sont d&rsquo;origine italienne, expliquait Tino di Martino, pr\u00e9sident des <em>Automon&rsquo;Halles<\/em>, arriv\u00e9 dans la ville de Brassaens \u00e0 18 ans. Remonter la cha\u00eene de ces appartenances, matin\u00e9es d&rsquo;influences siciliennes, napolitaines, tunisiennes ou alg\u00e9riennes&#8230;, tel a \u00e9t\u00e9 le fil conducteur de cette \u00e9dition tr\u00e8s singuli\u00e8re.<\/span> <span style=\"color: #000000;\">Premi\u00e8re et incontournable escale de ce voyage autour du <em>Mare nostrum<\/em> chers aux Latins : la Sicile. Le film <em>Apolitic&rsquo;s Now<\/em> de Giuseppe Schillaci, projet\u00e9 vendredi soir, nous a conduit dans les coulisses des \u00e9lections\u00a0municipales\u00a0de Palerme en 2012 qui voit le triomphe du v\u00e9t\u00e9ran Leoluca Orlando, sur le jeune favori de l&rsquo;appareil du Parti D\u00e9mocratique: son propre\u00a0neveu ! Ce\u00a0th\u00e9\u00e2tre\u00a0de\u00a0marionnettes\u00a0de la politique italienne o\u00f9 tout change pour que rien ne change, le cin\u00e9aste-romancier, nous le d\u00e9voile \u00e9galement dans son dernier roman <em>L&rsquo;anno\u00a0delle ceneri<\/em> o\u00f9 il revisite l&rsquo;ann\u00e9e 1948\u00a0\u00a0 \u00e0 travers le regard des habitants d&rsquo;un quartier populaire palermitain.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle bien avant que Guy Debord en popularise l&rsquo;expression en 1967, l&rsquo;Italie souffre de ce transformisme depuis son unit\u00e9 politique bien mal embouch\u00e9e et que Jean-No\u00ebl Schifano, un brin iconoclaste, s&rsquo;est employ\u00e9 \u00e0 d\u00e9construire. Pour ce fils de sicilien, ancien directeur de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais de Naples, confident d&rsquo;Elsa Morante (\u00e0 laquelle il consacre son dernier livre,<em> E.S.ou la divine barbare<\/em>, Gallimard), l&rsquo;unit\u00e9 italienne a \u00e9t\u00e9 une monumentale escroquerie, impos\u00e9e par un nord exsangue \u00e0 un sud encore prosp\u00e8re. R\u00e9sultat : un formidable transfert de biens et de richesses qui appauvrira le Sud de mani\u00e8re\u00a0r\u00e9dhibitoire. La question du \u00ab\u00a0mezzogiorno\u00a0\u00bb \u00e9tait n\u00e9e. Ce qui lui fera dire que les chemises rouges\u00a0pass\u00e9es dans la\u00a0teinturerie\u00a0de la maison de Savoie, sont devenues, 50 ans plus tard, les chemises noires de Mussolini !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Transformisme p\u00e9ninsulaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Cette th\u00e8se, \u00e0 rebrousse poil de l&rsquo;historiographie officielle, trouve un \u00e9cho dans l&rsquo;immense migration italienne. En un si\u00e8cle plus de trente\u00a0millions d&rsquo;Italiens, sont ainsi partis de par le monde. Ce colossal d\u00e9placement de population ne va pas sans drame.<\/span> <span style=\"color: #000000;\">Dans son livre <em>Morts aux Italiens<\/em> (\u00e9dition Toulouse) l&rsquo;historien Enzo Barnab\u00e0 revisite les tenants et aboutissants d&rsquo;un fait divers jusqu&rsquo;ici pass\u00e9 sous silence &#8211; le drame d&rsquo;Aigues-Mortes en 1893 &#8211; o\u00f9 furent lynch\u00e9s et assassin\u00e9s dix travailleurs migrants italiens. Encore aujourd&rsquo;hui aucune plaque comm\u00e9morative ne rappelle ce drame qui s&rsquo;est sold\u00e9 par l&rsquo;acquittement des coupables et le d\u00e9sir de vengeance qui conduira \u00e0 l&rsquo;assassinat du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Sadie Carnot.<\/span> <span style=\"color: #000000;\">Pour sa part, la sociologue Anne-Fran\u00e7oise Volponi, du laboratoire d&rsquo;\u00e9tude action Passim, a conduit une fascinante enqu\u00eate pour d\u00e9m\u00ealer l\u2019\u00e9cheveau de cette transhumance complexe rabotant au passage quelques id\u00e9es re\u00e7ues. (La principale voulant que les S\u00e9tois de souche italienne soient des p\u00eacheurs originaires de Cetara sur la c\u00f4te amalfitaine lesquels auraient donn\u00e9 d&rsquo;ailleurs son nom \u00e0 la ville. En fait, ils \u00e9taient en bonne partie Siciliens !)<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_1605\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/photo-3-e1412022826500.jpg\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1605\" class=\"size-medium wp-image-1605\" src=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/photo-3-300x225.jpg\" alt=\"de gauche \u00e0 droite  Lazare Chabbi, Andrea Genovese, Michel Blanchard, Fulvio Caccia et Claudio Pozzani \" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1605\" class=\"wp-caption-text\">de gauche \u00e0 droite: \u00a0Lazare Chabbi, Andrea Genovese, Michel Blanchard, Fulvio Caccia et Claudio Pozzani<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pour sa part, Fulvio Caccia, po\u00e8te (Italie et autres voyages, Bruno Doucey)\u00a0 et directeur de l&rsquo;ODC, a souligne que toute identit\u00e9 est plurielle et qu&rsquo;on ne peut la r\u00e9duire \u00e0 sa seule dimension nationale. A cet \u00e9gard il a cit\u00e9 la d\u00e9finition exemplaire que Paul Val\u00e9ry donne de <em>l&rsquo;italianit\u00e9<\/em>: soit un ensemble d&rsquo;agencements de caract\u00e8res, irr\u00e9ductible \u00e0 la simple\u00a0idiosyncrasie\u00a0territoriale. La tr\u00e8s grande vari\u00e9t\u00e9 de la\u00a0production litt\u00e9raire l&rsquo;illustre \u00e0 sa mani\u00e8re. Du polar au roman d&rsquo;apprentissage, de la po\u00e9sie au roman historique en passant par le r\u00e9cit de voyage, la litt\u00e9rature r\u00e9v\u00e8le au premier chef les m\u00e9andres de cette histoire \u00ab\u00a0aux marges\u00a0\u00bb -pour reprendre l&rsquo;expression de Val\u00e9ry- et l&rsquo;infinie complexit\u00e9 de sa culture dont les \u00e9crivains sont les r\u00e9v\u00e9lateurs.<\/span> <span style=\"color: #000000;\">L&rsquo;amour toujours recommenc\u00e9 est l&rsquo;autre fil rouge de ces rencontres. Marguerite Pozzoli, directrice de collection du domaine italien chez Actes Sud, a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard les derniers ouvrages de deux de ses auteurs. Giorgio Pressburger, juif hongrois italien (!) fait du Cantique des cantiques le leitmotiv de son <em>Obscur Royaume<\/em>. Quant \u00e0 Emmanuele Trevi, c&rsquo;est l&rsquo;amour-haine qu&rsquo;il revisite dans une \u00e9prouvante \u00e9ducation litt\u00e9raire \u2013 <em>Quelque chose d&rsquo;\u00e9crit<\/em> \u2013 en se confrontant \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage de Pasolini et surtout \u00e0 sa plus farouche vestale : Laura Betti.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">D\u00e8s lors, quelle culture, quel pays est vraiment m\u00e9diterran\u00e9en ? C&rsquo;est la question provocante qu&rsquo;a pos\u00e9e Serge Quadruppani \u00e0 ses homologues : la corse Marie-H\u00e9l\u00e8ne Ferrari, le marseillais Ren\u00e9 Fr\u00e9gni, le sicilien Andrea Genovese et le vulcanologue catalan Raymond Matabosch qui a rappel\u00e9 \u00e0 ce propos que ces terres s\u00e9par\u00e9s par la mer \u00e9taient jadis g\u00e9ologiquement r\u00e9unies. A cette course \u00e0 l\u2019\u00e9chalote cependant, c&rsquo;est la langue de l&rsquo;hospitalit\u00e9 qu&rsquo;il convient d&rsquo;honorer et de retrouver.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong>Lingua del Cuore<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Or la premi\u00e8re langue de l&rsquo;amour, c&rsquo;est la po\u00e9sie. C&rsquo;est justement l&rsquo;acception qu&rsquo;en donnait Dante il y a plus de 800 ans qui a \u00e9labor\u00e9e cette langue \u00e0 partir de la douzaine idiomes pratiqu\u00e9es sur le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en.<\/span> <span style=\"color: #000000;\">Dans une longue suite lyrique et m\u00e9ditative, Andrea Genovese d\u00e9clare son amour \u00e0 la ville de S\u00e8te o\u00f9 se d\u00e9roule chaque \u00e9t\u00e9 <em>Voix vives,<\/em> un tr\u00e8s \u00a0important festival de po\u00e9sie \u00a0de la m\u00e9diterran\u00e9e. Comment d\u00e8s lors ne pas rendre hommage \u00e0 son po\u00e8te le plus illustre\u00a0-Paul Val\u00e9ry- celui qui \u00e0 l&rsquo;aube de ses vingt ans -l&rsquo;\u00e2ge qu&rsquo;avait Rimbaud-, renonce \u00e0 la po\u00e9sie par d\u00e9pit amoureux. \u00a0Avec tact, audace et sensibilit\u00e9, le po\u00e8te-perfomer g\u00e9nois Claudio Pozzani nous a restitu\u00e9 cette fi\u00e9vreuse <em>Nuit de G\u00eanes<\/em> dont le po\u00e8te s\u00e9tois fera son bapt\u00eame de feu dans le droit fil de Mallarm\u00e9 en refondant une po\u00e9tique apollinienne qui sied bien \u00e0 la lumi\u00e8re incomparable de cette ville-baleine ouverte \u00e0 tous les possibles.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Automn&rsquo;Halles, le 5e festival litt\u00e9raire et gourmand de S\u00e8te s&rsquo;est conclu les 27 et 28 septembre dernier. Parrain\u00e9\u00a0par l&rsquo;\u00e9crivain Jean-No\u00ebl Schifano, cette \u00e9dition consacr\u00e9e \u00e0 la litt\u00e9rature italienne\u00a0r\u00e9unissait une soixantaine&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/diversite-de-la-litterature-italienne-contemporaine-a-sete\/\">Lire plus &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1603,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[76,400,37],"tags":[],"class_list":["post-1600","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-une","category-focus-sur","category-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1600\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1603"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.combats-magazine.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}